mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2303724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ABBAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 avril 2023 et 27 avril 2023,
M. A D, représenté par Me Abbar, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) d'ordonner la suspension des décisions du 8 mars 2023 et du 22 mars 2023 par lesquelles le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France a refusé son inscription à la session 2023 du diplôme de comptabilité et de gestion ;
2°) d'enjoindre au directeur du service interacadémique des examens et concours
d'Ile-de-France, à titre principal, de procéder à son inscription à la session 2023 du diplôme de comptabilité et de gestion et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sans délai ;
3°) de mettre à la charge du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est constituée dès lors que les épreuves pour lesquelles il s'est inscrit auront lieu à compter du 24 mai 2023 ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il n'est pas établi que la décision du 22 mars 2023 a été prise par une autorité compétente, que la décision est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il s'est bien inscrit sur internet avant le vendredi 24 février 2023 à 17 h et que son inscription n'a pas été validée en raison de l'absence de paiement des frais d'inscription avant le 7 mars 2023 à 23 h 59 du fait de son état de santé et de sa présence à l'hôpital, ces éléments caractérisant un cas de force majeure.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 avril 2023 et 27 avril 2023, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision portant rejet d'un recours gracieux est inopérant ; en tout état de cause, il n'est pas fondé ;
- si le motif tiré de l'inscription tardive du requérant est erroné, d'une part, la décision initiale du 8 mars 2023 portant annulation de l'inscription du requérant est fondée sur le défaut de paiement par l'intéressé des droits d'inscription à l'examen ; d'autre part, le motif tiré de l'absence de règlement des droits d'inscription peut être substitué au motif initialement invoqué ; en tout état de cause, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France était en situation de compétence liée pour refuser son inscription ; ainsi, la décision attaquée n'est entachée d'aucune erreur de fait ;
- aucune erreur manifeste d'appréciation n'a été commise dès lors que le requérant ne justifie pas de l'existence d'un cas de force majeure de nature à justifier le défaut de règlement des droits d'inscription alors qu'il disposait d'un délai de plus de 6 semaines pour déposer les pièces justificatives et régler le montant des droits d'inscription et qu'il n'a été hospitalisé que quatre heures seulement avant l'heure limite de dépôt des documents justificatifs et de paiement des droits d'inscription ; en tout état de cause, son hospitalisation ne peut être regardée comme ayant été irrésistible dès lors que son état de santé n'a pas fait obstacle à ce que son père et sa sœur, informés par ses soins, procèdent pour lui au dépôt de son rapport de stage.
Par un mémoire, enregistré le 26 avril 2023, le recteur de l'académie de Créteil conclut à son incompétence pour présenter un mémoire en défense dans cette affaire.
Vu
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2303663, enregistrée le 13 avril 2023, par laquelle le requérant demande l'annulation des décisions en cause.
Vu :
- le décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l'exercice de l'activité d'expertise comptable ;
- l'arrêté du 9 janvier 2008 fixant le taux du droit d'inscription aux épreuves du diplôme de comptabilité et de gestion (DCG) et du diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (DSCG) ;
- l'arrêté du 13 février 2019 relatif au diplôme de comptabilité et de gestion et diplôme supérieur de comptabilité et de gestion ;
- l'arrêté du 21 novembre 2022 relatif au diplôme de comptabilité et de gestion et au diplôme supérieur de comptabilité et de gestion ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 avril 2023 en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Abbar, représentant M. D, requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en indiquant que M. D n'a pas pu régler ses droits d'inscription en raison de son hospitalisation, que l'urgence n'est pas contestée en défense et que l'absence de prise en compte d'un cas de force majeure est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées. En outre, après avoir pris connaissance du dernier mémoire en défense communiqué le 28 avril 2023, le caractère prévisible de l'état de santé du requérant est contesté.
