mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GERPHAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juin 2023, complétée le 16 juin2023, M. Éric Le Deuc, en son nom propre et au nom de l'association " ASFT TT - Les Eperviers Trésifontains ", représenté par Me Tardy, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 30 janvier 2023 par laquelle le maire de la commune de Fontenay-Trésigny lui a interdit de pénétrer au sein de toute enceinte sportive ou associative sur le territoire de la commune ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-Trésigny la somme de 5.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique qu'il est le président de l'association " ASFT TT " qui a pour objet la pratique et la promotion du tennis de table en compétition et en loisir, que l'association compte 117 adhérents et qu'il entraîne à titre bénévole depuis neuf ans, que l'association bénéficie de créneaux au sein des établissements sportifs de la commune qu'il partage avec d'autres associations, qu'en 2021, des problèmes de communication sont survenus entre elles et avec la commune, qu'il a appris le 19 décembre 2022 que les créneaux sollicités ne lui étaient pas attribués, qu'une réunion a été organisée avec la commune en janvier 2023 qui n'a pas permis de lever les incompréhensions, ce qui entraîné un quiproquo le 20 janvier 2023 aux termes duquel il a fait l'objet d'une interdiction de se présenter sur l'ensemble des enceintes sportives de la commune au motif de propos injurieux qu'il aurait tenus à l'encontre d'une adjointe au maire.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car la mesure contestée ne lui permet plus d'entraîner les adhérents du club dont il est le président ni organiser les évènements au profit du club, et affecte gravement sa santé mentale car le tennis de table contribue à son équilibre qui lui permet d'accompagner son enfant lourdement handicapée, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause n'est pas motivée, qu'elle est entachée d'erreurs de fait, et qu'elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et de venir ainsi qu'à la présomption d'innocence, et révèle un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2023, la commune de Fontenay-Trésigny, représentée par Me Gerphagnon, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B d'une somme de 1.500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition de l'urgence n'est pas satisfaite et que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 5 juin 2023 sous le numéro 2305598, M. B a demandé l'annulation de la décision contestée du maire de la commune de Fontenay-Trésigny.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 21 juin 2023, tenue en présence de Madame Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Tardy, représentant M. B, requérant, présent, qui rappelle qu'il est le président d'une association de tennis de table, que la décision a été rendue pour lui-même et en sa qualité de président de son association, qu'il a eu la volonté de régler cette question à l'amiable mais qu'il n'a jamais eu de réponse, que la décision met en péril l'association car il doit pouvoir continuer à encadrer les adhérents, que la tennis de table est un moyen pour lui pour pallier à ses problèmes psychologiques liés au handicap de sa fille, qui maintient que la décision est entachée d'un défaut de motivation, qu'il avait demandé quatre dates pour les compétitions et qu'il était apparu que le vendredi soit posait un problème à l'association de basket, que la décision est sans limite de temps, que la plainte déposée contre lui a fait l'objet d'un classement sans suite, sous conditionnalité d'un stage de citoyenneté et qu'il a été privé de l'ensemble des activités y compris pour le Téléthon ;
- les observations de Me Gerphagnon, pour la commune de Fontenay-Trésigny, qui indique qu'il n'est pas établi que le requérant ait été habilité à ester pour le compte de l'association, que celle-ci n'est en tout état de cause pas touchée par la mesure, que le comportement de M. B a été problématique à l'égard d'une adjointe, qu'il a reconnu l'avoir insultée et qui rappelle que le maintien de l'ordre public est de la compétence du maire.
Considérant ce qui suit :
1 Par une décision du 30 janvier 2023, le maire de la commune de Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne) a indiqué à M. Eric Le Deuc, président de l'association " ASFT Tennis de Table ", qu'il n'était plus " autorisé à pénétrer dans l'enceinte du centre sportif " Jacques Profit " ou tout autre équipement sportif et/ou associatif de la ville ". Cette décision a été motivée par des propos qualifiés d'injurieux tenue envers une adjointe au maire, dans le cadre de ses fonctions. Par une requête enregistrée le 5 juin 2023, il a demandé en son nom propre, et au nom de l'association, l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés la suspension de son exécution.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
3 Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4 Pour justifier de la condition d'urgence, le requérant soutient que la décision contestée met en péril le fonctionnement de son association dans la mesure où il encadre les adhérents dans le cadre des entraînements et il organise divers évènements, et qu'elle nuit également à sa santé mentale car le tennis de table est pour lui " une véritable passion et une échappatoire ", sa fille étant lourdement handicapée.
5 Toutefois, d'une part la mesure en litige ne concerne pas l'association " ASFT Tennis de Table " qui peut continuer ses activités au sein des établissements sportifs de la commune de Fontenay-Trésigny et l'intéressé n'établit pas l'impossibilité de confier à un autre de ses membres l'encadrement et l'entraînement de ses adhérents, et, d'autre part, si le requérant soutient avoir besoin d'une activité sportive pour assurer son équilibre psychologique, il lui est toujours loisible d'exercer dans un des cinquante-deux autres clubs de tennis de table affiliés à la Fédération française de tennis de table en Seine-et-Marne.
6 Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la requête de M. Éric Le Deuc, présentée en son nom propre et au nom de l'association " ASFT TT - Les Eperviers Trésifontains ", ne pourra qu'être rejetée.
Sur les frais du litige
7 La commune de Fontenay-Trésigny n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne pourront qu'être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la commune de Fontenay-Trésigny présentées sur le même fondement seront également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. Éric Le Deuc présentée en son nom propre et au nom de l'association " ASFT TT - Les Eperviers Trésifontains " est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Fontenay-Trésigny sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. Éric Le Deuc, à l'association " ASFT TT - Les Eperviers Trésifontains " et à la commune de Fontenay-Trésigny.
Le juge des référés, La greffière,
A : M. AymardA : M. Do Novo
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2305592
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026