mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2304944 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | AMROUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2303248 du 10 mai 2023, le président du tribunal administratif de Versailles a transmis la requête de M. C, enregistrée le 21 avril 2023, au tribunal administratif de Melun territorialement compétent.
Par une requête, enregistrée le 21 avril 2023, M. B C, représenté par Me Amrouche, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 février 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur territorial de l'OFII, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre principal, de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation personnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII au profit de son conseil une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision du 20 décembre 2022 du directeur territorial de l'OFII de cessation des conditions matérielles d'accueil ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article D. 551-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a été placé en " procédure normale - première demande " par décision du préfet de l'Essonne du 13 décembre 2022 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 551-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que les modalités de refus ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil lui aient été précisées dans une langue qu'il comprend.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu :
- la directive 2003/9/UE du Conseil du 27 janvier 2003 ;
- la décision de la Cour de justice de l'Union européenne du 27 septembre 2012 CIMADE et GISTI, c-179/11 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 18 octobre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle formée par M. C.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Duhamel a été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né le 10 février 2000 et de nationalité soudanaise, a déposé le 1er juillet 2022 une demande d'asile auprès de la préfecture de police de Paris. Sa demande a été placée en procédure " Dublin ", ses empreintes ayant été enregistrées en Espagne. Il a bénéficié des conditions matérielles d'accueil à compter du 7 juillet 2022. Le 31 octobre 2022, il a été transféré en Espagne. Il est toutefois revenu en France le 13 décembre 2022 et a alors déposé une nouvelle demande d'asile en préfecture de l'Essonne enregistrée en " procédure normale - première demande " le 13 décembre 2022. Par un courrier du 20 décembre 2022, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié la cessation des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande en France après avoir été transféré vers l'État membre responsable de l'instruction de sa demande. Par un courrier du 2 février 2023, le requérant a demandé au directeur territorial de l'OFII le rétablissement des conditions matérielles d'accueil et s'est vu opposer, le 23 février 2023, une décision de refus pour le même motif. M. C demande au tribunal d'annuler cette décision du 23 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable: " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () /. La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Et selon l'article L. 573-5 du même code : " Lorsque l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat européen le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prévue à l'article L. 553-1 prend fin à la date du transfert vers cet Etat. "
3. Il résulte de ces dispositions, ainsi que de celles de la directive du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, et de la décision de la Cour de justice de l'Union Européenne du 27 septembre 2012 (C. 179/11, Cimade et Gisti contre ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration), que, lorsqu'un demandeur d'asile a été transféré vers l'État responsable de l'examen de sa demande, c'est à ce dernier de lui assurer les conditions matérielles d'accueil. En cas de retour de l'intéressé en France sans que la demande n'ait été examinée et de présentation d'une nouvelle demande, l'Office français de l'immigration et de l'intégration peut refuser le bénéfice de ces droits, sauf si les autorités en charge de cette nouvelle demande décident de l'examiner ou si, compte tenu du refus de l'État responsable d'examiner la demande précédente, il leur revient de le faire.
4. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. C a été enregistrée en " procédure normale - première demande " le 13 décembre 2022 par le préfet de l'Essonne et l'intéressé a été autorisé à saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Dès lors, les autorités françaises devant être considérées comme ayant décidé d'examiner la demande d'asile de l'intéressé, l'Office français de l'immigration et de l'intégration était tenu de rétablir à son profit les conditions matérielles d'accueil à compter de cette date.
5. Dans ces conditions, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision en date du 23 février 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".
7. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 12 juin 2023 notifiée le 6 juillet 2023, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a déclaré irrecevable la demande d'asile de M. C au motif qu'il bénéficiait d'une protection effective dans un autre État. Le recours contre cette décision par le requérant devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a été déclaré irrecevable par une ordonnance de la CNDA du 8 février 2024 notifiée le 16 février 2024. Dans ces conditions, eu égard au motif d'annulation retenu, il n'y a pas lieu d'enjoindre au directeur territorial de l'OFII de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. C ni de réexaminer sa situation personnelle.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 23 février 2023 refusant à M. C le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil est annulée.
Article 2 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à M. C la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, et au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
La présidente,
I.GOUGOT
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
1
N° 2204555
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026