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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2305362

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305362

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305362
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantBOUCHOUCHA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 30 mai 2023, 1er août 2023, 16 octobre 2023 et 20 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Trugnan Battikh, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de changement de statut en qualité de salarié, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de résident longue durée-UE ou un titre de séjour mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de ce que le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît le champ d'application de la loi ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 11 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire du 21 septembre 1992 et les dispositions des articles L. 426-17 et L. 433-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 5221-2 du code du travail ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'inexactitude matérielle, dès lors que le préfet a retenu à tort qu'il exerçait son activité dans le cadre d'un contrat à durée déterminée ;

- elle est entaché d'erreur d'appréciation s'agissant, d'une part, de son salaire, le préfet n'ayant pas pris en compte la part variable de sa rémunération mensuelle liée aux résultats commerciaux, et d'autre part de la conformité de sa formation à l'emploi occupé.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Les parties sont informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré du défaut de motivation, présenté dans le mémoire enregistré le 20 décembre 2023, qui se rattache à une cause juridique distincte de celle de la requête et du mémoire complémentaire, enregistrés le 30 mai et le 1er août 2023.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 octobre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement à dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Seignat ;

- et les observations de Me Trugnan Battikh, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 13 février 1988, est entré en France le 11 septembre 2019 sous couvert d'un visa long séjour étudiant expirant au 15 août 2020. Le 17 septembre 2020, l'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " auprès de la préfecture de Seine-et-Marne. Il s'est par la suite vu délivrer une carte de séjour temporaire mention " recherche d'emploi et création d'entreprise ", valable jusqu'au 6 juin 2023. A compter du 4 juillet 2022, M. A exerçait un emploi de chargé de clientèle auprès de la société La Poste dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Le 27 février 2023, M. A sollicitait un changement de statut en vue de la délivrance d'une carte de séjour temporaire en sa qualité de salarié. Par arrêté du 12 mai 2023, le préfet de Seine-et-Marne rejetait sa demande et prononçait à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination. M. A sollicite l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 octobre 2023, ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la requête et le mémoire complémentaire présentés le 30 mai et le 1er août 2023 par M. A ne contenaient que des moyens relatifs à la légalité interne de l'arrêté attaqué. Si, dans son mémoire complémentaire enregistré le 20 décembre 2023, M. A a soulevé un moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux serait entaché d'un défaut de motivation, ce moyen, relatif à la légalité externe de l'arrêté attaqué et énoncé dans un mémoire enregistré après l'expiration du délai du recours contentieux est irrecevable. En tout état de cause, l'arrêté, qui comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux mentionne de nombreux éléments sur la situation de l'intéressé, notamment sa date de naissance et sa nationalité, les modalités de son entrée en France, les titres de séjours successifs dont il a bénéficié et sa demande de changement de statut, son parcours universitaire, ainsi que sa situation professionnelle et familiale. La seule inexactitude matérielle liée à la nature de son contrat de travail ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Le moyen doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se soit cru en situation de compétence liée. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence doit donc être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 110 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Le présent code régit, sous réserve () des conventions internationales, l'entrée, le séjour et l'éloignement des étrangers en France ainsi que l'exercice du droit d'asile. ". Aux termes de l'article 14 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire du 21 septembre 1992 : " Les points non traités par la convention en matière d'entrée et de séjour des étrangers sont régis par les législations respectives des deux États ". L'article 4 de cette même convention stipule que : " Pour un séjour de plus de trois mois : () les ressortissants ivoiriens à l'entrée sur le territoire français doivent être munis d'un visa de long séjour et des justificatifs prévus aux articles 5 à 9 ci-après, en fonction de la nature de leur installation ". Aux termes de l'article 5 de cette même convention : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent en outre, pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession : 1° D'un certificat de contrôle médical établi dans les deux mois précédant le départ et visé : - en ce qui concerne l'entrée en France, par le consulat de France compétent, après un examen subi sur le territoire de la Côte d'Ivoire devant un médecin agréé par le consulat, en accord avec les autorités ivoiriennes () / 2° D'un contrat de travail visé par l'autorité compétente dans les conditions prévues par la législation de l'État d'accueil. ". L'article 6 de la même convention stipule que : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle industrielle, commerciale ou artisanale doivent être munis du visa de long séjour prévu à l'article 4 après avoir été autorisés à exercer cette activité par les autorités compétentes de l'État d'accueil. ". Enfin, l'article 10 stipule que : " Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les ressortissants ivoiriens doivent posséder un titre de séjour. () Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l'État d'accueil. ".

7. Il ressort des stipulations précitées que les ressortissants ivoiriens souhaitant exercer une activité salariée en France doivent solliciter un titre de séjour en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en examinant sa demande de titre de séjour sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Seine-et-Marne aurait méconnu le champ d'application de la loi.

