vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête n° 2302459 et un mémoire, enregistrés le 13 mars 2023 et le 22 avril 2024, la SARL Corim Associés, représentée par Me Borkowski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel la commune de Villiers-sur-Morin a retiré le permis de construire n° 077 521 22 00011 tacitement accordé le 20 juillet 2022, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villiers-sur-Morin une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme dès lors que le caractère tacite du permis délivré le 20 juillet 2022 fait obstacle à ce que la commune soutienne a posteriori l'existence de l'intérêt personnel du maire, que la délibération du 3 octobre 2022 du conseil municipal n'est pas disponible sur son site internet et qu'il n'est pas établi que M. A, qui est adjoint en charge de l'urbanisme, se serait autrement prononcé, en cette qualité, et que la commune ne saurait affirmer, sans se compromettre, qu'elle a pu valablement se placer elle-même en situation d'illégalité ;
- il méconnaît l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet prévoit bien la réalisation d'aires de retournement à l'extrémité des voies de desserte, qu'aucune place de stationnement pour personnes à mobilité réduite n'est prévue sur ces aires de retournement, que les aires de retournement présentent les dimensions et caractéristiques adaptées à la desserte des véhicules et leur permettent d'effectuer aisément des manœuvres de retournement et que les aires de retournement projetées n'étaient pas nécessaires puisque la distance en tous points des accès des bâtiments à la voirie publique est inférieure à 100 mètres ;
- il méconnaît l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme et est entaché d'erreur de droit dès lors que la commune, qui n'a pas adressé de demande de pièce complémentaire à la société pétitionnaire, ne peut se fonder sur le caractère incomplet du dossier pour retirer le permis de construire tacitement délivré, que le dossier est complet en ce qui concerne le traitement des eaux pluviales, que le Syndicat Mixte d'Aménagement et de Gestion des Eaux des 2 Morin oppose le plan d'aménagement et de gestion durable du Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux Des Deux Morins qui n'est pas un document d'urbanisme opposable à la demande de permis de construire, qu'il a rendu un avis motivé par l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire en exigeant des pièces non exigibles à l'appui d'une telle demande, que les considérations relatives à la loi sur l'eau sont indépendantes du permis de construire et que le terrain n'est pas situé en zone humide ;
- il méconnaît l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les murs de la façade Est des bâtiments A, C et D sont implantés conformément à la marge de recul exigée par le règlement du plan local d'urbanisme, que les éléments litigieux des bâtiments A et D sont implantés sur les limites séparatives Nord et Sud, que les façades comportant des ouvertures sont situées à bien plus de quatre mètres de la limite séparative Est et que les éléments litigieux sont implantés sur la limite séparative avec les nouvelles parcelles 4 et 7 ;
- il méconnait l'article UA 9 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que l'emprise au sol sur la parcelle n° 3 est de 1 606 m² alors que l'emprise au sol maximum autorisée est de 1 617 m² ;
- il méconnaît l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, s'agissant du bâtiment A, il ressort du plan de coupe transversale que la hauteur à l'égout du toit n'excède pas 8,16 mètres et que celle du faîtage n'excède pas 14,12 mètres ;
- il méconnaît l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la couleur des enduits de façade (blanc crème) est en harmonie chromatique avec la référence F4027 et que la couleur des menuiseries (gris anthracite) est en harmonie chromatique avec la référence F2184, et que la construction s'intègre harmonieusement dans l'environnement avoisinant ;
