vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2023, Mme D C, représentée par Me Sarhane, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 5 mai 2023 par laquelle la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants Simone Veil de Provins a décidé de l'exclure de sa formation d'infirmière pour une durée d'un an à compter du 5 mai 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants Simone Veil de Provins le versement à Me Sarhane de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le conseil de discipline était irrégulièrement composé et s'est irrégulièrement tenu au regard des dispositions des articles 24 et 25 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux dès lors qu'il n'est ni établi que les personnes ayant siégé avaient qualité pour le faire et que les conditions de quorum étaient réunies ;
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au motif que le principe du contradictoire n'a pas été respecté dès lors que, d'une part, le dossier qui lui a été communiqué avant la réunion du conseil de discipline ne comportait pas tous les éléments et qu'a été prise en compte sa fiche étudiante non communiquée et mentionnant qu'elle aurait plagié un rapport et que, d'autre part, les attestations et témoignages qu'elle entendait produire ont été écartés ;
- en méconnaissance des dispositions de l'article 29 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux, la décision attaquée n'est pas motivée ;
- la sanction qui a été prononcée présente un caractère disproportionné et la décision attaquée est donc entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2023, l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants Simone Veil du centre hospitalier Léon Binet, représenté par la SELARL BLT Droit Public, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une lettre du 28 juin 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 28 juillet 2023.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 30 août 2023.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 30 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts paramédicaux modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mullié,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Meité, substituant Me Sarhane, représentant Mme C, et de Me Issartel, représentant le centre hospitalier Léon Binet.
Une note en délibéré présentée pour Mme C, représentée par Me Sarhane, a été enregistrée le 8 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C est élève infirmière à l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants Simone Veil du centre hospitalier Léon Binet. A la suite d'une altercation qui a eu lieu entre elle et une élève le 31 mars 2023, le conseil de discipline a décidé de l'exclure de la formation pour un an à compter du 5 mai 2023. Elle demande l'annulation de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a admis la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2023. Il n'y a, ainsi, plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007 modifié : " Avant toute présentation devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires, l'étudiant est reçu en entretien par le directeur à sa demande, ou à la demande du directeur, d'un membre de l'équipe pédagogique ou d'encadrement en stage. / L'entretien se déroule en présence de l'étudiant qui peut se faire assister d'une personne de son choix et de tout autre professionnel que le directeur juge utile. / Au terme de cet entretien, le directeur détermine l'opportunité d'une présentation devant la section compétente pour les situations disciplinaires. / Lorsqu'il est jugé de l'opportunité d'une présentation devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires, le directeur de l'institut de formation saisit la section par une lettre adressée à ses membres, ainsi qu'à l'étudiant, précisant les motivations de présentation de l'étudiant. / Ce document mentionne le nom, l'adresse et la qualité de la personne faisant l'objet des poursuites ainsi que les faits qui leur sont reprochés. Il est accompagné de toutes pièces justificatives. / L'étudiant reçoit communication de son dossier à la date de saisine de la section ".
5. La requérante soutient que le principe du contradictoire n'a pas été respecté dès lors que la convocation qui lui a été adressée et le dossier qui lui a été communiqué en vue du conseil de discipline ne permettaient pas de savoir précisément sur quels éléments elle serait entendue. Il ressort des pièces du dossier que la convocation du 11 avril 2023 adressée à Mme C, après avoir rappelé les dispositions communes relatives au comportement général du stagiaire qui " ne doit pas être de nature à porter atteinte au bon fonctionnement de l'institut de formation, à créer une perturbation dans le déroulement des activités d'enseignement ni à porter atteinte à la santé, à l'hygiène et à la sécurité des personnes et des biens " et qui " doit être conforme aux règles communément admises en matière de respect d'autrui et de civilité ", informe l'intéressée qu'elle est convoquée pour " comportement non conforme aux règles communément admises en matière de respect d'autrui et de civilité ainsi qu'aux lois et règlements en vigueur " sans plus de précision. Si cette mention peut se rapporter à l'incident survenu le 31 mars 2023 entre Mme C et Mme A B, élève infirmière en première année comme elle, au cours duquel des insultes et des coups ont été échangés de part et d'autre, il ressort également du compte-rendu de la section disciplinaire produit en défense que d'autres éléments ont également été reprochés à la requérante comme le fait d'être entrée dans la salle de classe sans s'être essuyée les pieds, le fait de s'être vantée d'avoir pris en charge un nombre de patients plus important que la réalité, un certain nombre d'absences injustifiées, des compétences non validées ou encore un plagiat de l'analyse UE 2.10. Si l'IFSI fait valoir en défense que les seuls faits qui lui sont reprochés sont de s'être battue avec Mme B, quelle que soit la cause de cette bagarre, il ressort, toutefois, du compte-rendu de la section disciplinaire du 4 mai 2023 et, plus précisément, des motivations de la décision prise, qu'ont été également reprochés à la requérante, l'entrée dans la salle de cours sans s'être essuyée les pieds, le plagiat, ses résultats théoriques insuffisants (6 UE non validées sur 12) et, de manière plus globale, une attitude inadaptée pendant les cours et en stage, tous éléments qui n'apparaissaient pas clairement dans sa convocation. Par suite, le moyen doit être accueilli.
6. En second lieu, aux termes de l'article 28 de l'arrêté du 21 avril 2007 modifié : " A l'issue des débats, la section peut décider d'une des sanctions suivantes : - avertissement, - blâme, - exclusion temporaire de l'étudiant de l'institut pour une durée maximale d'un an, - exclusion de l'étudiant de la formation pour une durée maximale de cinq ans ".
7. D'une part, si Mme C ne conteste pas la matérialité des faits que l'Institut des Soins Infirmiers soutient comme étant les seuls qui peuvent lui être reprochés, à savoir l'altercation avec son autre camarade, il ressort des pièces du dossier et, en particulier, du témoignage de l'autre élève que, ainsi que le fait valoir la requérante, elle n'a pas été la première à porter les coups. D'autre part, quand bien même la requérante n'a pas immédiatement présenté ses excuses, il ressort des pièces du dossier que les excuses, qui ont été présentées à l'ensemble des élèves, paraissent sincères et l'ont été avant le conseil de discipline. Ainsi, et s'il est vrai qu'il appartient à une élève infirmière d'agir avec sang-froid et de ne jamais se battre avec qui que ce soit, le moyen tiré de ce que la sanction qui a été prise à l'encontre de Mme C est disproportionnée doit être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2023 par laquelle la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants Simone Veil de Provins a décidé de l'exclure de sa formation d'infirmière pour une durée d'un an à compter du 5 mai 2023.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le centre hospitalier Léon Binet au titre des frais liés à l'instance. En revanche, il y a lieu, sous réserve que Me Sarhane, avocate de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'IFSI-IFAS du centre hospitalier Léon Binet le versement à Me Sarhane de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 5 mai 2023 est annulée.
Article 3 : L'IFSI-IFAS Simone Veil du centre hospitalier Léon Binet versera au conseil de Mme C la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Les conclusions du centre hospitalier Léon Binet présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, au centre hospitalier Léon Binet, à l'Institut de formation en soins infirmiers Simone Veil et à Me Sarhane.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La présidente rapporteure,
N. MULLIEL'assesseure la plus ancienne,
T. BLANC
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026