vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GARCIA & AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au greffe du Tribunal sous le numéro 2305686 le 6 juin 2023 et des pièces enregistrées le 16 juin 2023, M. A F E D, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, injonction assortie d'une astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) d'ordonner à l'administration la production de son entier dossier ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E D soutient que :
- sa requête est recevable eu égard aux mentions imprécises portées sur le volet du recommandé ;
- la décision portant refus de séjour :
* est entachée d'un vice de procédure consistant en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour ;
* viole l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* viole l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* viole l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard à la menace à l'ordre public que constituerait son comportement ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
* est entachée des mêmes vices que ceux entachant la décision portant refus de séjour ;
* est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination : est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation :
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
* est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
* est insuffisamment motivée ;
* viole l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, représenté par le cabinet Centaure Avocats, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées le 9 et 10 juin 202.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées le 16 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;
- Mme E B épouse D, mère du requérant, qui explique que son fils, qui fut un enfant un peu révolté, a maintenant bien compris. Il a avec lui sa famille : sa mère, son père, sa sœur, sa nièce qui l'entourent et qui sont là pour lui ;
- M. E D, non représenté, qui indique être arrivé à l'âge de treize ans après le décès de sa grand-mère, dernier membre de sa famille au pays où il n'a donc plus personne. Il souhaite pourvoir refaire sa vie et travailler pour aider ses parents qui le soutiennent.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h59.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, ressortissant cap-verdien, né le 24 juin 1997 à Chao Bom (République de Cabo Verde, dit C), est entré en France le 27 août 2010 à l'âge de treize ans et deux mois, a été mis en possession de récépissés, d'une carte de séjour temporaire puis d'une carte de séjour pluriannuelle, valides du 25 septembre 2015 au 10 décembre 2020, prolongés par des récépissés délivrés dans le cadre de la demande de renouvellement sollicité le 30 novembre 2020. Par arrêté du 24 janvier 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé à l'intéressé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par arrêté du 25 mai 2023, la même autorité l'a placé en rétention administrative, placement prolongé par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux du 27 mai 2023 confirmée par une ordonnance de la cour d'appel de Paris du 31 mai suivant. M. E D demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 24 janvier 2023.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour :
2. M. E D demande l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour, décision contenue dans le même arrêté que celui contenant la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée et donc notifiée au même moment. Lorsqu'un ressortissant étranger fait l'objet d'un placement en rétention administrative, il appartient seulement au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il a désigné de se prononcer, en application de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, sur les conclusions tendant à l'annulation de cette décision d'assignation à résidence ainsi que sur celles dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination, refusant d'accorder un délai de départ volontaire et, le cas échéant, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et non sur les conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour dont la formation collégiale demeure saisie. Par suite, les conclusions de la requête de M. E D présentées aux fins d'annulation de la décision, figurant à l'arrêté du 24 janvier 2023, par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Dans son recours, M. E D apporte lui-même des précisions relativement à la recevabilité de la requête en sorte que ce point de droit est soumis au débat sans qu'il ne soit nécessaire de soulever un moyen d'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté a été envoyé par le préfet de la Seine-Saint-Denis à M. E D en courrier recommandé avec avis de réception. Il ressort des copies des accusés de réception que le courrier a été présenté et avisé le 31 janvier et qu'il a été retourné à la préfecture portant la mention " pli avisé et non réclamé " ce qui signifie, en droit, qu'un avis de passage a été déposé dans la boîte aux lettres correspondant à l'adresse. À l'audience, le requérant a confirmé son adresse qui est celle mentionnée sur le courrier en recommandé. Il ressort des pièces produites que la page des voies et délais de recours a été également notifiée au requérant et précisait qu'un recours pouvait être introduit dans un délai de trente jours. À l'audience, Mme E B épouse D, mère du requérant, dont l'identité a été vérifiée publiquement par le magistrat désigné, a précisé qu'elle est la seule à détenir la clef de la boîte de lettres familiale et qu'elle n'a jamais reçu l'avis de passage en cause. Toutefois, cette seule parole, pour aussi forte qu'elle puisse être, est insuffisante pour contrebalancer la présomption qui s'attache aux constats précisés ci-avant. Dans ces conditions, M. E D doit être considéré comme ayant reçu notification de cet arrêté ainsi que celle des voies et délais de recours. Cette notification régulière a fait courir à leur encontre les délais de recours contentieux à l'égard de ces décisions. La requête susvisée de M. E D, tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 5 juin 2023, soit après l'expiration du délai de trente jours qui lui était imparti à cette fin. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de sa requête étaient tardives et, par suite, irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A F E D tendant à l'annulation de la décision du 24 janvier 2023 portant refus de délivrance d'un titre de séjour sont renvoyées en formation collégiale.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F E D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Lu en audience publique le 16 juin 2023 à 15h32.
Le magistrat désigné,
Signé : G. Girard-Ratrenaharimanga
La greffière,
Signé : S. Aït Moussa
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Aït Moussa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026