lundi 21 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2304369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DIARRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 mai et 17 mai 2023, Mme D A C épouse B, représentée par Me Diarra, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer dans le cadre d'un rendez-vous sans délai, pour la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L 911-2 du code de justice administrative à compter de la décision à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a produit à plusieurs reprises le décret de naturalisation de son époux, demandé par les services de la préfecture dans le cadre de l'examen de sa demande de son changement de statut vers celui de " vie privée et familiale en qualité de conjoint français " ;
- elle a demandé le renouvellement de son récépissé qui expirait le 14 mars 2023 et sa demande est restée sans suite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer.
Elle soutient que le titre est en cours de fabrication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B, ressortissante marocaine titulaire d'un titre de séjour pluriannuel " passeport talent famille " valable jusqu'au 30 juillet 2022, en a demandé le renouvellement auprès de la préfecture du Val-de-Marne où elle réside et sollicité un changement de statut afin de se voir délivrer un titre de séjour en la qualité de conjoint de français, à la suite à l'acquisition par celui-ci de la nationalité française. Dans ce cadre, elle s'est vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour valide du 15 septembre 2022 au 15 mars 2023. Par un courriel du 1er décembre 2022, Mme A C épouse B a été invitée par la préfecture à produire le décret de naturalisation de son mari, ce qu'elle a transmis dès le lendemain par courriel. Le 27 février 2023, elle adressait à la préfecture une demande de renouvellement de son récépissé. Une seconde demande de production du décret précité lui a été formulée par les services de la préfecture le 9 mars 2023, auquel elle répondit le jour même en communiquant une nouvelle fois la pièce demandée. Par une requête enregistrée le 3 mai 2023, elle demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Val-De-Marne de la convoquer dans le cadre d'un rendez-vous en préfecture de Créteil ou dans toute préfecture compétente du Val-de-Marne, sans délai, afin de lui remettre un récépissé de sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article l. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
5. Si, dans le cadre d'un " téléservice ", l'étranger, après avoir déposé son formulaire de demande et les pièces justificatives exigées, établit n'avoir pas été convoqué dans un délai raisonnable, en dépit de plusieurs relances auprès des services de la préfecture, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de l'absence de convocation sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
6. Dans ses écritures, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que la fabrication du titre de séjour de la requérante est en cours. Toutefois, elle ne verse aucune pièce au soutien de cette affirmation et ne précise pas si elle envisageait de lui délivrer, dans l'attente de la remise en mains propres de ce titre de séjour, un récépissé de demande de titre de séjour.
7. La préfète du Val-de-Marne ne justifiant, à la date de la présente ordonnance, de la remise à Mme A C épouse B, ni de sa carte de séjour, ni d'un récépissé de demande de titre de séjour lui permettant de travailler et de justifier de la régularité de son séjour, il y a lieu de lui enjoindre de lui fixer un rendez-vous en vue de la délivrance un tel récépissé sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance, valable jusqu'à la date de remise en mains propres à l'intéressée de sa carte de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer une astreinte.
Sur les frais du litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros au profit de Mme A C épouse B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de fixer sans délai un rendez-vous à Madame A C épouse B, à compter de la notification de la présente ordonnance, en vue de la remise d'un récépissé de sa demande de titre de séjour valable jusqu'à la date de remise en mains propres à l'intéressée de sa carte de séjour.
Article 2 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à Madame A C épouse B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A C épouse B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 21 août 2023.
La juge des référés,
M. LOPA DUFRÉNOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°23043692
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026