- il méconnaît l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme et est entaché d'illégalités dès lors que la commune ne peut se prévaloir de l'incomplétude du dossier de permis de construire en ce qui concerne le nombre de places de stationnement alors qu'elle n'a pas sollicité de pièces complémentaires sur ce point, et que le projet prévoit 89 logements, dont 6 appartements de type T1 de 30 m², 38 appartements de type T2 de moins de 50 m², 36 appartements de type T3 de 70 m², 9 appartements de type T4 de 70 m² et 181 places de stationnement et que le projet, qui consiste à réaliser une résidence en copropriété dans un espace circonscrit de l'urbanisation existante le long de la rue du Hameau Dainville sur un terrain d'une superficie de seulement 4 838 m² qui représente une faible proportion du secteur urbanisé UAa du plan local d'urbanisme au sein duquel il s'inscrit, ne saurait être qualifié d'opération d'ensemble au sens et pour l'application de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme et que le projet n'avait pas à prévoir de places de stationnement visiteur qui ne s'imposent que pour les opérations d'ensemble ;
- il méconnaît l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les espaces libres non bâtis du projet, envisagé globalement en application de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme, représentent plus de 10 % d'espaces plantés ou gazonnés et que le projet, qui correspond à une superficie totale de 4 843 m², comprend 2 899 m² d'espaces libres et 2 263 m² d'espaces verts ;
- la commune pouvait assortir le permis de construire de prescriptions spéciales ou la faire bénéficier du mécanisme des adaptations mineures.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2024, la commune de Villiers-sur-Morin, représentée par Me Bertrand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Corim Associés au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme doit être écarté dès lors que ces dispositions s'appliquent à la délivrance tacite d'un permis de construire et qu'un délégué aurait dû être régulièrement désigné pour se prononcer sur la demande de la société requérante en raison du conflit d'intérêt dans lequel se trouvait le maire en exercice au motif qu'il était propriétaire des parcelles supportant le projet présenté par la société requérante et pétitionnaire ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que la société requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer que les dimensions de l'aire de retournement sont suffisantes ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que le projet est insuffisamment complet au regard des problématiques existantes sur le secteur en matière de traitement des eaux pluviales et la gestion de ces eaux par le projet ne présente pas les capacités suffisantes eu égard aux problématiques existantes sur le secteur ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que les murs de la façade Est des bâtiments A et D comportent des ouvertures qui ne respectent pas le minimum de quatre mètres de recul imposé par le règlement au point le plus proche de la limite séparative ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors qu'il n'est pas établi que le projet respecterait effectivement la limitation de l'emprise au sol fixée à 70% par le règlement ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors qu'il ressort des places PC 3. 1 et PC 3. 2, que les lignes N des coupes longitudinales de chacun des bâtiments démontrent que les égouts à gauche des façades Sud sont à plus de dix mètres de hauteur, sans même tenir compte de la surélévation occasionnée par le projet par rapport au sol naturel ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors le projet ne respecte pas les couleurs de " la palette de base prescrite " pourtant imposée par le règlement du plan local d'urbanisme ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que le lotissement dont résulte la division parcellaire constitue une opération d'urbanisme et la division parcellaire sur laquelle repose le projet implique nécessairement, pour être constructible, la réalisation d'équipements de telle sorte que le projet doit être qualifié d'opération d'ensemble et que des places visiteurs sont exigées par ces dispositions ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors cette disposition serait privée de tout effet utile si elle devait n'être appréciée qu'à l'échelle de l'ensemble du projet et que rien ne s'opposait à ce que la parcelle n° 2 soit engazonnée pour effectivement respecter l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il n'est pas possible d'assortir le permis de construire demandé de prescriptions ou d'adaptations mineures.
Par une lettre du 11 mars 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 8 avril 2024.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 16 mai 2024.
