jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | COMPIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 mai 2023, M. B A, représenté par Me Compin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2023 en tant que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou tout autre titre de séjour de nature à lui permettre de travailler sur le territoire français ou, à défaut, de lui accorder le renouvellement de son titre de séjour étudiant et, en tout état de cause, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la préfecture de Seine-et-Marne la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur manifeste d'appréciation : d'une part, il doit pouvoir bénéficier d'un titre de séjour mention " salarié " dès lors qu'il remplit les conditions pour l'obtention d'un tel titre de séjour ; d'autre part, il remplit les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant ;
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Réchard a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né en 1989 à Pointe Noire
(République du Congo), qui est entré sur le territoire français le 13 décembre 2021 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour étudiant valable du 20 octobre 2021 au 20 octobre 2022, a sollicité, le 28 septembre 2022, le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant puis, le 12 janvier 2023, un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 24 mars 2023, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de changement de statut en qualité de salarié, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et, notamment, de la décision litigieuse par laquelle il a rejeté la demande de changement de statut en qualité de salarié présentée par M. A, que le préfet de Seine-et-Marne a, tout d'abord, relevé que ce dernier, qui s'est inscrit à l'Université de Lorraine pour l'année scolaire 2022-2023 en licence professionnelle spécialité " installations frigorifiques et conditionnement d'air PT Génie Climatique " et qui est entré en France sous couvert d'un visa long séjour sans avoir suivi d'études, n'a pas respecté les conditions de délivrance de son titre de séjour étudiant puis, ensuite, estimé que M. A, qui ne présentait pas de contrat de travail, ni d'autorisation de travail prévue par l'article L. 5221-2 du code du travail, ni une demande d'autorisation de travail souscrite par son employeur conformément aux dispositions de l'article R. 5221-12 du code du travail, ne remplissait pas les conditions prévues par les articles L. 421-1, L. 421-2, L. 421-4 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. D'une part, M. A soutient que son objectif est " de décrocher sa licence professionnelle " et qu'il peut effectuer sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant dès lors qu'il remplit les conditions prévues à l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas justifié du suivi de cette formation et a en revanche occupé un emploi sur la période courant du mois d'octobre 2022 au mois d'avril 2023 au sein de la SNCF. Par suite, et en tout état de cause, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne a considéré qu'il n'avait pas respecté les conditions de délivrance de son titre de séjour étudiant ni qu'il aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / () ".
5. Si M. A soutient qu'il remplit les conditions d'obtention d'un titre de séjour " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne démontre pas, en se bornant à produire les contrats de missions temporaires auprès de la SNCF qu'il a assurées entre le 1er octobre 2022 et le 30 avril 2023 et une promesse d'embauche établie par la SNCF le 23 février 2023, être titulaire d'un contrat à durée indéterminée. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que la SNCF a demandé une autorisation de travail au bénéfice du requérant, il n'est pas contesté que celle-ci n'a été déposée que le 23 mai 2023, soit postérieurement à la date de la décision en litige. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions fixées à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui permettant d'obtenir un titre de séjour portant la mention " salarié ". C'est donc sans méconnaître ces dispositions ni entacher sa décision d'erreur d'appréciation que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Si M. A soutient que les décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français portent atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et se prévaut, à cet égard, de la durée de sa présence en France depuis le 13 décembre 2021, de ce qu'" il a contracté un contrat de travail à durée indéterminée avec une grande entreprise française ", qu'" il projette de finir ses études sur le territoire " et que l' " ensemble de ses intérêts tant économiques qu'intellectuels se trouvent en France ", il est constant que M. A est entré en France le 13 décembre 2021, sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour étudiant, valable du
20 octobre 2021 au 20 octobre 2022, et qu'il est célibataire sans enfant et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine au sein duquel il a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans. Ainsi, bien que l'intéressé justifie avoir occupé un emploi entre le mois d'octobre 2022 et le mois d'avril 2023, au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, l'intéressé, qui ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées méconnaîtraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, ce moyen sera écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux en tant que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Il y a donc lieu de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026