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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2303778

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2303778

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2303778
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2023, la préfète du Val-de-Marne demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du conseil départemental du Val-de-Marne en date du 17 octobre 2022 n° 2022-6-1.13.13 en tant qu'elle approuve les dispositions du règlement du temps de travail relatives aux sujétions particulières contenues (" 4 - les jours de réduction horaire liés à la pénibilité et aux contraintes d'organisation " et annexe 1 relative aux modalités de prise en compte des sujétions et pénibilités par métier ").

Elle indique que, le 22 septembre 2019, le conseil départemental du Val-de-Marne a été informé de la nécessité de se conformer aux obligations prescrites par l'article 47 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique portant notamment à 1607 heures le temps de travail dans la fonction publique territoriale, que cette obligation lui a été rappelée le 21 septembre 2021, que le conseil départemental a été accompagné dans l'élaboration de la délibération fixant le nouveau régime du temps de travail et que cette délibération a été adoptée le 17 octobre 2022, qu'elle y a constaté des irrégularités, car elle accordait une réduction du temps de travail en l'absence de sujétions particulières, qui ont motivé un recours gracieux formé le 15 décembre 2022, que ce recours a été rejeté le 17 février 2023 et qu'elle a saisi le tribunal administratif d'une demande d'annulation de cette délibération.

Elle soutient que cette délibération qualifie de manière erronée certains facteurs comme des sujétions au sens de la réglementation applicable et de la jurisprudence, et en particulier celle relative aux risques psycho-sociaux déclinés en cinq facteurs, à savoir " les exigences et l'intensité du travail ", les " exigences émotionnelles (contact avec le public en difficulté) ", l' " autonomie et les marges de manœuvre ", les " rapports sociaux et relations de travail ", les " conflits de valeur ", lesquels peuvent faire l'objet de mesures de prévention dans la fonction publique, que les réductions du temps de travail accordées sont susceptibles d'entraîner une rupture d'égalité de traitement entre les agents et une méconnaissance du principe de parité, que le lien entre la nature des missions et l'exposition aux risques des agents n'est pas établi de même que ne sont pas justifiées les quotités de réduction de temps de travail accordées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le conseil départemental du Val-de-Marne, représenté par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés et que les risques psychosociaux comme les déplacements quotidiens sont des sujétions particulières au sens de la réglementation et de la jurisprudence pouvant justifier une réduction de la durée du travail.

Vu :

- la délibération n° DCM-2022-6-1.13.13 du conseil départemental du Val-de-Marne en date du 17 octobre 2022, ayant pour objet le règlement du temps de travail ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique ;

- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature ;

- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale ;

- la décision n° 2022-1006 QPC du 29 juillet 2022 par laquelle le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution la première phrase du premier alinéa du paragraphe I de l'article 47 de la loi n°2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 17 avril 2023 sous le numéro 2303779, la préfète du Val-de-Marne a demandé l'annulation de l'article 5 de la décision contestée.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience du 11 mai 2023, tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Mesdames Belbol et Orieux, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui rappellent que les agents du conseil départemental du Val-de-Marne bénéficiaient dans le passé d'un régime de temps de travail dérogatoire, qu'il a été accompagné pour le réformer, que la reconnaissance d'une sujétion doit faire référence à une caractéristique de travail particulière et ne pas être liée à l'exercice même du travail, que six facteurs ne répondent pas à ces caractéristiques et sont susceptibles d'affecter tous les métiers, que les risques psychosociaux peuvent être réduites par d'autres modalités de la réduction du temps de travail de même que les déplacements quotidiens, que la conseil départemental ne fournit aucun élément pour justifier le lien entre la sujétion et le métier ;

- les observations de Me Jean-Pierre, représentant le conseil départemental du Val-de-Marne, qui maintient que les risques psychosociaux peuvent être une sujétion liée à la nature des missions, que la préfecture ne précise pas les outils pour faire face à la souffrance au travail, qu'ils ne sont pas compensés par un régime indemnitaire, que la sujétion relative aux déplacements quotidiens ne concerne que onze agents au total, que les travaux salissants sont bien des sujétions particulières, que la quotité des jours de congés octroyés découle d'un choix du département et que la cotation de l'intensité des pénibilités a été faite dans un sens de justice pour les agents.

