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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2303350

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2303350

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2303350
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre, JU
Avocat requérantLAROSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 4 avril 2023, enregistrée à Melun le même jour, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. B A.

Par une requête enregistrée le 31 mars 2023, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté, en date du 29 mars 2023, par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et l'espace Schengen, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois ;

Il soutient que :

- le préfet n'a pas suffisamment motivé sa décision en fait et en droit et n'a pas procédé à un examen attentif de sa de sa situation ;

- il a méconnu le principe du respect des droits de la défense ;

- il porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale.

Par des mémoires en défense enregistrés le 26 avril et le 29 mai 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- M. A, ressortissant ghanéen, qui serait entré irrégulièrement sur le territoire français en mai 2018 selon ses déclarations, a fait l'objet d'une interpellation le 28 mars 2023 pour conduite sans permis de conduire et usage de faux permis de conduire ;

- il s'est trouvé dans l'impossibilité de démontrer qu'il présentait des garanties de représentation ;

- après son entrée en France, il n'a pas cherché à régulariser sa situation au regard de son droit au séjour ;

- son comportement est constitutif d'une menace à l'ordre public, dès lors qu'il avait, auparavant, déjà été signalé sur le fichier automatisé des empreintes les 28 janvier 2021 et 31 août 2022 pour des faits similaires ;

- qu'il n'établit pas la réalité de la vie privée et familiale dont il se prévaut.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Declercq, président honoraire, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Declercq,

- et les observations de Me Larose, représentant M. A, qui conclut à l'annulation de l'arrêté attaqué pour les motifs invoqués dans sa requête et qui soutient en outre que :

- le requérant, qui est hébergé par son frère, réside en France depuis six ans ;

- s'il n'a pas présenté de demande de titre de séjour, c'est parce qu'il n'en a pas eu le temps du fait de son travail ;

- du fait dudit travail, il n'est pas à la charge de l'État ;

- l'utilisation d'un permis de conduire falsifié ne crée pas de danger pour l'ordre public.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 11h56.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ghanéen, serait entré en France en mai 2018, selon ses déclarations. Par arrêté du 29 mars 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de douze mois. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

3. En premier lieu, l'arrêté litigieux, qui vise notamment les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en particulier l'article L. 611-1 précité de ce code, indique que M. A, qui a été interpellé pour des faits de présentation de faux papiers et de conduite d'un véhicule alors qu'il n'était pas titulaire d'un permis de conduire, n'a pas été en mesure de justifier de son entrée régulière sur le sol français ni de présenter un titre de séjour en cours de validité. Il est ainsi suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, si le requérant soutient en outre, d'une part, que le préfet a méconnu les droits de la défense et, d'autre part, qu'il porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale, ces moyens devront être écartés comme dépourvus de précisions permettant d'en apprécier la pertinence.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

M. DECLERCQLa greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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