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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2305011

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305011

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305011
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCOMPIN

Texte intégral

Vu :

- la décision du 24 mars 2023,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 21 mai 2023 sous le numéro 2305019, M. D a demandé l'annulation de la décision contestée du préfet de Seine-et-Marne.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 1er juin 2023, tenue en présence de Madame Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport en l'absence du requérant et du préfet de Seine-et-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant congolais né le 15 juillet 1989 à Pointe-Noire, titulaire d'une licence professionnelle de maintenance industrielle délivrée en 2017 par l'Ecole africaine des affaires à Brazzaville, est entré en France le 13 décembre 2021 muni d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Brazzaville. Il s'est inscrit pour l'année scolaire 2021 / 2022 à l'école " ESTYA University " à Paris (75001) pour y suivre des études en vue d'obtenir un brevet de technicien supérieur en services informatiques aux organisations, puis, à la rentrée 2022 à l'université de Lorraine pour suivre une formation en génie climatique et froid industriel à l'institut universitaire de technologie de Longwy (Meurthe-et-Moselle). Le 28 septembre 2022, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour étudiant en préfecture de Seine-et-Marne, puis, le 9 janvier 2023, une demande de changement de statut de vue de bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " salarié " en présentant une proposition d'embauche de la SNCF pour un emploi d'opérateur en aménagement intérieur des trains au " Technicentre Atlantique " de Châtillon (Hauts-de-Seine). Par une décision du 24 mars 2023, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande de changement de statut présentée par M. B ainsi que le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, constatant l'absence d'études. Par une requête enregistrée le 21 mai 2023, il a demandé l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail " et de l'article L. 5221-5 du même code : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2 ".

4. Il ressort des pièces du dossier que si M. B peut se prévaloir d'une proposition d'embauche de l'entreprise " SNCF Voyageurs " pour occuper un emploi d'opérateur en aménagement intérieur des trains au " Technicentre Atlantique " de Châtillon, il ne disposait pas, à la date de la décision contestée, d'une autorisation de travail délivrée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, la demande en ce sens ayant été déposée par l'entreprise le 22 mai 2023, soit près de deux mois après la décision contestée.

5. En deuxième lieu, si l'intéressé soutient qu'il serait régulièrement inscrit pour l'année universitaire 2022 / 2023 dans une université pour y poursuivre ses études et qu'il serait ainsi en droit de voir renouvelé son titre de séjour en qualité d'étudiant, il ne présente à l'appui de ce moyen qu'une unique attestation d'inscription à l'institut universitaire de technologie de Longwy (Meurthe-et-Moselle) de l'université de Nancy sans démontrer sa présence lors de ce cursus non plus d'ailleurs que lors des examens.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter tout élément permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

7. Si le requérant soutient être en France depuis 13 décembre 2021, qu'il dispose d'un contrat à durée indéterminée et qu'il projette de finir ses études sur le territoire, il est constant que l'intéressé, qui n'est entré en France qu'à l'âge de 32 ans, est célibataire et sans enfants. Par suite, c'est sans erreur manifeste d'appréciation, au regard des stipulations rappelées au point précédent, que le préfet de Seine-et-Marne, le 24 mars 2023 a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

8. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il existerait un doute sérieux sur la légalité de la décision du 24 mars 2023 et il y a lieu de rejeter sa requête dans toutes ses composantes, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,La greffière

A : M. AymardA : M. Do Novo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2305011

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