lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305648 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LE FOYER DE COSTIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, Madame B A, représentée par
Me Le Foyer de Costil, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 17 janvier 2023 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil l'a radiée du corps des professeurs des écoles ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (recteur de l'académie de Créteil) une somme de
3.000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique qu'elle est professeur des écoles depuis huit ans, affectée en dernier lieu à l'école primaire " Les Tournesols " à Chessy (Seine-et-Marne), qu'en raison d'une situation personnelle compliquée, elle a eu des arrêts de travail fréquents au cours de l'année 2022 dont l'administration n'a pas été toujours tenue informée, qu'elle a reçu un première mise en demeure de reprendre ses fonctions le 15 juin 2022, sous peine de radiation du corps, qu'elle a renvoyé en réponse un arrêté de travail du 4 au 8 juillet 2022, que deux autres mises en demeure lui ont été adressées les 16 septembre et 18 novembre 2022 qu'elle n'a pas reçu et que, par un arrêté du
17 janvier 2023, le recteur de l'académie de Créteil a prononcé sa radiation du corps des professeurs des écoles pour abandon de poste.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car est en cause une décision de licenciement qui l'a privée de ses revenus, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de matérialité des faits, dès lors qu'elle n'a pas reçu les deux mises en demeure et qu'elle était en tout état de cause dans l'impossibilité de reprendre ses fonctions, souffrant d'un état dépressif sévère à cette époque qui l'empêchait d'effectuer les tâches administratives les plus simples, et qu'il s'agit d'une sanction disproportionnée car elle était en arrêt maladie au moment des faits.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2023, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il soulève une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête au fond.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 6 juin 2023 sous le numéro 2305637, Madame A a demandé l'annulation de la décision contestée du recteur de l'académie de Créteil.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 30 juin 2023, tenue en présence de Madame Vantieghem, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de
Me Le Foyer de Costil, représentant Madame A, requérante, présente, qui maintient que la requête au fond n'est pas tardive car il n'y a aucun accusé de réception du recours gracieux du
29 janvier 2023, et elle avait eu avant un entretien oral avec le secrétaire général du rectorat, qui indique aussi qu'elle a souffert de dépression qui a entraîné de nombreux arrêts de travail qui ont été déclarés et qu'elle a été réembauchée par le même rectorat comme professeur ds écoles contractuelle.
Le recteur de l'académie de Créteil, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1 Par un arrêté du 17 janvier 2023, notifié le 27 janvier 2023, le recteur de l'académie de Créteil a radié du corps des professeurs des écoles pour abandon de poste Madame B A, professeur des écoles de classe normale affectée à l'école primaire publique " Les Tournesols " de Chessy (Seine-et-Marne). Cet arrêté faisait suite à deux mises en demeure des 16 septembre et
18 novembre 2022 auxquelles l'intéressée n'avait pas donné suite, ne les ayant pas réceptionnées. Le 29 janvier 2023, elle a fait parvenir au rectorat de l'académie de Créteil un courrier électronique tenant lieu de recours gracieux en sollicitant " un entretien afin de pouvoir échanger sur ma situation qui était très compliquée ces derniers mois ". Aucune réponse n'a été apportée à ce " recours gracieux " autre qu'un entretien avec le secrétaire général du rectorat le 15 février 2023. Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, Madame A a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par sa requête enregistrée le même jour, la suspension de son exécution.
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
3 En premier lieu, aux termes de l'article L. 553-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire peut être licencié dans les cas suivants : 1° Pour abandon de poste ; () ".
4 Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention de reprendre son service avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester une telle intention, l'administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressée.
5 Il ressort des pièces du dossier que, par deux lettres successives des 16 septembre et 18 novembre 2022, le recteur de l'académie de Créteil a mis en demeure Madame B A de rejoindre son école de rattachement à Chessy dans un délai de quarante-huit heures. Il est constant que Madame A n'a pas répondu à ces deux mises en demeure, lesquelles ont été retournées au service avec la mention " pli avisé et non réclamé ".
6 Si l'intéressée soutient que, au cours des périodes en cause, elle était en arrêt de travail et produit des déclarations pour la période des 12 au 19 septembre 2022, pour les
3 et 4 octobre 2022 pour garder sa fille malade, pour les 6 et 7 octobre pour les mêmes raisons, et du 14 au 18 novembre 2022 et du 21 au 25 novembre 2022, elle ne justifie ni de la transmission de ces arrêts de travail à l'administration ni, et surtout, de l'impossibilité pour elle de rejoindre son école de rattachement pour les périodes non couvertes car ces arrêts de travail.
7 Par suite, c'est sans erreur de droit ni erreur sur la matérialité des faits que par la décision contestée, le recteur de l'académie de Créteil a prononcé sa radiation du corps des professeurs des écoles pour abandon de poste.
8 En deuxième lieu, si un abandon de poste est susceptible de permettre à l'administration de motiver une sanction disciplinaire, une mesure de radiation des cadres prise suite à un tel abandon de poste ne revêt pas le caractère d'une telle sanction, dès lors qu'elle se borne à constater sur l'agent concerné n'a pas donné suite à la mise en demeure qui lui a été régulièrement notifiée et n'a pas justifié son absence.
9 Dans ces conditions, le moyen tiré du caractère disproportionné de la " sanction " dont elle a fait l'objet ne pourra qu'être écarté comme inopérant.
10 Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée, aucun des moyens soulevés n'étant de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée du 17 janvier 2023, sans qu'il soit besoin de statuer ni sur l'urgence ni sur la fin de non-recevoir soulevée par le recteur de l'académie de Créteil.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au recteur de l'académie de Créteil.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La greffière,
Signé : G. Vanthiegem
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2305648
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026