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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2304407

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2304407

vendredi 4 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2304407
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantBECHIEAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun était saisi par Mme B., ressortissante congolaise, d’un recours en excès de pouvoir contre la décision implicite du préfet de Seine-et-Marne lui refusant un titre de séjour « vie privée et familiale ». En cours d’instance, le préfet a délivré à l’intéressée un titre de séjour d’un an, valable jusqu’en janvier 2025. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Il a en revanche condamné l’État à verser 1 200 euros à Mme B. au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mai 2023, Mme A... B..., représentée par Me Bechieau, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite du 8 mars 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ;

2°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Mme B... soutient que la décision :

- est insuffisamment motivée et que le préfet n’a pas procédé à un examen sérieux et complet de sa situation ;
- est illégale faute pour le préfet d’avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.


Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2025, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer.

Par un mémoire enregistré le 25 février 2025, Mme B... maintient ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 6 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 juin 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration,
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Iffli a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissant congolaise né en 1996, déclaré être entrée en France le 2 mars 2013, munie d’un visa touristique. Elle a sollicité le 8 novembre 2021 la délivrance d’un titre de séjour, sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par une décision implicite du 8 mars 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé. Par la présente requête, Mme B... sollicite l’annulation de cet arrêté.

2. Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l’annulation d’une décision refusant un titre de séjour ou le récépissé de la demande d’un tel titre, lorsque l’autorité administrative a délivré le titre de séjour demandé, ou un titre équivalent, après la saisine de la juridiction.

3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne a remis un titre de séjour d’un an, valable du 3 janvier 2024 au 2 janvier 2025, à Mme B... postérieurement à l’enregistrement de la requête. Par suite, les conclusions à fin d’annulation et à fin d’injonction de la requête de Mme B... sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et à fin d’injonction de la requête de Mme B....


Article 2 : L’Etat versera à Mme B... une somme de 1200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... et le préfet de Seine-et-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l'audience du 18 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,
Mme Iffli, conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2025.


La rapporteure,

C. Iffli

Le président,

S. Dewailly


La greffière,







L. Sueur


La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




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