Considérant ce qui suit :

1 Par une délibération n° 2022-6-1.13.13 du 17 octobre 2022, le conseil départemental du Val-de-Marne a adopté le règlement du temps de travail applicable aux agents du département. Le 15 décembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a formé un recours gracieux contre cette délibération en tant qu'elle octroyait des jours de congés supplémentaires pour certaines sujétions particulières retenues par le département, à savoir les risques psychosociaux et les déplacements quotidiens, ainsi que le lien entre certaines missions et les sujétions retenues, en particulier sur les " travaux salissants ", les " agents chimiques dangereux ", l' " environnement bruyant " ou le " contact avec le public " ou leur redondance pour d'autres métiers. Ce recours gracieux a été rejeté par le président du conseil départemental du Val-de-Marne le 15 février 2023. Par une requête enregistrée le 17 avril 2023, la préfète du Val-de-Marne a donc demandé au présent tribunal l'annulation de cette délibération en tant qu'elle approuve les dispositions du règlement du temps de travail relatives aux sujétions particulières contenues (" 4 - les jours de réduction horaire liés à la pénibilité et aux contraintes d'organisation " et annexe 1 relative aux modalités de prise en compte des sujétions et pénibilités par métier ") et demande au juge des référés, par une requête du même jour, d'en suspendre l'exécution.

2 Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : " Art. L. 2131-6, alinéa 3.- Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes d'autres collectivités ou établissements suivent, de même, les règles fixées par les articles L. 2541-22, L. 2561-1, L. 3132-1, L. 4142-1, L. 4411-1, L. 4421-1, L. 4431-1, L. 5211-3, L. 5421-2, L. 5711-1 et L. 5721-4 du code général des collectivités territoriales. () ".

Sur les conclusions aux fins de suspension :

3 En vue de l'harmonisation de la durée du temps de travail au sein des fonctions publiques, l'article 47 de la loi du 6 août 2019 susvisée de transformation de la fonction publique imposent aux collectivités territoriales qui en ont fait usage de fixer, par une délibération prise dans le délai d'un an à compter du renouvellement de leurs assemblées délibérantes, les règles relatives au temps de travail de leurs agents dans les limites applicables à ceux de l'État. En premier lieu, en adoptant ces dispositions, le législateur a entendu contribuer à l'harmonisation de la durée du temps de travail au sein de la fonction publique territoriale ainsi qu'avec la fonction publique de l'État afin de réduire les inégalités entre les agents et faciliter leur mobilité. Ce faisant, il a poursuivi un objectif d'intérêt général. En second lieu, d'une part, les dispositions contestées se bornent, en matière d'emploi, d'organisation du travail et de gestion de leurs personnels, à encadrer la compétence des collectivités territoriales pour fixer les règles relatives au temps de travail de leurs agents. D'autre part, les collectivités territoriales qui avaient maintenu des régimes dérogatoires demeurent libres, comme les autres collectivités, de définir des régimes de travail spécifiques pour tenir compte des sujétions liées à la nature des missions de leurs agents.

4 Aux termes de l'article L. 611-1 du code général de la fonction publique : " La durée du travail effectif des agents de l'Etat est celle fixée à l'article L. 3121-27 du code du travail, sans préjudice des dispositions statutaires fixant les obligations de service pour les personnels enseignants et de la recherche. Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures, dans des conditions prévues par un décret en Conseil d'Etat précisant notamment les mesures d'adaptation tenant compte des sujétions auxquelles sont soumis certains agents ". Aux termes de l'article L. 611-2 du même code, qui a repris les termes de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 relative à la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents territoriaux sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. Les modalités d'application du présent article sont fixées par un décret en Conseil d'Etat, qui prévoit notamment les conditions dans lesquelles la collectivité ou l'établissement peut, par délibération, proposer une compensation financière d'un montant identique à celle dont peuvent bénéficier les agents de l'Etat, en contrepartie des jours inscrits à leur compte épargne temps ".

