Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305130

lundi 1 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305130
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSERHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mai 2023, M. A B, représenté par Me Serhane, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mars 2023 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de reprendre l'instruction de sa demande de naturalisation et de lui attribuer la nationalité française ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient qu'il est surpris par la décision attaquée dans la mesure où il a transmis tous les documents sollicités.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête de M. B en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 6 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n °93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- l'arrêté du 3 février 2023 pris pour l'application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l'administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité française, et notamment son article 3 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Avirvarei, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, qui a présenté une demande de naturalisation, demande l'annulation de la décision du 23 mars 2023 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation pour défaut de production des pièces exigées.

2. Aux termes de l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 dans sa rédaction résultant du décret n° 2019-1507 du 30 décembre 2019 : " L'autorité qui a reçu la demande () peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ".

3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision du 23 mars 2023, que la demande de naturalisation de M. B a été classée sans suite au motif qu'il avait transmis un nouveau casier judiciaire daté du 7 juillet 2022 rédigé uniquement en langue étrangère alors qu'il lui avait été demandé de produire son casier judiciaire original du 21 février 2021 rédigé en langue étrangère dont la traduction originale avait été fournie lors du dépôt de sa demande, et également au motif qu'il n'avait fourni aucune quittance de loyers pour les mois de mars, avril et mai 2022.

4. M. B soutient qu'il est surpris par la décision attaquée dans la mesure où il a transmis tous les documents sollicités et produit, dans la présente instance, les documents exigés, à savoir les quittances de loyer et le casier judiciaire du 21 février 2021 rédigé en langue étrangère. Toutefois, il ne démontre pas qu'il aurait bien communiqué ces différentes pièces au préfet de Seine-et-Marne, alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment des pièces produites en défense, qu'il a transmis un casier judiciaire du 7 juillet 2022 en langue étrangère et un courriel du 2 juillet 2022 de son gérant immobilier indiquant qu'étant à l'étranger, il ne pouvait pas accéder au logiciel de gestion immobilière pour lui transmettre les quittances de loyer sollicitées mais uniquement une simple attestation de paiement de loyer se trouvant dans le corps du même courriel.

5. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation en estimant qu'il n'avait pas communiqué les pièces demandées dans le délai imparti. Il s'ensuit que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2024.

La rapporteure,

A. Avirvarei

Le président,

X. PottierLa greffière,

A. Starzynski

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2309074