mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023 sous le n° 2305562, Mme D C, demeurant 100, rue Victor Hugo à Vitry-sur-Seine (94200), représentée par Me Sarhane, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision en date du 5 mai 2023, par laquelle la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants (IFSI-IFAS) Simone Veil l'a exclue temporairement de l'Institut pour une durée d'un an à compter du 5 mai 2023 ;
3°) d'enjoindre à la directrice de l'IFSI-IFAS Simone Veil de procéder à sa réintégration à l'IFSI-IFAS Simone Veil à compter de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'IFSI-IFAS Simone Veil le reversement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme C soutient que :
- la présente requête en référé suspension est recevable compte tenu de l'existence d'une requête au fond à fin d'annulation de la décision contestée ;
- la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la décision en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation puisqu'elle l'empêche de poursuivre sa d'effectuer son stage à l'effet de valider sa première année ; elle n'a aucune alternative et reste oisive ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée compte tenu dès lors que, en premier lieu, elle n'a pas eu communication de pièces essentielles à sa défense et a, ainsi, été privée d'une garantie, en violation de l'article 21de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux, son dossier joint au courrier de convocation, en vue de la réunion du conseil de discipline devant se tenir le 4 mai 2023, ne comportait qu'un rapport expéditif rappelant sommairement les faits reprochés ; en deuxième lieu, la décision en litige ne comporte aucune motivation en violation de l'article 29 de l''arrêté du 21 avril 2007 ; en troisième lieu, la décision contestée revêt un caractère disproportionné ; de plus, elle dénature les faits en lui imputant l'entière responsabilité des faits qui lui sont reprochés, à savoir la bagarre survenue le 31 mars 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, l'IFSI-IFAS Simone Veil, représenté par Me Bonnet, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme C de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article l. 761-1 du code de justice administrative en faisant valoir que :
- Mme C ne démontre pas l'existence d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative dès lors que, d'une part, la mesure d'exclusion temporaire d'un an et non définitive ne lui a causé aucun préjudice suffisamment grave, que d'autre part, la requérante cumule 34,5 heures d'absences pour le semestre n° 1 et qu'enfin, elle pourrait parfaitement s'inscrire dans un autre institut ; elle n'a donc pas perdu une chance d'obtenir sa 1ère année ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que, d'une part, le vice de procédure allégué n'est pas fondé ; en effet, il n'existe aucune obligation légale, réglementaire ou jurisprudentielle concernant le formalisme ou le contenu du rapport communiqué à Mme C ; de plus, toutes les pièces lui ont été communiquées et ont été lues en séance ; d'autre part, la décision d'exclusion temporaire d'un an est suffisamment motivée en droit comme en fait ; en outre, compte tenu de la faute reprochée à la requérante, la sanction n'est pas disproportionnée ni entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; enfin, l'allégation selon laquelle le conseil de discipline n'aurait pas fait preuve d'impartialité est infondée dès lors que les attestations produites par la requérante sont factuellement fausses, aucun des membres du conseil n'ayant voté pour un blâme.
