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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2305875

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305875

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305875
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL NEGREVERGNE-FONTAINE-DESENLIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juin 2023, M. B A, représenté par Me Desenlis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 12 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a mis fin à sa prise en charge ainsi que la décision rejetant son recours administratif préalable ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de lui proposer une solution d'hébergement comportant un logement dans une structure adaptée à sa situation ainsi que la prise en charge de ses besoins alimentaires quotidiens dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de lui assurer une prise en charge éducative pour lui permettre d'accéder à un emploi ou une formation, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer son dossier un délai de quinze jours ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros par application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par une décision du 18 octobre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Melun a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.

Vu

- la lettre du 19 juin 2023 adressée par le greffe du tribunal à M. A l'invitant à transmettre la décision par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a statué sur le recours administratif préalable obligatoire ou la preuve de dépôt d'un tel recours ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Aux termes du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. D'une part, aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ; () ". Aux termes de l'article L. 222-1 du même code : " Sans préjudice des pouvoirs reconnus à l'autorité judiciaire, les prestations d'aide sociale à l'enfance mentionnées au présent chapitre sont accordées par décision du président du conseil départemental du département où la demande est présentée ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code dans sa version en vigueur à la date des décisions attaquées : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : 1° Les mineurs qui ne peuvent demeurer provisoirement dans leur milieu de vie habituel et dont la situation requiert un accueil à temps complet ou partiel () Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants./ Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée.".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code ". Enfin, en vertu du premier alinéa de l'article L. 134-2 du même code, les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.

4. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. A est dirigée contre la décision implicite de refus née du silence gardé par le président du conseil départemental de Seine-et-Marne pendant plus de deux mois à la suite de sa demande de prise en charge dans le cadre d'un contrat jeune majeur présentée le 7 avril 2023. Toutefois, contrairement aux dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, la requête de M. A n'est pas accompagnée de la preuve du recours administratif préalable obligatoire formé par le requérant avant de saisir le juge d'une requête à fin d'annulation de la décision contestée. En dépit de la demande de régularisation envoyée par le greffe du tribunal sur l'application " Télérecours " le 19 juin 2023, dont il a été accusé réception le jour même, M. A n'a produit, même après l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, ni la décision par laquelle le président du conseil départemental aurait statué sur le recours administratif préalable obligatoire qu'il lui aurait adressé, ni la preuve de dépôt d'un tel recours. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision contestée présentées par M. A sont entachées d'une irrecevabilité manifeste. Il y a lieu, dès lors, de les rejeter par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. L'exécution de la présente ordonnance n'appelle aucune mesure particulière, de sorte qu'il convient de rejeter par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A.

6. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement à l'encontre du département qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a donc lieu de rejeter ces conclusions par application des dispositions du 5° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 11 juillet 2024.

La présidente,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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