8. En cinquième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance de l'article 11 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire du 21 septembre 1992 et des articles L. 426-17 et L. 433-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions et que le préfet n'avait pas à examiner d'office son droit au séjour à ce titre.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié" d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article R. 5221-2 du code du travail : " Sont dispensés de l'autorisation de travail prévue à l'article R. 5221-1 : () 13° Le titulaire de la carte de séjour temporaire " recherche d'emploi ou création d'entreprise " délivrée en application des articles L. 422-10 et L. 422-14 du même code () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que, lors de sa demande de changement de statut le 27 février 2023, M. A était titulaire d'une carte de séjour temporaire " recherche d'emploi ou création d'entreprise ". En application des dispositions citées au point précédent, M. A était donc dispensé de l'obligation de produire une autorisation de travail à l'appui de sa demande de titre de séjour et le préfet ne pouvait légalement fonder son refus sur ce motif. Toutefois, il ressort des termes même de la décision attaquée que, pour refuser de faire droit à sa demande de changement de statut en qualité de salarié, le préfet de Seine-et-Marne s'est également fondé sur l'inadéquation entre la formation et l'emploi de M. A ainsi que sur sa rémunération, inférieure à une fois et demie le montant de la rémunération mensuelle prévu par l'article D. 5221-21-1 du code du travail. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ces deux seuls motifs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 5221-2 du code du travail doit être écarté.

11. En septième lieu, si M. A soutient que le préfet n'a pas sollicité la production complémentaire de l'autorisation de travail en méconnaissance de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, il résulte de ce qui précède que l'intéressé était dispensé de l'obligation de produire ladite autorisation à l'appui de sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

12. En huitième lieu, M. A soutient que le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur matérielle en retenant qu'il exerçait un emploi dans le cadre d'un contrat à durée déterminée, alors qu'il a été embauché à compter du 4 juillet 2022 dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Toutefois, tel qu'il a été dit au point 10, pour refuser de faire droit à sa demande de changement de statut en qualité de salarié, le préfet de Seine-et-Marne s'est également fondé sur l'inadéquation entre la formation et l'emploi ainsi que sur le niveau de rémunération. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ces deux seuls motifs. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle doit être écarté.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 422-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " est délivrée en application du 1° de l'article L. 422-10, son titulaire est autorisé, pendant la durée de validité de cette carte, à chercher et à exercer un emploi en relation avec sa formation ou ses recherches, assorti d'une rémunération supérieure à un seuil fixé par décret et modulé, le cas échéant, selon le niveau de diplôme concerné. / A l'issue de cette période d'un an, l'intéressé pourvu d'un emploi ou d'une promesse d'embauche satisfaisant aux conditions énoncées au 1° de l'article L. 422-10 se voit délivrer la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " prévue aux articles L. 421-1 ou L. 421-3, ou la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent ", " passeport talent-carte bleue européenne " ou " passeport talent-chercheur " prévue aux articles L. 421-9, L. 421-11, L. 421-14 ou L. 421-20, sans que lui soit opposable la situation de l'emploi. ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. ". Aux termes de l'article L. 421-4 du même code : " Conformément à l'article L. 414-13, lorsque la demande de l'étranger concerne un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement, les cartes de séjour prévues aux articles L. 421-1 et L. 421-3 lui sont délivrées sans que lui soit opposable la situation de l'emploi. / Il en va de même de l'étudiant étranger qui, ayant obtenu un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national, souhaite exercer un emploi salarié et présente un contrat de travail, à durée indéterminée ou à durée déterminée, en relation avec sa formation et assorti d'une rémunération supérieure à un seuil déterminé par décret et modulé, le cas échéant, selon le niveau de diplôme concerné. ". Enfin, aux termes de l'article L. 433-6 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sur un autre fondement que celui au titre duquel lui a été délivré la carte de séjour ou le visa de long séjour mentionné au 2° de l'article L. 411-1, se voit délivrer le titre demandé lorsque les conditions de délivrance, correspondant au motif de séjour invoqué, sont remplies, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

14. Aux termes l'article D. 5221-21-1 du code du travail : " Le seuil de rémunération mentionné () à l'article L. 422-11 et au second alinéa de l'article L. 421 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est fixé à une fois et demie le montant de la rémunération minimale mensuelle ". Aux termes de l'article L. 3232-3 du même code : " La rémunération mensuelle minimale est égale au produit du montant du salaire minimum de croissance tel qu'il est fixé en application des articles L. 3231-2 à L. 3231-12, par le nombre d'heures correspondant à la durée légale hebdomadaire pour le mois considéré ".

15. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le contrat de travail de M. A fixe sa rémunération à 1 853,20 euros bruts mensuels. En tenant compte de la part variable de sa rémunération pour la période allant de janvier à mai 2023, son salaire brut mensuel fluctuait entre 2 216,76 euros bruts et 2 617,34 euros, montants qui demeurent inférieurs au seuil fixé par les dispositions précitées du code du travail, qui s'élevait, au 1er mai 2023, à 2 620,80 euros bruts mensuels. Par suite, en estimant que la rémunération de l'intéressé était inférieure au seuil fixé par l'article D. 5221-21-1 du code du travail, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.

16. D'autre part, s'il ressort des pièces du dossier que M. A est titulaire d'un Master de Sciences humaines et sociales, mention sociologie, parcours " conseil et intervention dans le travail des entreprises ", ce dernier exerce, au sein de la société La Poste, un emploi de chargé de clientèle, accessible sans conditions de diplôme et ayant pour objet l'accueil et l'orientation des clients. Par suite, en estimant que cet emploi n'était pas en relation avec la formation de M. A, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

17. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. "

20. M. A, qui se borne à invoquer son intégration sociale et professionnelle, ne se prévaut d'aucune circonstance justifiant que lui soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, ne peut, dès lors, qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

21. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Iffli, conseillère,

Mme Seignat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

D. SEIGNAT

Le président,

S. DEWAILLYLa greffière,

L. SUEUR

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour exécution conforme,

La greffière,

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