mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2304459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2023, M. B A, représenté par Me Cisse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois suivant la date du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que les décisions contenues dans l'arrêté du 26 avril 2023 :
- sont entachées d'incompétence ;
- sont insuffisamment motivées ;
- méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'intérêt supérieur de son enfant et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation familiale et professionnelle ;
- sont dépourvues de base légale et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que l'arrêté mentionne qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête .
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 décembre 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bourdin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen est entré en France le 13 novembre 2019, sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour " étudiant ", valable du 13 novembre 2019 au 13 novembre 2020. Son titre de séjour a été régulièrement renouvelé jusqu'au 30 octobre 2022, date de fin validité de son dernier titre de séjour portant la mention " étudiant ". Il a sollicité le 13 février 2023 la délivrance d'un titre de séjour " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 26 avril 2023, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai trente jours et a fixé le pays de destination. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2023.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. D C, en personne, nommé préfet de Seine-et-Marne par décret du Président de la République du 30 juin 2021, publié le 1er juillet 2021 au Journal officiel de la République française. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision ne peut ainsi qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions en litige précisent les dispositions légales ainsi que les considérations de faits sur lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a entendu fonder ses décisions, sans qu'il ait à faire état de l'ensemble des éléments sur lesquels il n'entend pas fonder son arrêté. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation qui manque en fait ne pourra qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
5. M. A fait valoir que les décisions en litige portent une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et familiale dès lors qu'il est le père d'un enfant né en France en novembre 2022 et qu'il vit en concubinage avec la mère de son enfant, titulaire d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Toutefois, l'intéressé n'établit pas l'intensité des liens entretenus avec la mère de son fils et son fils lui-même par la seule production de la copie de son acte de naissance et d'une attestation de décision favorable à l'octroi d'un titre de séjour " étudiant " valable du 2 octobre 2022 au 1er octobre 2023, quand bien même ces deux documents comportent une même adresse pour les deux parents. En outre, la mère de son fils est titulaire d'un titre de séjour en qualité d'étudiante ne lui donnant pas vocation à séjourner durablement sur le territoire français au-delà de ses études et elle est également de nationalité guinéenne, de sorte qu'elle peut l'accompagner dans son pays d'origine avec leur enfant. De plus, M. A, qui réside en France depuis 3 ans et demi à la date de la décision attaquée sous couvert d'un titre de séjour " étudiant ", ne justifie de l'obtention d'aucun diplôme en France, ni d'aucune insertion sociale et professionnelle stable et intense. Par suite, en prenant l'arrêté litigieux, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte également de ce qui vient d'être dit, que l'atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant n'est pas établie. De même, l'erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation familiale et professionnelle.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit au paragraphe précédent et alors que l'intéressé a résidé dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 25 ans et n'apporte aucun élément pour démentir les constatations faites par le préfet dans l'arrêté contesté, s'agissant des attaches qu'il peut avoir en Guinée, que M. A n'établit pas que l'arrêté serait dépourvu de base légale et entaché d'une erreur d'appréciation lorsqu'il mentionne que l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2023, par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, avec obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Par voie de conséquence, ses demandes d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative seront rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024 , à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
C. LEDAMOISELLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026