Le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France, défendeur, n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11 h 05.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a procédé à son inscription en ligne aux épreuves du diplôme de comptabilité et de gestion de la session 2023. Il a déposé différents documents justificatifs sur la plateforme Cyclades entre le 24 janvier 2023 et le 7 mars 2023 à 23 h 59. N'ayant pas réglé les droits d'inscription dans les délais impartis, son inscription a été annulée et M. D a formé un recours gracieux en sollicitant une dérogation particulière. Par décision du 22 mars 2023, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France a refusé de procéder à l'inscription sollicitée au motif qu'aucune inscription n'est acceptée hors délai.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. Les épreuves de la session 2023 du diplôme de comptabilité gestion devant se dérouler à compter du 24 mai 2023, M. D doit être regardé comme justifiant de l'existence d'une situation d'urgence, qui n'est d'ailleurs pas contestée par l'administration.
En ce qui concerne le doute sérieux :
4. D'une part, aux termes de l'article 55 du décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l'exercice de l'activité d'expertise comptable : " Des arrêtés conjoints des ministres chargés de l'enseignement supérieur, du budget et de l'économie, pris après avis de la commission consultative pour la formation professionnelle des experts-comptables, fixent les modalités d'organisation, le contenu, la durée, la nature, le coefficient et le programme des épreuves du diplôme de comptabilité et de gestion et du diplôme supérieur de comptabilité et de gestion ainsi que le montant des droits d'examen. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du
9 janvier 2008 fixant le taux du droit d'inscription aux épreuves du diplôme de comptabilité et de gestion (DCG) et du diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (DSCG) : " Les droits d'inscription aux différentes épreuves du diplôme de comptabilité et de gestion sont fixés à
22 euros. ".
5. D'autre part, l'article 1er de l'arrêté du 21 novembre 2022 relatif au diplôme de comptabilité et de gestion et au diplôme supérieur de comptabilité et de gestion dispose que la date limite nationale de paiement en ligne correspondant au montant des droits d'inscription pour le diplôme de comptabilité et de gestion est fixée au mardi 7 mars 2023 à 23 h 59. Aux termes de l'article 3 de ce même arrêté : " Le paiement des droits d'inscription est dématérialisé et doit intervenir dans le délai prévu à l'article 1. ". Enfin, aux termes de l'article 6 de cet arrêté : " Aucune inscription, aucune pièce justificative ni aucun paiement des droits d'inscription n'est accepté hors des délais fixés à l'article 1. / Tout paiement des droits d'inscription est définitif. Aucune modification d'inscription ne peut intervenir après ledit paiement. / Toute absence de paiement entraîne l'annulation de l'inscription. ".
6. Le requérant soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il s'est bien inscrit sur internet avant le vendredi 24 février 2023 à 17 h et que son inscription n'a pas été validée en raison de l'absence de paiement des frais d'inscription avant le 7 mars 2023 à 23 h 59 du fait de son état de santé et de sa présence à l'hôpital, ces éléments caractérisant un cas de force majeure. En l'état de l'instruction, ces moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
7. Toutefois, l'administration peut faire valoir, devant le juge des référés, que la décision dont il est demandé la suspension de l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge des référés, après avoir mis à même l'auteur de la requête, dans des conditions adaptées à l'urgence qui caractérise la procédure de référé, de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher s'il ressort à l'évidence des données de l'affaire, en l'état de l'instruction, que ce motif est susceptible de fonder légalement la décision et que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative et à condition que la substitution demandée ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué, le juge des référés peut procéder à cette substitution pour apprécier s'il y a lieu d'ordonner la suspension qui lui est demandée.
8. Le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France sollicite, en défense, une substitution de motif en faisant valoir que le motif tiré de l'absence de règlement des droits d'inscription est substitué au motif tiré de la tardiveté de l'inscription. En effet, il est constant que l'inscription du requérant a été annulée en raison du défaut de paiement des droits d'inscription dans les délais impartis conformément aux dispositions précitées aux points 4 et 5. Dans ces conditions, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France est fondé à soutenir qu'il a pu légalement prendre la décision attaquée au motif que les droits d'inscription n'avaient pas été réglés par le requérant avant le délai imparti. Dès lors, et dans la mesure où cette substitution de motif ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale, il y a lieu d'y faire droit.
9. Il résulte de ce qui précède, qu'en l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision du 22 mars 2023, d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera communiquée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.
Fait à Melun, le 2 mai 2023.
La juge des référés,La greffière,
Signé : F. C Signé : M. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026