Vu :
- la sanction disciplinaire litigieuse du 5 mai 2023 ;
- la requête à fin d'annulation de cette décision enregistrée sous le n° 2305530 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la code de la santé publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de cette loi ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 modifié par l'arrêté du 17 avril 2018 et celui du 10 juin 2021 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 19 juin 2023 en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, M. Freydefont a lu son rapport et entendu :
* les observations de Me Meïte, substituant Me Sarhane, représentant Mme C, requérante présente, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, que :
- c'est Mme A B, élève infirmière en première année comme elle, qui l'a le 31 mars 2023 insultée en premier en la traitant de " conne ", ce à quoi elle a répliqué de la même manière ; Mme B l'a alors agressée physiquement en lui assénant une paire de gifles qui a dégénéré en bagarre ; en clair, Mme C a été victime des agissements de Mme B et c'est pourtant elle qui est exclue et non l'agresseur à l'origine de ce déplorable incident ;
- l'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la décision d'exclusion temporaire d'un an porte une atteinte grave et immédiate à sa situation puisqu'elle l'empêche de poursuivre son stage et de valider sa première année ; l'arrêt du Conseil d'Etat du 23 juin 2004 n° 261622 cité en défense n'est pas pertinent car depuis cet arrêt, la sanction d'exclusion définitive a été supprimée de la liste des sanctions de l'article 28 de l'arrêté de 2007 modifié par arrêté du 17 avril 2018 ; depuis son exclusion, Pôle a mis fin au financement de sa formation et la région Ile-de-France a interrompu le versement de sa bourse au motif de l'abandon de sa formation le 5 mai 2023 ; de plus, elle ne peut financer elle-même son stage ; enfin, contrairement à ce qui est soutenu en défense, elle ne peut non plus s'inscrire dans un autre IFSI car l'article 90 de l'arrêté de 2007 s'y oppose ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la sanction litigieuse dès lors que le motif de sa convocation devant le conseil de discipline relatif à un comportement inapproprié de nature à porte atteinte au bon fonctionnement de l'institut est trop flou ; de plus, on lui a également reproché aussi un plagiat alors que ce point n'était pas à l'ordre du jour de la convocation ; la sanction est également entachée d'erreur d'appréciation dans la mesure où c'est elle, la victime des agressions verbales et physiques de Mme B, qui est sanctionnée et pas Mme B, au motif qu'elle a tardé à s'excuser ;
* les observations de Me Denizot, substituant Me Bonnet, représentant l'IFSI-IFAS Simone Veil, défendeur, qui reprend les conclusions de son mémoire en défense par les mêmes moyens en faisant valoir, en outre, que :
- l'urgence n'est pas caractérisée car Mme C n'était de toutes façons pas sûre de valider son semestre ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la sanction en cause dès lors que les seuls faits qui lui sont reprochés sont de s'être battue avec Mme B, quelle que soit la cause de cette bagarre ; par suite, la décision n'est ni entachée de vices de procédures tirés de l'insuffisante précision de la convocation, ni entachée d'erreur d'appréciation, les faits reprochés à Mme C justifiant une exclusion d'un an.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11 heures 10.
Connaissance prise de la pièce complémentaire, produite par Mme C après la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que, par décision du 5 mai 2023, la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants (IFSI-IFAS) Simone Veil a prononcé à l'encontre de Mme D C, née le 3 septembre 2000, la sanction administrative d'exclusion temporaire de l'institut pour une durée d'un an à compter du 5 mai 2023. Par la présente requête, Mme C demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette sanction administrative.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 62 du décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est demandée sans forme au président du bureau ou de la section ou au président de la juridiction saisie () / L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin de suspension présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
S'agissant de la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
5. Au cas d'espèce, il résulte de l'instruction que la sanction d'exclusion temporaire d'un an infligée à Mme C préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation puisqu'elle l'empêche de poursuivre son stage et de valider sa première année ; en effet, les éléments produits par le conseil de la requérante démontre que depuis l'intervention de cette sanction, Pôle a mis fin au financement de sa formation et la région Ile-de-France a également interrompu le versement de sa bourse au motif de l'abandon de sa formation le 5 mai 2023 ; la requérante se retrouve donc dans l'impossibilité de poursuivre sa formation qui n'est plus financée.
S'agissant du doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée de refus de titre :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
6. Aux termes de l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007 modifié : " Avant toute présentation devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires, l'étudiant est reçu en entretien par le directeur à sa demande, ou à la demande du directeur, d'un membre de l'équipe pédagogique ou d'encadrement en stage. / L'entretien se déroule en présence de l'étudiant qui peut se faire assister d'une personne de son choix et de tout autre professionnel que le directeur juge utile. / Au terme de cet entretien, le directeur détermine l'opportunité d'une présentation devant la section compétente pour les situations disciplinaires. / Lorsqu'il est jugé de l'opportunité d'une présentation devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires, le directeur de l'institut de formation saisit la section par une lettre adressée à ses membres, ainsi qu'à l'étudiant, précisant les motivations de présentation de l'étudiant. ".
