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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2305551

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305551

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305551
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCP CARLINI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 et 12 juin 2023 et 4 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Vicente, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 20 avril 2023 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a implicitement rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 4 janvier 2023 portant retrait de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " qui lui avait été initialement accordée ;

2°) d'enjoindre à la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat de lui verser la subvention " MaPrimeRénov " qui lui avait été initialement accordée ;

3°) de mettre à la charge de la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et une erreur de fait tirées de la méconnaissance des dispositions du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2024, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle soutient que la prime à laquelle la requérante est éligible lui a été versée par décision du 16 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ;

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- et les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a déposé un dossier de demande de subvention auprès de l'Agence nationale de l'habitat afin de réaliser des travaux pour remplacer ses fenêtres et l'Agence nationale de l'habitat lui a accordé une prime dont le montant est estimé à 800 euros. Puis, par une décision du 4 janvier 2023, l'Agence nationale de l'habitat lui a notifié le retrait de sa subvention. Mme A a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision le 20 février 2023, reçu le jour même, implicitement rejeté par une décision du 20 avril 2023 de la directrice de l'Agence nationale de l'habitat. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision du 20 avril 2023.

Sur l'exception de non-lieu opposées par l'Agence nationale de l'habitat en défense :

2. D'une part, l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 prévoit la création d'" une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. Par dérogation, jusqu'au 31 décembre 2022, elle peut être distribuée sans condition de ressources, selon la nature des travaux et dépenses financés ". Cet article précise notamment que " Les caractéristiques et conditions d'octroi de cette prime ne peuvent être moins favorables pour le bénéficiaire que celles régissant le crédit d'impôt prévu à l'article 200 quater du code général des impôts dans sa rédaction résultant de la présente loi. Elles sont définies par décret ". Aux termes de l'article 1 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime à la transition énergétique expose, dans sa version applicable au litige " I.- La prime de transition énergétique prévue au II de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 susvisée peut être attribuée aux personnes physiques propriétaires ou titulaires d'un droit réel immobilier conférant l'usage d'un logement pour financer les dépenses en faveur de la rénovation énergétique du logement qu'ils occupent eux-mêmes dans les conditions suivantes : /1° le logement est occupé à titre de résidence principale par le ou les propriétaires ou titulaires de droit réel immobilier dans un délai maximum d'un an suivant la date de demande du solde de la prime ; / 2° le logement ou l'immeuble concerné est achevé depuis au moins quinze ans à la date de notification de la décision d'octroi de la prime () ". L'article 2 du même décret, dans sa version applicable au litige, dispose que : " I.- Les dépenses éligibles à la prime de transition énergétique au titre de travaux et prestations figurent à l'annexe 1 du présent décret et peuvent être réalisées dans un immeuble bâti individuel ou collectif. () ". Aux termes de l'article 3 du décret précité, dans sa version applicable au litige : " I.- Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur. Les ménages relèvent de l'une des catégories de ressources suivantes, dans des conditions définies par arrêté : / 1° les ménages dont les ressources sont inférieures ou égales aux plafonds de ressources dits " très modestes " ; / 2° les ménages dont les ressources sont supérieures aux plafonds de ressources dits " très modestes " et inférieures ou égales aux plafonds de ressources dits " modestes " ; / 3° les ménages dont les ressources sont supérieures aux plafonds de ressources dits " modestes " et inférieures ou égales aux plafonds de ressources dits " intermédiaires " ; / 4° les ménages dont les ressources sont supérieures aux plafonds de ressources dits " intermédiaires " () ". De plus, aux termes de l'annexe 1 du décret du 14 janvier 2020 précité relative aux dépenses éligibles à la prime de transition énergétique : " Les dépenses suivantes, lorsqu'elles satisfont les critères techniques fixés par l'arrêté mentionné à l'article 2 du présent décret, sont éligibles à la prime : () 9. Isolation thermique des parois vitrées, à la condition que les matériaux installés viennent en remplacement de parois en simple vitrage () ". Enfin, l'annexe 1 de l'arrêté du 24 mai 2013 relatif aux plafonds de ressources applicables à certains bénéficiaires des subventions de l'Agence nationale de l'habitat prévoit qu'en Ile-de-France, le plafond de ressources " très modestes " pour une seule personne composant le ménage s'élève à 22 461 euros et 32 967 pour deux personnes composant le ménage.

3. D'une part, il résulte de l'annexe 1 du décret du 14 janvier 2020 et de l'arrêté du 14 janvier 2020 précités qu'en ce qui concerne l'isolation thermique des parois vitrées, les ménages relevant de la catégorie de ressources " très modestes " peuvent prétendre à un forfait de 100 euros par équipement. Il ressort des pièces du dossier que Mme A appartient à cette catégorie de ménage et a procédé au remplacement de sept fenêtres de son habitation. Par conséquent, la requérante était éligible à une prime d'un montant de 700 euros. D'autre part, postérieurement à l'introduction de la requête, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a décidé de verser à Mme A la prime de transition énergétique d'un montant de 700 euros qu'elle sollicitait. La requérante ne conteste pas avoir reçu le versement de cette prime. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 avril 2023 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision rejetant sa demande d'octroi de la subvention " MaPrimeRénov' " sont devenues sans objet en cours d'instance. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais d'instance :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat, partie perdante, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 avril 2023 de la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat.

Article 2 : L'Agence nationale de l'habitat versera à Mme A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

Mme Dutour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

H. KELI

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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