jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LEKEUFACK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 juin et 6 décembre 2023, Mme C A B, représentée par Me Lekeufack, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement rejeté sa demande de renouvellement du titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une carte de résident de dix ans sur le fondement de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou subsidiairement une carte de séjour en sa qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du même code, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ; à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 8 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A B soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- la décision querellée méconnaît les dispositions des articles L. 423-10 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Freydefont ;
- les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lekeufack, représentant Mme A B.
Une note en délibéré, enregistrée le 27 décembre 2023, a été présentée pour Mme A B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " Aux termes de l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. " Il ressort des pièces du dossier que Mme C A B, ressortissante camerounaise née le 7 décembre 1984 à Douala, a sollicité de la préfète du Val-de-Marne le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " expirant le 15 juin 2022. En application des dispositions précitées, le silence gardé par le préfet sur cette demande pendant plus de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet dont Mme A B demande, par la présente requête, l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B justifie d'une résidence habituelle sur le territoire français depuis l'année 2013. De plus, elle a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 16 juin 2020 au 15 juin 2022 et auparavant de deux précédents titres de séjour expirant les 11 octobre 2017 et 12 octobre 2019. En outre, elle est mère de trois enfants mineurs, à savoir Patrick Ricky A Ngantchou né le 12 mai 2006 à Douala, Enzo Yann Siemeni né le 30 mars 2019 au Kremlin-Bicêtre ainsi que Cristal Maëlys A B née le 17 septembre 2014 à Paris et de nationalité française ainsi qu'en atteste sa carte nationale d'identité valable de 2015 à 2025. Les deux enfants les plus âgés sont scolarisés en France depuis plus de cinq ans. Enfin, la requérante justifie par la production de bulletins de paie et de ses avis d'impôt sur le revenu, qui font état de revenus annuels salariés de 4 694 euros en 2018, 10 917 euros en 2019, 17 285 euros en 2020, 14 574 euros en 2021 et 8 719 euros en 2022, de son intégration professionnelle depuis 2018 d'abord en qualité de serveuse d'un hôtel café restaurant, ensuite comme employée familiale et enfin en tant qu'aide-soignante stagiaire ; au surplus, la requérante est titulaire du diplôme d'Etat d'aide-soignante délivré le 26 janvier 2023. Il résulte de ce qui précède, et notamment de la durée de présence en France de l'intéressée depuis 2013, dont une présence régulière depuis au moins 2016, de la nationalité française de sa fille née en 2014 et de son intégration professionnelle depuis 2018 que la décision litigieuse est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme A B et qu'elle encourt donc l'annulation.
Sur les conclusions accessoires :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Le motif de l'annulation prononcée au point précédent implique nécessairement qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme A B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Cette délivrance devra intervenir dans un délai de trois mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, en revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'Etat le versement à Mme A B de la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement refusé à Mme A B la délivrance d'un titre de séjour est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme A B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A B la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Freydefont, premier conseiller,
M. Meyrignac, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
Le rapporteur,
Signé : C. Freydefont
Le greffier,
Le président,
Signé : N. Le Broussois
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026