jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2306142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | OUEDRAOGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 juin, 11 août, 11 septembre 2023 et 9 février 2024, M. A B, représenté par Me Ouedraogo, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 2 mai 2023 par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, a assorti ce rejet d'une obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de séjour entache d'illégalité cette décision ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de départ volontaire :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité cette décision ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité cette décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Par décision du 30 août 2023, la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public ;
- et les observations de Me Ventoux, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né en 1994, est entrée en France en 2010. Il a, ensuite, obtenu plusieurs titres de séjour portant la mention " salarié " dont il a sollicité le renouvellement. Par arrêté du 3 mai 2023, le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé ce renouvellement, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination. Par la requête précitée, l'intéressé demande l'annulation de ces décisions.
Sur la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B. Si le requérant fait état de ce qu'il est le père d'une enfant née en 2017, il n'établit pas avoir informé le préfet de Seine-et-Marne de l'existence de celle-ci.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
4. En l'espèce, il ressort des mentions de l'arrêté contesté que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler à M. B sa carte de séjour temporaire au motif que sa présence en France constituait une menace à l'ordre public. Le requérant conteste ce motif en mettant en avant les éléments relatifs à l'exécution de son sursis dont il indique qu'il justifie se conformer aux obligations relatives à son suivi judiciaire, la circonstance qu'il s'agit de sa seule et unique condamnation depuis son entrée sur le territoire français, la durée de sa présence en France et son insertion professionnelle.
5. Toutefois, il est constant que par un jugement du tribunal correctionnel de Melun en date du 24 juin 2022, M. B a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire de deux ans pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité supérieure à huit jours. Par ailleurs, si l'intéressé est présent en France depuis 2010 et qu'il justifie d'une insertion professionnelle, il est célibataire, ne démontre pas contribuer à l'entretien et l'éducation de sa fille, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de seize ans, et ne justifie pas de liens privés et familiaux sur le territoire, inscrits dans la durée et la stabilité. Dans ces conditions et eu égard au caractère récent et à la gravité des faits pour lesquels il a été condamné, et sans que le requérant puisse en minorer la portée par le respect de son sursis probatoire, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que sa présence constituait une menace à l'ordre public.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention "étudiant" () ".
8. A l'appui de ses écritures, M. B produit un récépissé de demande de carte de séjour valable du 3 décembre 2012 au 2 mars 2013, une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable du 3 décembre 2013 au 2 décembre 2014, des volets relatifs à des mêmes cartes de séjour temporaires valables respectivement du 3 décembre 2014 au 2 décembre 2015 et du 3 décembre 2016 au 2 décembre 2017, le volet et une copie d'une carte pluriannuelle en qualité de salarié valable du 3 décembre 2017 au 2 décembre 2021 et des récépissés de demande de carte de séjour valables du 25 octobre 2022 au 24 janvier 2023 et du 14 avril 2023 au 13 juillet 2023, ainsi qu'un titre de séjour illisible.
9. Il en résulte que le requérant établit avoir résidé régulièrement en France du 3 décembre 2013 au 2 décembre 2015, puis du 3 décembre 2016 au 2 décembre 2021. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :
10.En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.
11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".
12. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le comportement de M. B constituait une menace pour l'ordre public à la date de l'arrêté attaqué. Les circonstances qu'il réside en France depuis 2010, qu'il est en situation régulière depuis 2012, qu'il présenterait des garanties de représentation et qu'il n'avait jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement sont sans incidence sur la légalité de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
13. Compte tenu de ce qui précède, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne en date du 2 mai 2023 doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé : P. Meyrignac Le président,
Signé : N. Le Broussois
La greffière,
Signé : S. Chafki
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026