II - Par une requête n° 2307976 et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2023 et le 22 avril 2024, la SARL Corim Associés, représentée par Me Borkowski, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 mai 2023 par laquelle le maire de Villiers-sur-Morin a rejeté sa demande préalable indemnitaire ;
2°) de condamner la commune de Villiers-sur-Morin à lui verser la somme de 2 796 302,61 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la réclamation préalable indemnitaire et de la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villiers-sur-Morin une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 19 octobre 2022 portant retrait illégal du permis tacitement délivré le 20 juillet 2022 est fautif pour les motifs invoqués dans l'instance n° 2302459 et le projet de construction est conforme aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la commune a commis une faute en s'abstenant de désigner un membre du conseil municipal sur le fondement de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme ;
- le retrait fautif du permis tacitement délivré fait naître les préjudices mentionnés ci-dessous et l'abstention fautive dans la désignation d'un conseiller municipal en application de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme présente également un lien de causalité direct et certain avec les préjudices ci-dessous ;
- son préjudice est évalué à 2 796 302,61 euros et se décompose comme suit :
* elle évalue ses frais de notaire à 425 euros ;
* elle évalue ses frais d'architecte à 45 000 euros ;
* elle évalue ses frais de diagnostic immobilier à 50 euros ;
* elle évalue ses frais de géomètre à 3 300 euros ;
* elle évalue ses frais engagés d'honoraires de montage de maîtrise d'œuvre à 684 133 euros ;
* elle évalue ses frais de déplacement du maître d'ouvrage entre Montpellier et Paris à 11 700,61 euros
* elle évalue son manque à gagner lié à la perte de gains escomptés du fait de la non-réalisation du projet de construction à hauteur de 1 367 561 euros ;
* elle évalue son manque à gagner des frais d'honoraires de réalisation de maîtrise d'ouvrage à 684 133 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2024, et un mémoire enregistré le 24 mai 2024, non communiqué, la commune de Villiers-sur-Morin, représentée par Me Bertrand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 mai 2023 sont irrecevables dès lors que la société requérante ne développe à l'appui de sa requête aucun moyen ;
- pour les motifs évoqués dans la requête n° 2302459, l'arrêté du 19 octobre 2022 portant retrait du permis de construire tacitement délivré est légal et n'est pas fautif ;
- aucun élément probant, circonstancié et suffisamment étayé ne justifie les préjudices invoqués par la société requérante ;
- la société pétitionnaire a une part de responsabilité dès lors qu'elle s'est bornée à présenter un projet irrégulier à de nombreux égards.
Par une lettre du 11 mars 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 8 avril 2024.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 16 mai 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Jeanjean, représentant la SARL Corim Associés, et de Me Bichy, représentant la commune de Villiers-sur-Morin.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 20 avril 2022, la société Corim Associés a sollicité la délivrance d'un permis de construire valant division pour la construction d'un ensemble de 89 logements collectifs répartis en quatre bâtiments et comportant 181 places de stationnement sur un terrain situé n° 33 A rue Hameau de Dainville sur les parcelles cadastrées section AL n° 3510, 3512, 258, 35, 29 et 30. Une autorisation tacite est née le 20 juillet 2022. Par un courrier du 4 octobre 2022, la société requérante a été informée de ce que la commune de Villiers-sur-Morin a l'intention de procéder au retrait du permis de construire tacitement accordé et qu'elle peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Par un courrier du 17 octobre 2022, la société pétitionnaire a fait valoir ses observations. Par un arrêté du 19 octobre 2022, la commune de Villiers-sur-Morin a retiré le permis de construire tacitement accordé le 20 juillet 2022 et a refusé la demande de permis de construire valant division. Par un recours gracieux du 8 novembre 2022, la société pétitionnaire a contesté cet arrêté. Par une décision du 13 janvier 2023, son recours gracieux a été rejeté. Par la requête n° 2302459, la société requérante demande l'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2022 de la commune de Villiers-sur-Morin en tant qu'elle a retiré cette autorisation d'urbanisme tacite et de la décision du 13 janvier 2023 de la commune de Villiers-sur-Morin portant rejet de son recours gracieux. Par une demande préalable indemnitaire du 27 mars 2023, la société pétitionnaire a sollicité l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis, qu'elle évalue à 2 796 302,61 euros, en raison de l'illégalité fautive du retrait de permis de construire valant division tacitement accordé et de l'absence de désignation d'un conseiller municipal préalablement à la délivrance du permis de construire tacite engageant ainsi son entière responsabilité. Par la requête n° 2307976, elle sollicite la condamnation de la commune à lui verser la somme de 2 796 302,61 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.
