jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2303595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ADDEN AVOCATS PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2023 sous le n° 2303595, la société à responsabilité limitée (SARL) CAPF, sise 157-163 rue de Fontenay à Vincennes (94300), prise en la personne de son représentant légal et représentée par Me Gusdorf, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 février 2023, matériellement rectifiée par courrier du 15 mars 2023, par laquelle le directeur de la caisse des dépôts et consignations a prononcé à son encontre le déréférencement de la plateforme " MonCompteFormation.gouv.fr " pour une durée de neuf mois à compter de sa notification ;
2°) d'enjoindre au directeur de la caisse des dépôts et consignations de procéder à son référencement dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société CAPF soutient que :
* la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la décision litigieuse préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, notamment comptable, puisque le déréférencement en cause d'une durée de neuf mois aboutirait à une perte de trois quarts de son chiffre d'affaires " moncompteformation ", soit 52 % de son chiffre d'affaires annuel total, perte de nature à compromettre son exploitation de façon irrémédiable ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
- d'une part, elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aux termes des articles R. 6333-6 du code du travail, 4.2.2 des conditions particulières spécifiques aux organismes de formation et 13.1.1 des conditions générales, la caisse des dépôts et consignations ne peut prendre une décision de déréférencement qu'au terme d'une période dite contradictoire, nécessitant le respect d'un certain formalisme ; ce qui n'a pas été le cas puisqu'elle n'a pris connaissance de son déréférencement qu'à l'occasion d'une consultation de son interface personnelle sur la plateforme " moncompteformation.gouv.fr " et n'a jamais été rendue destinataire de quelque courrier que ce soit avant ces dates, étant observé que la caisse des dépôts et consignations a procédé à son déréférencement avant même leur envoi ;
- d'autre part, la décision litigieuse est entachée d'erreurs de fait puisque la matérialité du manquement qui lui est reproché par la caisse des dépôts et consignations n'est pas établie ; primo, n'ayant pas été mise en mesure de répondre à la lettre d'observations datée du 21 octobre 2023, la matérialité du manquement consistant dans le non-respect des critères d'éligibilité au CPF, de la formation proposée, n'est pas établi ; secundo, le manquement grave qui lui est reproché, justifiant son déréférencement au sens de l'article 4.2.2 des conditions particulières d'utilisation de la plateforme " moncompteformation.gouv.fr ", se situe donc dans l'absence de réponse donnée à la caisse des dépôts et consignations ;
- de plus, la durée du déréférencement est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en violation de l'article 4.2.2 des conditions particulières aux termes duquel la mesure doit être proportionnée au manquement constaté ; en l'espèce, la caisse des dépôts et consignations a prononcé son déréférencement pour la totalité des formations éligibles au CPF, alors même qu'une seule formation est mise en cause, qu'aucun candidat ne s'y est inscrit, que cette unique formation n'a jamais été dispensée et qu'elle n'est plus proposée depuis mi-février 2023 soit avant même qu'elle ait connaissance de son caractère litigieux aux yeux de la caisse des dépôts et consignations.
Par un mémoire, enregistré le 19 avril 2023, la société CAPF conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne ses conclusions à fin de suspension et à fin d'injonction sous astreinte, mais maintient ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, la caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions à fin de suspension et au rejet du surplus de la requête en faisant valoir que :
- la sanction litigieuse a été retirée et l'organisme de formation a été re-référencé le 31 mars 2023 ; de sorte que la requête de l'organisme de formation CAPF est parfaitement dépourvue d'objet ;
- par ailleurs, dans un mémoire en réplique enregistré le 19 avril 2023, la requérante se désiste de ses conclusions aux fins de suspension de la décision du 3 février 2023 et d'injonction de procéder à son référencement dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte.
Vu :
- la décision litigieuse de la caisse des dépôts et consignations ;
- la requête à fin d'annulation de la décision implicite litigieuse enregistrée sous le n° 2303613 ;
- les pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 20 avril 2023 en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations Me Charzat, substituant Me Nahmias, représentant la caisse des dépôts et consignations, qui s'en remets aux conclusions de son mémoire en défense ; elle insiste sur le fait que les frais irrépétibles demandés par la SARL CAPF ne sont pas dus dès lors que celle-ci a introduit un recours gracieux le 17 mars 2023, qu'une décision favorable a été prise sur ce recours le 31 mars 2023, avant que la société n'introduise le présent recours.
La SARL CAPF, requérante, n'est ni présente, ni représentée.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 11 heures 35.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Il résulte de l'instruction que par décisions des 3 février et 15 mars 2023, le directeur de la formation professionnelle et des compétences de la caisse des dépôts et consignations a procédé au déréférencement de la société à responsabilité limitée (SARL) CAPF de sa plateforme " MonCompteFormation.gouv.fr " pour une durée de neuf mois à compter de la notification desdites décisions. Par la présente requête, la société CAPF demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de ces décisions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du mémoire en défense, que la sanction litigieuse a été retirée et l'organisme de formation a été re-référencé le 31 mars 2023, de sorte que les conclusions de la requête à fin de suspension et d'injonction sont désormais dépourvues d'objet ; il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
5. Il résulte de l'instruction que la société requérante a introduit auprès de la caisse des dépôts et consignations un recours gracieux le 17 mars 2023 et qu'une décision favorable a été prise sur ce recours dès le 31 mars 2023, avant que la société n'introduise la présente requête en référé suspension. Il appartenait donc à la SARL CAPF, avant ce faire, de s'informer auprès de la caisse des dépôts et consignations de la suite réservée à son recours gracieux, ce qui lui aurait évité d'introduire la présente requête. Par suite, dans ces circonstances, et quand bien même cette décision n'a été notifiée à la requérante que le 18 avril 2023, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme demandée par la SARL CAPF au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension contenues dans la requête, pas plus que sur celles à fin d'injonction et d'astreinte.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL CAPF est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée CAPF et à la caisse des dépôts et consignations.
Copie dématérialisée en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 20 avril 2023.
La juge des référés,
Signé : C. BLa greffière,
Signé : M. A
La République mande et ordonne à la caisse des dépôts et consignations, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2303595
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026