jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302522 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | IDRISSOU |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2023 sous le n° 2302522, Mme B D, actuellement en zone d'attente de l'aéroport d'Orly, représentée par Me Idrissou, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la décision de refus d'admission sur le territoire français, ainsi que la décision de maintien en zone d'attente ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à sa libération immédiate sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2° bis) d'enjoindre à la police aux frontières de la laisser pénétrer sur le territoire ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais de l'instance non compris dans les dépens ;
4°) de prévoir un interprète en langue Fon.
Mme D soutient que :
* la circonstance selon laquelle elle ne remplirait pas les conditions d'entrée sur le territoire et/ou ne posséderait pas un passeport en cours de validité ne saurait en aucun cas constituer un obstacle au fait qu'elle est fondée à se prévaloir d'une atteinte grave et manifestement illégale à une ou plusieurs libertés fondamentales ;
* l'urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dès lors que les décisions en litige portent préjudice à sa situation de manière grave et immédiate ; en effet, le maintien en zone d'attente constitue une privation de liberté, mais en outre, tout étranger maintenu risque, à tout moment, d'être réacheminé vers son pays de provenance ; or, son prochain réacheminement vers Cotonou est prévu pour le 16 mars 2023 à 15 heures 20 minutes ;
* les décisions querellées portent une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, reconnue comme liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ainsi qu'à son droit a respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elles méconnaissant également l'intérêt supérieur de son enfant en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article L. 112-4 du code de l'action sociale et des familles ; enfin, elles violent l'article 37 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
* les décisions querellées lui ont été notifiées sans la présence d'un interprète en violation des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; enfin, titulaire d'un passeport valide et d'un visa d'entrée délivré par le consulat de France au Bénin, aucun élément ne justifie son refus d'entrée sur le territoire français et son maintien en zone d'attente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- les conclusions dirigées contre la décision de placement en zone d'attente sont irrecevables puisque par une ordonnance du 11 mars 2023, le juge des libertés et de la détention a autorisé la prolongation du maintien de Mme D en zone d'attente pour une durée de 8 jours soit jusqu'au 19 mars 2023 ;
- les conclusions dirigées contre la décision portant refus d'entrée sur le territoire français sont infondées dès lors que, d'une part, la condition d'extrême urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas satisfaite ; en effet, la requérante n'établit pas plus d'ailleurs qu'elle n'allègue l'existence d'une urgence particulière ; de plus, elle s'est présentée au point de passage frontalier munie d'un document de voyage faux, falsifié ou altéré ; d'autre part, il n'y a aucune atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir puisque le défaut d'interprète est infondé, Mme D ayant parfaitement compris ce que lui disait son visiteur, M. E, qui s'est exprimé avec elle en français le 10 mars 2023 ; en outre, le passeport de la requérante supportait des cachets aéroportuaires contrefaits visibles à l'œil nu ; par suite, le refus d'entrée sur le territoire français n'est entaché d'aucune erreur de droit.
Vu :
- la décision de refus d'entrée sur le territoire français et la décision de placement en zone d'attente en date du 8 mars 2023 opposées à Mme D ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990.
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 dit " code frontière Schengen " ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 16 mars 2023 en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, M. F a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Idrissou, représentant Mme D, requérante présente sous escorte policière, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'elle est arrivée en France le 8 mars 2023 pour revoir sa fille de quinze ans qu'elle n'a plus vu depuis 13 ans maintenant, ce qui est très dur pour elle ainsi d'ailleurs que pour sa fille qui souffre de l'éloignement d'avec sa mère ; bien que titulaire d'un passeport assorti d'un visa d'entrée, elle s'est vu refuser l'entrée au motif qu'un cachet d'entrée figurant sur son passeport était falsifié, ce que le ministre ne démontre pas d'ailleurs ; elle a de plus été placée en zone d'attente et y a été maintenue par décision du juge des libertés et de la détention du 11 mars 2023 ; l'urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est caractérisée dès lors qu'elle en zone d'attente depuis plus d'une semaine maintenant ; de plus, les décisions querellées portent une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au respect de sa vie privée et familiale ainsi qu'à l'intérêt supérieur de sa fille.