2. Les requêtes nos 2302459 et 2307976 présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2022 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " 3. 1. Accès / () / 3. 2. Voirie : 3. 2. 1. Les voies de desserte doivent avoir des caractéristiques adaptées à la desserte des véhicules de sécurité, d'incendie et de ramassage des ordures ménagères (largeur de 4 mètres minimum). / 3. 2. 2. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies de desserte doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir selon l'importance et la destination des constructions et aménagements. / 3. 2. 3. Les voies de desserte en impasse de plus de 15 mètres linéaire doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire demi-tour ".
4. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les dimensions de l'aire de retournement sur la parcelle n° 2, qui comporte également une place de stationnement pour personne à mobilité réduite, ne sont pas suffisantes pour permettre la giration de tout type de véhicules, et notamment de sécurité et de défense incendie et qu'elle sera également inexploitable si un véhicule y est garé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'indépendamment de l'aire de retournement désignée dans l'arrêté attaqué, le projet prévoit deux aires de retournement situées à proximité de la limite séparative de fonds de propriété, dont la commune ne conteste pas les dimensions. Ainsi, contrairement à ce qu'a considéré l'arrêté attaqué, le projet prévoit des aires de retournement respectant les dispositions de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme qui exigent des aires de retournement pour les voies de desserte en impasse de plus de 15 mètres. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les dispositions de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme sont méconnues doit être accueilli.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / 4. 3. Eaux pluviales / 4. 3. 1 Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales. / 4. 3. 2 Les eaux pluviales seront infiltrées sur la parcelle sauf en cas d'impossibilité technique. / 4. 3. 3 Le rejet en rivière de ces eaux doit faire l'objet de l'autorisation des services compétents. Il convient de réduire le transfert des macrodéchets vers le milieu naturel via les réseaux d'assainissement, en agissant en amont sur les zones de forts apports et en mettant en place des dispositifs de récupération des macro-déchets (tels que bouches avaloirs sélectives, dégrillages). / 4. 3. 4 Les eaux pluviales des constructions nouvelles et des aménagements nouveaux devront mettre en œuvre des techniques d'infiltration et de rétention des eaux avec des rejets limités dans le réseau, lorsqu'il existe et que ses capacités sont suffisantes. Dans le cas contraire, la gestion des eaux pluviales devra être réalisée intégralement au sein de l'unité foncière avec rejets limités éventuels vers un émissaire naturel. / 4. 3. 5 Chaque construction raccordée au réseau public doit faire l'objet d'un branchement individuel avec une boite de branchement. / 4. 3. 6 Les vidanges des piscines seront dirigées vers le réseau d'eaux usées en cas d'assainissement collectif sous réserve de l'existence de dispositifs de prétraitement susceptibles de ne pas endommager les installations de retraitement des eaux usées. / () ".
6. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que l'avis défavorable de la commission locale de l'eau du Syndicat Mixte d'Aménagement et de Gestion des Eaux des deux Morins précisant que le volet de la gestion des eaux pluviales et du dimensionnement des aménagements n'est pas suffisamment développé au regard des problématiques existantes sur le secteur (ruissellement, présomption de zones humides, etc). Toutefois, il ressort de la notice architecturale que l'état existant du terrain permet l'infiltration à la parcelle des eaux pluviales sur la zone perméable, que sept cuves d'une capacité de 1 000 litres minimum chacune seront disposées en-dessous des bâtiments dont elles récupèrent les eaux de pluie tombées sur les toitures et que cette eau sera redistribuée par pompe de relevage en interne pour arroser les plantations de jardins privés et collectifs et qu'en cas de remplissage total des cuves, le volume d'eau restant sera infiltré dans les zones de pleine terre en zone N, dans l'assiette du projet, que la société déclare récupérer l'intégralité de l'abattement volumique réglementaire dans la cuve de récupération et la réutiliser en interne. Or la commune, qui n'a pas adressé de demande de pièces complémentaires, ne peut légalement opposer à la société pétitionnaire l'insuffisance de son dossier en ce qui concerne le traitement des eaux pluviales. En outre, la seule circonstance que la commission locale de l'eau Syndicat Mixte d'Aménagement et de Gestion des Eaux des deux Morins des Deux Morins a considéré que " le volet de la gestion des eaux pluviales et du dimensionnement des aménagements n'est pas suffisamment développé au regard des problématiques existantes sur le secteur () et que la possibilité d'infiltrer doit obligatoirement être étudiée avec les coefficients de perméabilité des sols () " n'est pas de nature à pouvoir légalement fonder l'arrêté attaqué en raison de la méconnaissance de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme par le projet de la société pétitionnaire. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme sont méconnues doit être accueilli.
