jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VICTOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juin 2023, M. B A, représenté par Me Victor, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire, et jusqu'à qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 17 mars 2023 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (Office français de l'immigration et de l'intégration) une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité érythréenne, il a déposé une demande d'asile en préfecture du Val-de-Marne le 14 février 2023 et que, par une décision du 17 mars 2023, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile lui a été refusé.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il n'a aucune ressource, depuis
avril 2023, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause a été prise par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle est entachée d'une erreur de droit car un retour en France après un transfert ne permet pas de motiver un refus des conditions matérielles d'accueil et encore une cessation de celles-ci et qu'elle a été prise sans qu'il ait été procédé à une évaluation de sa vulnérabilité.
La requête a été communiquée le 6 juin 2023 au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui n'a produit aucun mémoire en défense.
Vu
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret
n° 91-266 du 19 décembre 1991 modifié pris pour son application ;
- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal du 9 mai 2023 (requête n° 2304403) ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 3 mai 2023 sous le numéro 2304405, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 21 juin 2023, tenue en présence de
Madame Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de
Me Hubert, représentant M. A, requérant, présent, qui rappelle que la condition d'urgence est satisfaite car il n'a plus de ressources, qu'il a bénéficié d'une attestation de demande d'asile en procédure normale, qu'il devait être transféré en Allemagne mais que ce pays a refusé, qu'il a alors été transféré en Espagne, qu'un retour après transfert ne suffit pas à motiver un refus des conditions matérielles d'accueil et qu'il a été convoqué par l'Office le même jour qu'une convocation en préfecture
Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté le
21 juin 2023 une note en délibéré.
Considérant ce qui suit :
1 M. B A, se disant ressortissant érythréen né le 1er octobre 1997 à Nafka (Région de Semien-Keih-Bahri), s'est présenté au guichet unique de la préfecture de Loire-Atlantique le 27 juillet 2022. Sa demande d'asile a été placée en procédure " Dublin ", la consultation du fichier " Eurodac " ayant révélé qu'il avait déposé une demande d'asile en Espagne le 23 mars 2022. Le préfet de Maine-et-Loire a sollicité, le 3 août 2022, sa reprise en charge par les autorités espagnoles, qui ont fait connaître leur accord explicite le 8 août 2022. Par un arrêté attaqué du 5 septembre 2022, dont la légalité a été confirmée par la magistrat désignée par le président du tribunal administratif de Nantes par un jugement du 28 septembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire a décidé le transfert de M. A aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Il a donc bénéficié des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile jusqu'à son transfert en Espagne intervenu le 4 janvier 2023. Il est revenu en France et s'est présenté à nouveau au guichet unique, cette fois de la préfecture du Val-de-Marne, le 14 février 2023. Sa demande a de nouveau été placée en procédure " Dublin ". Il a demandé à bénéficier à nouveau des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile mais, par une décision du 17 mars 2023, la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de faire droit à sa demande. Par sa requête enregistrée le 3 mai 2023, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par sa requête enregistrée le 5 juin 2023, la suspension de son exécution. Une précédente demande sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative avait été rejetée par le juge des référés du présent tribunal le 9 mai 2023.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2 Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3 Aux termes de l'article 61 du décret du 20 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative
4 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
5 Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence doit s'apprécier, à la date de l'ordonnance, objectivement et globalement, et tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.
6 Lorsqu'un demandeur d'asile a été transféré vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande, c'est à ce dernier de lui assurer les conditions matérielles d'accueil. En cas de retour de l'intéressé en France sans que la demande n'ait été examinée et de présentation d'une nouvelle demande, l'Office français de l'immigration et de l'intégration peut refuser le bénéfice de ces droits, sauf si les autorités en charge de cette nouvelle demande décident de l'examiner ou si, compte tenu du refus de l'Etat responsable d'examiner la demande précédente, il leur revient de le faire.
7 Il est constant que l'intéressé a fait l'objet d'un transfert en Espagne, pays responsable de sa demande d'asile, le 4 janvier 2023. Il s'est présenté en préfecture du Val-de-Marne le
14 février 2023 pour déposer à nouveau une demande d'asile en France, qui a enregistré sa demande d'asile en procédure " Dublin ". Il ne serait donc resté, selon ses propres dires, que quelques semaines en Espagne. Il n'est ainsi pas en mesure d'établir, et ne soutient même pas, qu'il ne lui a pas été possible de saisir l'Office de l'Asile et des Réfugiés (Officina de Asilo y Refugio) ou l'Office des Etrangers (Officina de Extranjeros) du gouvernement espagnol, d'entrer en contact avec les organisations non gouvernementales en charge de l'aide aux demandeurs d'asile, et, a fortiori, que les autorités espagnoles auraient refusé d'examiner sa demande et de lui faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile et qu'il ne lui aurait pas été possible de saisir les instances juridictionnelles compétentes en cas de refus de leur part.
8 Dans ces conditions, la situation d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie dès lors qu'elle résulte de son propre comportement consistant à ne pas avoir essayé d'entreprendre les démarches nécessaires pour faire examiner sa demande d'asile en Espagne, pays signataire de la convention de Genève depuis 1978.
9 Dans ces conditions, sa requête ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2305586
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026