Le ministre de l'Intérieur, défendeur, n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 50.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme B D, ressortissante béninoise née le 11 janvier 1983, a tenté de pénétrer sur le territoire français au point de passage frontalier de Paris-Orly le 8 mars 2023 à 7 heures 30 en provenance de l'aéroport de Cotonou au Bénin sur un vol de la compagnie Corsair à destination d'Orly arrivé à 6 heures 35. Elle s'est alors vu opposer une décision du 8 mars 2023 notifiée le même jour de refus d'entrée sur le territoire français au motif qu'elle est en possession d'un document de voyage faux, falsifié ou altéré. Mme D a également fait l'objet le même jour d'une décision de placement en zone d'attente notifiée à 11 heures 19.
2. Par la présente requête, Mme D demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'annulation de ces deux décisions du 8 mars 2023.
Sur l'office du juge des référés :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
4. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement -ni sérieusement- la notion d'urgence ; il en est notamment ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
Sur les dispositions applicables :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) () " ; aux termes de l'article L. 332-1 du même code : " L'étranger qui ne satisfait pas aux conditions d'admission prévues au titre I peut faire l'objet d'une décision de refus d'entrée, sans préjudice des dispositions particulières relatives au droit d'asile et à la protection internationale ou à la délivrance de visas de long séjour. " ; aux termes de l'article L. 332-2 dudit code : " La décision de refus d'entrée, qui est écrite et motivée, est prise par un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire. " ; aux termes de l'article R. 332-2 de ce code : " La décision refusant l'entrée en France à un étranger, prévue à l'article L. 332-2, est prise : / 1° Par le chef du service de la police nationale chargé du contrôle aux frontières ou, par délégation, par un fonctionnaire désigné par lui, titulaire au moins du grade de brigadier () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui arrive en France par la voie ferroviaire, maritime ou aérienne et qui n'est pas autorisé à entrer sur le territoire français peut être placé dans une zone d'attente située dans une gare ferroviaire ouverte au trafic international figurant sur une liste définie par voie réglementaire, dans un port ou à proximité du lieu de débarquement ou dans un aéroport, pendant le temps strictement nécessaire à son départ. " ; aux termes de l'article L. 341-2 du même code : " Le placement en zone d'attente est prononcé pour une durée qui ne peut excéder quatre jours par une décision écrite et motivée d'un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire. ".
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
En ce qui concerne le défaut d'interprète lors de la notification des décisions contestées :
7. D'une part, il est de jurisprudence constante qu'un vice dans la notification d'une décision administrative est sans incidence aucune sur sa légalité, la notification ayant pour seul effet de rendre cette décision opposable à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité. D'autre part, et en tout état de cause, la circonstance que les décisions litigieuses seraient entachées d'un vice de notification en l'absence d'interprète ne saurait, par elle-même, porter une atteinte grave à l'exercice des libertés fondamentales invoquées par la requérante.
En ce qui concerne les décisions de refus d'entrée sur le territoire :
8. La liberté d'aller et venir, composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, constitue une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Elle s'exerce, en ce qui concerne le franchissement des frontières, dans les limites découlant de la souveraineté de l'Etat et des accords internationaux et n'ouvre pas aux étrangers un droit général et absolu d'accès sur le territoire français. Celui-ci est en effet subordonné au respect tant de la législation et de la réglementation en vigueur que des règles qui résultent des engagements européens et internationaux de la France.