7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article UA 9 du règlement du règlement du plan local d'urbanisme : " 9. 1 / L'emprise au sol des constructions (annexes comprises) ne pourra excéder 70 % de la superficie de l'unité foncière. / 9. 2. La règle ci-dessus ne s'applique pas aux constructions et installations nécessaires aux services publics et d'intérêt collectif. / 9. 3 Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur un même terrain, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette du projet doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles édictées par le plan local d'urbanisme sont appréciées au regard de chaque nouvelle parcelle, par dérogation aux dispositions de l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme ".
8. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme, qui reprend les dispositions de l'article R. 123-10-1 de ce code : " () / Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ".
9. Enfin, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joints à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
10. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que l'emprise au sol sur la parcelle 3 excède 70 % de la superficie de cette parcelle. Toutefois, il ressort de la notice explicative et des données déclarées par la société pétitionnaire, qui ne sont pas utilement remises en cause par la commune de Villiers-sur-Morin, que la parcelle n° 3 a une superficie de 2 310 m² avec une emprise au sol de 1 606 m², ainsi que l'exigent les dispositions de l'article UA 9 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les dispositions de l'article UA 9 du règlement du plan local d'urbanisme sont méconnues doit être accueilli.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article UA 12 du règlement du règlement du plan local d'urbanisme : " () / 12. 2 Nombre de places de stationnement / 12. 2. 1 Pour les constructions à destination d'habitat, il est exigé la réalisation des places de stationnement énumérées en nombre, selon le tableau ci-dessous : 1 place de stationnement par tranche de superficie de plancher de moins de 30 m², 2 places de stationnement par tranche de superficie de 30 m² à moins de 70 m² / 3 places de stationnement par tranche de superficie de plancher de plus de 70 m² ".
12. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que le dossier de permis de construire valant division ne contient pas de pièces indiquant la surface de plancher de chaque logement, et ne permet donc pas de calculer précisément le nombre de places de stationnement nécessaires au projet. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune de Villiers-sur-Morin ait notifié à la société pétitionnaire une demande de pièce complémentaire. Il en résulte que la commune défenderesse ne pouvait légalement opposer l'incomplétude du dossier de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les dispositions de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme sont méconnues en ce qui concerne le nombre de places de stationnement doit être accueilli.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " 13. 1. Les espaces libres non bâtis ou non occupés par des aires de stationnement doivent être plantés ou engazonnés, et doivent représenter au minimum 10 % de l'unité foncière, sauf en cas de réhabilitant d'un bâtiment existant. / () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que la parcelle n° 2 ne comprend aucun espace planté ou engazonné. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu déroger aux dispositions de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme citées au point 8 du présent jugement en ce qui concerne cet article du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, c'est à tort que la commune de Villiers-sur-Morin s'est placée à l'échelle de la parcelle n° 2 pour apprécier le respect de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que la commune de Villiers-sur-Morin a apprécié la conformité du projet à ces dispositions en prenant en compte les lots divisés et a considéré que le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
17. Il résulte de ce qui précède que les motifs tirés de la méconnaissance des articles UA 3, UA 4, UA 9, UA 12 et UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme sont entachés d'illégalité. Mais la commune de Villiers-sur-Morin s'est également fondée pour retirer l'arrêté attaqué sur d'autres motifs.
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 422-7 de ce code : " Si le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est intéressé au projet faisant l'objet de la demande de permis ou de la déclaration préalable, soit en son nom personnel, soit comme mandataire, le conseil municipal de la commune ou l'organe délibérant de l'établissement public désigne un autre de ses membres pour prendre la décision ".
