mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 février et 20 septembre 2023, M. D B, représenté par Me Nunes, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler, d'une part, l'arrêté, en date du 25 février 2023, par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et, d'autre part, l'arrêté du même jour, par lequel cette même autorité a prononcé, à son encontre, une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée de douze mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'atteinte du réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 600 euros, à verser à Me Nunes, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'un vice d'incompétence et sont insuffisamment motivées ;
- la décision implicite de refus de séjour est elle-même dépourvue de motivation ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- elles ont été prises en l'absence de décision de refus de séjour ;
- le Mali n'est pas un pays de destination admissible, eu égard à ses problèmes de santé et à l'insécurité qui y règne ;
- elles ont été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation, d'erreur de fait, d'erreur de droit, et ont été prises en violation des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de l'article 21 du règlement CE n° 1987/2006 du 20 décembre 2006 ;
- la décision d'interdiction de retour d'une durée inadaptée d'un an a été prise en l'absence de menace à l'ordre public et sans prise en compte de ses liens, en violation de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision de signalement au fichier du système d'information Schengen est inadaptée et disproportionnée au vu de la situation dramatique du requérant.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2023, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les décisions contestées ne sont ni entachées d'un vice d'incompétence ni insuffisamment motivées ;
- elles ne sont pas non plus entachées d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'une violation de l'article 8 ou de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté contesté étant " parfaitement valide " les conclusions à fin d'injonction seront rejetées, ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 février 2024, prononcée, sur recours, par la Présidente de la Cour administrative d'appel de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Declercq, président honoraire, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Declercq a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 10h38.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, est entré, sans visa, en France, le 14 décembre 2017, selon ses déclarations. Par arrêté du 25 février 2023, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. B demande, à titre principal, l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". M. B ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par la décision susvisée de la Présidente de la Cour administrative d'appel de Paris, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision qui aurait implicitement refusé d'accorder un titre de séjour à M. B :
3. Il ressort des termes même de la décision litigieuse et il n'est pas contesté que M. B, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, et en l'absence de toute demande, le requérant n'est pas fondé à invoquer l'existence d'une décision explicite ou implicite portant refus de délivrance d'une autorisation de séjour. Dans ces conditions les conclusions susmentionnées ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
5. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris, le même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme C A, attachée d'administration de l'Etat, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et rappelle les principaux éléments de la situation administrative et personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré ce que l'arrêté contesté est ainsi insuffisamment motivé, en droit et en fait ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, les moyens qui sont tirés, d'une part, de ce que le préfet n'aurait pas suffisamment examiné la situation personnelle de M. B et, d'autre part, de ce que la décision portant signalement du requérant au fichier du Système d'information Schengen serait inadaptée et disproportionnée, seront écartés comme dépourvus de précisions permettant d'en apprécier la pertinence.
8. En quatrième lieu, si M. B se prévaut de la méconnaissance des dispositions du premier paragraphe de l'article 24 du règlement CE n° 1987/2006 du 20 décembre 2006, celui-ci a été abrogé par le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018. Ce moyen sera dès lors écarté comme inopérant.
9. En cinquième lieu, aux termes, d'une part, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Si M. B soutient qu'il a tissé des liens sociaux en France et que le Mali, pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, ne serait pas un pays de retour admissible, en raison de ses problèmes de santé, il n'apporte aucun élément ni aucune justification sur les risques qu'il encourrait personnellement en ce qui concerne sa santé, en cas de retour dans son pays d'origine, ni au demeurant, sur les liens qu'il aurait " tissés " en France. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de cette même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. Si M. B, qui invoque la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre du pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, soutient que le Mali n'est pas un pays de retour admissible, en raison de ses problèmes de santé, de l'état de guerre qui y règne et de la junte militaire qui y fait régner la terreur, il n'apporte aucun élément ni aucune justification sur les risques qu'il encourrait personnellement, y compris en ce qui concerne sa santé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
13. Enfin aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : ()
3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Si M. B soutient qu'il devait bénéficier d'un délai de départ volontaire, il est constant que le risque de qu'il se soustraie à la décision d'éloignement prise à son encontre était établi, dès lors qu'il a séjourné en France pendant plusieurs années, sans solliciter la régularisation de sa situation par la délivrance d'un titre de séjour. Ce dernier moyen sera donc également écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et de ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de police de Paris et à Me Nunes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
Le magistrat désigné,
M. DECLERCQLa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026