5 Aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " La durée de travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat (). / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées. / Cette durée est susceptible d'être réduite () pour tenir compte des sujétions liées à la nature des missions et à la définition des cycles de travail qui en résultent, et notamment en cas de travail de nuit, de travail le dimanche, de travail en horaires décalés, de travail en équipes, de modulation importante du cycle de travail, ou de travaux pénibles ou dangereux ". Aux termes de l'article 4 du même texte : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. Les horaires de travail sont définis à l'intérieur du cycle, qui peut varier entre le cycle hebdomadaire et le cycle annuel de manière que la durée du travail soit conforme sur l'année au décompte prévu à l'article 1er. Des arrêtés ministériels pris après avis des comités sociaux d'administration ministériels compétents définissent les cycles de travail auxquels peuvent avoir recours les services. Ces arrêtés déterminent notamment la durée des cycles, les bornes quotidiennes et hebdomadaires, les modalités de repos et de pause. Ces cycles peuvent être définis par service ou par nature de fonction. Les conditions de mise en œuvre de ces cycles et les horaires de travail en résultant sont définies pour chaque service ou établissement, après consultation du comité social d'administration. Pour les agents relevant d'un régime de décompte horaire des heures supplémentaires, celles-ci sont prises en compte dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. Elles font l'objet d'une compensation horaire dans un délai fixé par arrêté du ministre intéressé, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, après avis du comité social d'administration ministériel. A défaut, elles sont indemnisées ".

6 Aux termes de l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 susvisé, pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail applicables aux agents des collectivités territoriales et des établissements publics en relevant sont déterminées dans les conditions prévues par le décret du 25 août 2000 susvisé sous réserve des dispositions suivantes ". L'article 2 du même texte poursuit : " L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement peut, après avis du comité technique compétent, réduire la durée annuelle de travail servant de base au décompte du temps de travail défini au deuxième alinéa de l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé pour tenir compte des sujétions liées à la nature des missions et à la définition des cycles de travail qui en résultent, et notamment en cas de travail de nuit, de travail le dimanche, de travail en horaires décalés, de travail en équipes, de modulation importante du cycle de travail ou de travaux pénibles ou dangereux ". Il résulte de ces dispositions, qui ont pour effet de définir de manière exhaustive les cas dans lesquels il est possible de prévoir des dérogations à la durée annuelle de travail de 1607 heures, que le champ de ces dérogations est expressément limité aux seules hypothèses de sujétions intrinsèquement liées à la nature même des missions.

7 Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'organe délibérant de définir avec précision les sujétions particulières, qu'elles soient afférentes au travail de nuit, le dimanche, en horaires décalés ou en équipes, à la modulation importante du cycle de travail ou de travaux pénibles ou dangereux, ou en prenant en compte d'autres critères que ceux mentionnés à l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé, à la condition qu'elles soient liées à la nature même des postes occupés par les agents concernés ou à leurs missions et aient un caractère spécifique à ces postes ou missions, ce qui implique nécessairement, d'une part, que les dites sujétions ne peuvent avoir un caractère général ou être susceptibles de pouvoir être corrigées par d'autres moyens et notamment par une adaptation du poste de travail, une meilleure organisation du travail ou une formation spécifique des agents qui les occupent ou les exercent, conformément à la responsabilité de tout employeur, et d'autre part qu'elles soient décrites de manière suffisamment détaillée permettant de déterminer précisément leur particularité par rapport aux fonctions habituelles exercées par les autres agents de la commune dans des conditions normales.

8 Il ressort des pièces du dossier que le règlement du temps de travail des agents du conseil départemental du Val-de-Marne, annexé à la délibération du 17 octobre 2022, précise, par métiers, le nombre de jours de réduction de temps de travail accordés au titre de la pénibilité en fonction des sujétions relatives aux " travaux pénibles, dangereux et salissants " détaillés avec les facteurs " port de charges lourdes ", " postures pénibles ", " environnement bruyant ", " expositions aux agents chimiques dangereux ", " travaux salissants ", " travaux répétitifs ", " travaux insalubres ou en milieu confiné ", " températures extrêmes ", " travaux dangereux " et " exposition aux intempéries ", aux " risques psycho-sociaux " détaillés avec les facteurs " contact avec du public (risque d'agression) ", " exigence et intensité du travail ", " exigences émotionnelles (contact avec le public en difficulté) ", " autonomie et marge de manœuvre ", " rapports sociaux et relations de travail " et " conflits de valeur " , et au " temps de travail et déplacements quotidiens " détaillés avec les facteurs " travail en horaires décalés dont week-end ", " travail de nuit ", " modulations importante du cycle de travail " et " déplacements quotidiens ", ce nombre pouvant être variable selon les métiers. Dans sa requête, la préfète du Val-de-Marne conteste notamment le bien-fondé des réductions accordées aux agents du département au titre de cinq des six facteurs de la sujétion " risques psycho-sociaux " et au facteur des " déplacements quotidiens " au sein de la sujétion " temps de travail et déplacements quotidiens ".