9. Aux termes du 1 de l'article 6 du règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 dit " code frontière Schengen " : " Pour un séjour prévu sur le territoire des États membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute période de180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes : / a) être en possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière qui remplisse les critères suivants : / i) sa durée de validité est supérieure d'au moins trois mois à la date à laquelle le demandeur a prévu de quitter le territoire des États membres. Toutefois, en cas d'urgence dûment justifiée, il peut être dérogé à cette obligation ; / ii) il a été délivré depuis moins de dix ans ; / b) être en possession d'un visa en cours de validité si celui-ci est requis en vertu du règlement (CE) n o 539/2001 du Conseil ( 1), sauf s'ils sont titulaires d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour en cours de validité () " ; aux termes de l'article 8 du même règlement : " À l'entrée et à la sortie, les ressortissants des pays tiers sont soumis à une vérification approfondie comme suit : / a) la vérification approfondie à l'entrée comporte la vérification des conditions d'entrée fixées à l'article 6, paragraphe 1, ainsi que, le cas échéant, des documents autorisant le séjour et l'exercice d'une activité professionnelle. Cette vérification comprend un examen détaillé des éléments suivants : / i) la vérification que le ressortissant de pays tiers est en possession, pour franchir la frontière, d'un document valable et qui n'est pas arrivé à expiration, et que ce document est accompagné, le cas échéant, du visa ou du permis de séjour requis ; / ii) l'examen approfondi du document de voyage à la recherche d'indices de falsification ou de contrefaçon () ".
10. Or, d'une part, il résulte de l'instruction que Mme D a tenté de pénétrer sur le territoire français au moyen d'un passeport supportant des cachets aéroportuaires contrefaits visibles à l'œil nu. Si Mme A fait valoir que le ministère ne démontre pas la réalité de ces falsifications, cette réalité ressort bien du procès-verbal de constatation du 8 mars 2023 à 7 heures 30 tant en ce qui concerne les falsifications grossières observables à l'œil nu que celles détectables sous lumière ultra-violette. Par suite, en application des dispositions précédentes du règlement (UE) n° 2016/399 du 9 mars 2016, c'est sans erreur de droit que Mme D s'est vu opposer un refus d'entrée sur le territoire français.
11. D'autre part, Mme D soutient que la circonstance selon laquelle elle ne remplirait pas les conditions d'entrée sur le territoire et/ou ne posséderait pas un passeport en cours de validité ne saurait en aucun cas constituer un obstacle au fait qu'elle est fondée à se prévaloir d'une atteinte grave et manifestement illégale à une ou plusieurs libertés fondamentales, en l'espèce son droit au respect de sa vie privée et familiale d'une part et l'intérêt supérieur de sa fille de 15 ans qu'elle n'a plus vue depuis 13 ans. Or, il n'est pas contesté que Mme D est séparée de sa famille depuis de nombreuses années ; par suite, la décision attaquée de refus d'entrée n'a ni pour objet, ni pour effet de porter atteinte à la vie privée et familiale de la requérante et à l'intérêt supérieur de sa fille puisque la séparation physique de la requérante avec les membres de sa famille restés en France, dont sa fille, est bien antérieure à la prise de la décision de refus d'entrée sur le territoire français.
12. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de la décision de refus d'entrée sur le territoire français et de la décision d'abrogation de visa présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de placement en zone d'attente :
13. Aux termes de l'article L. 342-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision de placement initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours. ".
14. Par une ordonnance du 11 mars 2023, le juge des libertés et de la détention a autorisé le maintien de Mme D en zone d'attente pour une durée de 8 jours soit jusqu'au 19 mars 2023. Il en résulte que la décision administrative du 8 mars 2023 contestée par l'intéressée la plaçant en zone d'attente a cessé de produire effet. La décision du juge des libertés et de la détention qui s'y est substituée relève du seul contrôle de l'autorité judiciaire. Par suite, les conclusions dirigées contre la mesure de placement en zone d'attente sont irrecevables en ce qu'elles sont présentées devant un juge incompétent pour en connaître.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et dirigées contre les décisions de refus d'entrée sur le territoire français et de placement en zone d'attente doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D et au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Copie dématérialisée en sera adressée au directeur de la police aux frontières (PAF) de l'aéroport d'Orly.
Fait à Melun, le 16 mars 2023.
Le juge des référés,
Signé : C. FLa greffière,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026