19. Si le maire est, en vertu de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, compétent pour délivrer une autorisation d'urbanisme, une telle autorisation peut également être compétemment délivrée, réserve faite des délégations accordées dans les conditions prévues par le code général des collectivités territoriales ou de l'application des règles de suppléance, par un membre du conseil municipal légalement désigné par celui-ci en application de l'article L. 422-7 du même code au motif que le maire peut être légitimement regardé comme intéressé au projet devant faire l'objet de l'autorisation.
20. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date du 20 juillet 2022, aucun membre du conseil municipal n'avait été désigné en application de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le maire de Villiers-sur-Morin était intéressé au projet de la SARL Corim Associés, en qualité de propriétaire du terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions, le permis de construire tacite a été délivré le 20 juillet 2022 en l'absence de désignation par le conseil municipal d'un conseiller municipal pour prendre la décision d'accorder une telle autorisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " 7. 1 Les constructions doivent être implantées soit : - sur une des deux limites séparatives, sur les deux limites séparatives. / 7. 2 En cas d'implantation en retrait des limites séparatives, les constructions doivent respecter une marge de recul (au point le plus proche de la limite séparative) au moins égale à : - un minimum de 4 mètres si la façade comporte des ouvertures, - un minimum de 2,5à mètres dans le cas de murs aveugles. / () / 7. 2. 6 Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur un même terrain, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles édictées par le plan local d'urbanisme sont appréciées au regard de chaque nouvelle parcelle, par dérogation aux dispositions de l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme ".
22. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que certains murs de la façade Est des bâtiments A, C et D comportant des ouvertures se situent à moins de quatre mètres en retrait de cette limite. D'une part, il résulte des dispositions de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme citées au point 8 du présent jugement et des dispositions de l'article UA 7. 2. 6 du règlement du plan local d'urbanisme que les dispositions de l'article UA 7 de ce règlement doivent être appréciées par rapport à chaque nouvelle parcelle. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la partie de la façade Est du bâtiment D et du bâtiment C mentionnées dans l'arrêté attaqué ne sont implantées ni en limite séparative ni en retrait de quatre mètres de celle-ci alors qu'elles comportent des ouvertures. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que le projet de la société pétitionnaire ne respecte pas ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
23. En troisième lieu, aux termes de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " 10. 1 La hauteur maximale des constructions nouvelles, mesurée du sol naturel à l'égout du toit (à l'exception des ouvrages techniques, cheminées, tours, pigeonniers ou autre superstructures), ne doit pas excéder 9 mètres à l'égout du toit et 15 mètres maximum au faitage. / () ".
24. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les façades Nord et Sud du bâtiment A comportent des égouts de toit à une hauteur supérieure à 9 mètres par rapport au sol naturel. Il ressort du plan des façades Nord et Sud du bâtiment A que l'égout du toit est calculé par rapport au sol après travaux. Or, le lexique du règlement du plan local d'urbanisme de la commune définit la hauteur maximale des constructions par rapport au sol existant avant travaux. En outre, il ressort du plan des façades que la règle prévue à l'article UA 10 prévoyant une hauteur de 9 mètres à l'égout du toit depuis le niveau du sol existant avant travaux est méconnu. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que le projet de la société pétitionnaire n'était pas conforme à ces dispositions. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
25. En quatrième lieu, aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " 11. 3. 1. 1. Les différents murs des bâtiments doivent présenter un aspect et une couleur en harmonie avec les constructions avoisinantes, dans le respect de la palette chromatique de référence jointe au présent règlement. / () 11. 3. 6. 1 / Les menuiseries extérieures, doivent être peintes ou teintées dans la masse suivant la palette chromatique de référence jointe au présent règlement. / () ".
26. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que les coloris des enduits et des menuiseries du projet ne sont pas conformes à la palette chromatique de référence jointe au règlement du plan local d'urbanisme. Or, il ressort de la notice architecturale que les menuiseries sont en PVC avec un cadre métallique gris anthracite, que les façades pignons seront revêtues d'enduit blanc crème ou gris et de parement pierre et que les murs en enduit gris seront en concordance avec les toitures en tuiles grises, à l'inverse que les murs en enduit blanc crème seront associés aux toitures en tuiles bourgognes. Eu égard à la palette chromatique désignée en annexe du règlement du plan local d'urbanisme, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que le projet de la société pétitionnaire n'est pas conforme aux dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
27. En cinquième lieu, aux termes de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / 12. 2. 3 Dans le cadre d'une opération d'ensemble, il sera réalisé une place de stationnement visiteur par tranche entamée de 5 logements ".
28. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que le projet de la société pétitionnaire ne prévoit pas de places de stationnement visiteur en méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme. Si la société pétitionnaire se prévaut de ce que son projet ne peut être qualifié d'opération d'ensemble, il ne résulte pas des dispositions de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme, qui trouvent à s'appliquer en zone urbaine, que les auteurs de ce règlement ont entendu faire application des dispositions applicables aux opérations d'aménagement d'ensemble. Dans ces conditions, le projet qui correspond à la construction de 4 bâtiments visant à accueillir 89 logements sur une surface totale de 4 834 m² doit être regardée comme une opération d'ensemble au sens des dispositions précitées de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme que la commune de Villiers-sur-Morin a considéré que le projet de la société pétitionnaire n'est pas conforme à ces dispositions en ne prévoyant pas de places de stationnement visiteur.
29. Enfin, il résulte de l'instruction que la commune de Villiers-sur-Morin aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur les motifs énoncés des point 18 à 28 du présent jugement.
30. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SARL Corim Associés dans la requête n° 2302459 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 mai 2023 :
31. La décision du 30 mai 2023 du maire de Villiers-sur-Morin rejetant la demande indemnitaire préalable de la société requérante a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de cette société qui, en formulant les conclusions susvisées, a donné à l'ensemble de sa requête n° 2307976 le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet de la demande formée par la société requérante, qui conduit le juge à se prononcer sur ses droits à indemnisation, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision par laquelle sa demande préalable indemnitaire a été rejetée, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
32. L'illégalité d'une décision administrative est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration à l'égard de son destinataire, ou de toute autre personne, si elle leur a, directement, causé un préjudice. Le préjudice invoqué ne trouve pas sa cause directe et certaine dans la faute de l'administration s'il résulte de l'instruction soit que cette dernière aurait pris la même décision si elle avait respecté les formalités prescrites ou fait reposer son appréciation sur des éléments qu'elle avait omis de prendre en compte, soit qu'une autre base légale que celle initialement retenue justifie la décision entachée d'erreur de droit.
En ce qui concerne les fautes :
33. Il résulte de l'instruction que la commune de Villiers-sur-Morin a commis une faute, en édictant l'arrêté attaqué qui est entaché d'illégalités pour les motifs énoncés aux points 3 à 17 du présent jugement et en omettant de désigner un conseiller municipal en méconnaissance de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme, de nature à engager la responsabilité de l'État.
34. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 29 du présent jugement que l'arrêté du 19 octobre 2022 de la commune de Villiers-sur-Morin est légalement fondé notamment sur les motifs tirés de la méconnaissance des articles UA 7, UA 10, UA 11 et UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme par le projet de la société pétitionnaire. Dans ces conditions, les préjudices invoqués par la société requérante ne sauraient être regardés comme la conséquence des fautes mentionnées au point précédent. Ainsi, le lien de causalité entre les fautes commises par la commune de Villiers-sur-Morin et les préjudices que la société pétitionnaire estime avoir subis n'est pas établi.
35. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la société requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
36. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Villiers-sur-Morin, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la requérante une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Villiers-sur-Morin présentées au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2302459 et n° 2307976 de la société Corim Associés sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villiers-sur-Morin dans les instances n° 2302459 et n° 2307976 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Corim Associés et à la commune de Villiers-sur-Morin.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Nos 2302459
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026