7. Il résulte de l'instruction que la convocation du 11 avril 2023 adressée à Mme C, après avoir rappelé les dispositions communes relatives au comportement général du stagiaire qui " ne doit pas être de nature à porter atteinte au bon fonctionnement de l'institut de formation, à créer une perturbation dans le déroulement des activités d'enseignement ni à porter atteinte à la santé, à l'hygiène et à la sécurité des personnes et des biens " et qui " doit être conforme aux règles communément admise en matière de respect d'autrui et de civilité ", informe l'intéressée qu'elle est convoquée pour " comportement non conforme aux règles communément admises en matière de respect d'autrui et de civilité ainsi qu'aux lois et règlements en vigueur " sans plus de précision.
8. Si cette mention peut se rapporter à l'incident survenu le 31 mars 2023 entre Mme C et Mme A B, élève infirmière en première année comme elle, au cours duquel des insultes et des coups ont été échangés de part et d'autre, sans pouvoir déterminer à ce stade de l'instruction qui de Mme C ou de Mme B en est à l'origine, il ressort également du compte-rendu de la section disciplinaire produit en défense, dont rien ne permet à ce stade de dire qu'il s'agirait d'un faux, que d'autres éléments ont également été reprochés à la requérante comme le caractère tardif de ses excuses, un certain nombre d'absences injustifiées, des compétences non validées ou encore un plagiat de l'analyse UE 2.10. Si l'avocat de l'IFSI fait valoir en défense que les seuls faits qui lui sont reprochés sont de s'être battue avec Mme B, quelle que soit la cause de cette bagarre, il ressort pourtant du compte-rendu de la section disciplinaire du 4 avril 2023, et plus précisément des motivations de la décision prise, qu'ont été également reprochés à la requérante le plagiat et ses résultats théoriques insuffisants (6 UE non validées sur 12), tous éléments qui n'apparaissaient pas dans sa convocation.
9. Par suite, c'est à bon droit que Mme C soutient que la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure tiré de l'insuffisante précision de sa convocation du 11 avril 2023, en violation de l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007 précité, qui ne lui a pas permis d'assurer correctement sa défense lors de la séance du conseil de discipline du 4 avril 2023. Ce vice de procédure, qui ne peut être danthonisé, est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la sanction attaquée.
10. Les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant satisfaites, il convient donc de suspendre sur le fondement de ces dispositions l'exécution de la sanction disciplinaire imposée à Mme C par l'IFSI-IFAS Simone Veil.
Sur les conclusions accessoires :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. " ; aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Compte tenu du caractère provisoire des mesures du juge des référés, et aussi du moyen retenu, seul à pouvoir prospérer, la suspension de l'exécution de la décision litigieuse prononcée au point précédent implique seulement qu'il soit enjoint à l'IFSI-IFAS Simone Veil de procéder au réexamen de la situation de la requérante dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en mettant à la charge de l'IFSI-IFAS Simone Veil le reversement au conseil de la requérante de la somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle et que Mme C soit définitivement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la sanction d'exclusion temporaire d'un an infligée à Mme C est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à l'IFSI-IFAS Simone Veil de procéder au réexamen de la situation de la requérante dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : l'IFSI-IFAS Simone Veil versera au conseil du requérant la somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle et que Mme C soit définitivement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Me Sarhane et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie dématérialisée en sera adressée à l'institut de formation en soins infirmiers et d'aides-soignants (IFSI-IFAS) Simone Veil Office français.
Fait à Melun, le 20 juin 2023.
Le juge des référés,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : M. Do Novo
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2305562
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026