9 En premier lieu, il n'est pas établi par le conseil départemental du Val-de-Marne que les " risques psycho-sociaux " identifiés et générés par les facteurs d'" exigence et d'intensité du travail ", d' " autonomie et marge de manœuvre ", d' " exigences émotionnelles (contact avec le public en difficulté) ", de " rapports sociaux et relations de travail " et de " conflits de valeur ", ne soient pas inhérents à l'exercice même de l'activité du service des agents concernés et surtout qu'il ne puissent être sinon complètement corrigés du moins significativement réduits par des mesures particulières d'organisation du travail ou de formation des agents, qu'il lui appartient en tout état de cause de définir et de mettre en œuvre, en sa qualité d'autorité d'emploi.

10 En deuxième lieu, il n'est pas établi non plus par le conseil départemental que le facteur des " déplacements quotidiens ", au sein de la sujétion " temps de travail et déplacements quotidiens ", quand bien même il n'affecterait qu'un nombre réduit d'agents, puisse être considéré comme révélant une sujétion particulière au sens des dispositions rappelées au point 6, en raison de la faible superficie du département ne pouvant entraîner par nature que des déplacements de courte durée, même fréquents.

11 En troisième lieu, et en revanche, en l'état de l'instruction, le département du Val-de-Marne a pu à bon droit retenir la sujétion des " travaux pénibles, dangereux et salissants " pouvant justifier l'octroi, au demeurant dans la plupart de cas en nombre réduit, de jours supplémentaires de congés pour certaines catégories d'agents, dont les fonctions ont été limitativement et suffisamment énumérées, cette sujétion n'étant pas en tout état de cause étrangère à leur activité et étant expressément mentionnée à l'article 1er du décret du 25 août 2000.

12 Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne est seulement fondée à soutenir qu'il existerait, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la délibération du conseil départemental du Val-de-Marne du 17 octobre 2022 en tant qu'elle ferait bénéficier certains agents du département de jours de congés supplémentaires en raison des sujétions relatives d'une part aux " risques psycho-sociaux " générés par les risques d'exposition aux facteurs d'" exigence et l'intensité du travail ", d' " autonomie et marge de manœuvre ", d'" exigences émotionnelles (contact avec le public en difficulté) ", de " rapports sociaux et relations de travail " et de " conflits de valeur ", et d'autre part au " temps de travail et déplacements quotidiens " généré par les risques d'exposition au seul facteur relatif aux " déplacements quotidiens ", et à en demander dans cette mesure la suspension de son exécution.

Sur les frais du litige :

13 Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande du département du Val-de-Marne tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne), qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : L'exécution de la délibération du conseil départemental du Val-de-Marne n° 2022-6-1.13.13 en date du 17 octobre 2022 est suspendue en tant qu'elle fait bénéficier certains agents du département de jours de congés supplémentaires en raison des sujétions relatives d'une part aux " risques psycho-sociaux " générés par les risques d'exposition aux facteurs d'" exigence et l'intensité du travail ", d' " autonomie et de marge de manœuvre ", d'" exigences émotionnelles (contact avec le public en difficulté) ", de " rapports sociaux et relations de travail " et de " conflits de valeur ", et d'autre part au " temps de travail et déplacements quotidiens " généré par les risques d'exposition au seul facteur relatif aux " déplacements quotidiens ", est suspendue.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions du conseil départemental du Val-de-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète du Val-de-Marne et au conseil départemental du Val-de-Marne.

Le juge des référés, La greffière,

A : M. AymardA : S. Aubret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2303778

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