vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2306312 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET FRECHE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2023, et un mémoire non communiqué, enregistré le 6 mars 2024, la SCI LJ, représentée par Me O'Neil, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2023 par lequel le maire de Gretz-Armainvilliers a accordé le permis de construire n° PC 077 215 21 00003 à la SNC EJV ;
2°) de mettre à la charge du pétitionnaire une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors qu'en tant que voisins immédiats du projet, ils ont un intérêt à agir aux motifs que ce projet, qui obstruera une fenêtre de la façade, portera atteinte à leur droit réel immobilier et leur causera un préjudice lié à la perte d'ensoleillement, qu'il occasionnera des nuisances pendant les travaux, qu'il sera bien plus élevé que le bâtiment actuel et qu'il leur causera une gêne en matière de desserte publique et des nuisances liées au trafic sur la rue ;
- le dossier de permis de construire est incomplet quant à l'impact de la future construction sur leur maison, la construction projetée devant être accolée à la maison des requérants, de sorte que le service instructeur n'a pu apprécier l'impact du projet sur la construction voisine et la conformité des règles liées à la hauteur des constructions en limite séparative ;
- le dossier de permis de construire est incomplet en l'absence d'autorisation du pétitionnaire de réaliser des travaux sur un mur mitoyen ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme approuvé le 2 décembre 2015 et celui approuvé le 7 novembre 2019 dès lors que la différence d'altitude entre les deux constructions mitoyennes est de 2,38 mètres et est supérieure aux deux mètres autorisés ;
- il méconnait l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la volumétrie du bâtiment projeté est diamétralement opposée à celle des constructions avoisinantes ;
- il méconnaît les articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme dès lors que la configuration de l'accès crée un risque pour la sécurité des usagers, compte tenu du fait qu'il sera nécessaire d'effectuer plusieurs manœuvres pour faire entrer un véhicule dans l'espace de stationnement extérieur et que ces manœuvres devront se faire devant l'entrée du parking souterrain, créant ainsi une obstruction du trafic sur la rue Thiers, et que la configuration du second accès crée un risque pour la sécurité des usagers compte tenu du fait que les trois véhicules devront effectuer de nombreuses manœuvres.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2024, la SNC EJV, représentée par Me Bernard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la SCI LJ au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante ne dispose pas d'un intérêt à agir en l'absence de démonstration de la réalité du préjudice en matière de perte d'ensoleillement qu'elle allègue et des atteintes invoquées en matière de gêne sur la desserte publique et d'augmentation des nuisances liées au trafic sur la rue ;
- le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire en ce qui concerne la circonstance que la construction projetée est accolée à sa propriété doit être écarté dès lors que le plan de masse de la construction indique que la construction projetée sera bien accolée, qu'il ressort de l'insertion graphique que le bâtiment projeté s'implante en limite séparative contre le pignon de l'immeuble de la SCI LJ, qu'il ressort du plan de situation et du plan de démolition que l'implantation sur les limites séparatives consiste bien en une implantation accolée à l'immeuble existant présent sur le fonds voisin et que le service instructeur a pu apprécier l'impact du projet par rapport aux constructions avoisinantes ;
- le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire en ce qui concerne l'absence d'accord des propriétaires du mur mitoyen doit être écarté dès lors qu'il n'appartenait pas à la commune de Gretz-Armainvilliers de vérifier si le pétitionnaire s'implantait sur un mur ou non mitoyen, mais seulement de s'assurer que le projet était conforme aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, notamment en termes d'implantation ;
- le permis de construire attaqué a été délivré à bon droit sur le fondement des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme en vigueur en 2015 cristallisées par le certificat d'urbanisme opérationnel du 12 décembre 2019 ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme opposable au projet doit être écarté dès lors que ces dispositions ne limitaient pas la hauteur de la construction à plus ou moins deux mètres de celles implantées en limite séparative ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme opposable au projet doit être écarté dès lors que la construction projetée a vocation à s'insérer dans un secteur avec des bâtis de hauteurs et tailles différentes, de styles architecturaux divers et ne présentant aucun caractère ou intérêt particulier à préserver ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant dès lors que la commune est dotée d'un plan local d'urbanisme ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté dès lors que ce moyen n'est pas suffisamment motivé et qu'en tout état de cause, aucun risque n'est établi pour la sécurité publique en ce qui concerne les accès.
La requête a été communiquée à la commune de Gretz-Armainvilliers qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 12 décembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 5 février 2024.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 5 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bernard, représentant la SNC EJV.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 février 2021, le maire de Gretz-Armainvilliers a refusé de délivrer à la société EJV un permis de construire un immeuble en R+2+C comprenant 19 logements et un commerce en rez-de-chaussée sur deux niveaux de sous-sol dédiés au stationnement et la démolition du commerce existant. Par un arrêté du 20 avril 2021, le maire de Gretz-Armainvilliers a de nouveau refusé cette demande. Par un jugement nos 2102632 et 2105477 du 24 février 2023, le tribunal administratif de Melun a rejeté la requête n° 2102632 dirigée contre l'arrêté du 10 février 2021, a annulé l'arrêté du 20 avril 2021 portant refus de permis de construire sur la demande déposée le 3 mars 2021 par la société EJV et a enjoint au maire de Gretz-Armainvilliers de lui délivrer un permis de construire sur la demande déposée le 3 mars 2021 dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Par un arrêté du 20 avril 2023, dont la SCI LJ demande l'annulation, le maire de Gretz-Armainvilliers a délivré à la société EJV un permis de construire sur la demande déposée le 3 mars 2021 pour la construction d'un immeuble R+2+C comprenant 19 logements et un commerce en rez-de-chaussée sur deux niveaux de sous-sol dédiés au stationnement et la démolition du commerce existant sur un terrain situé 7 rue Thiers cadastré section B n° 1078 à Gretz-Armainvilliers.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incomplétude du dossier de permis de construire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier que la notice précise que les propriétés qui jouxtent le terrain sur ses limites latérales sont des constructions de masse peu importantes en R+2+C et R+1+C qui constituent le paysage urbain des lieux et que le plan de masse fait apparaître la construction mitoyenne dont la SCI LJ est propriétaire. Ainsi, le dossier de demande de permis de construire décrit avec suffisamment de précisions l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes, ainsi que l'exigent les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire en l'absence de mention du caractère mitoyen de la construction dont la société requérante est propriétaire doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / () ". En vertu de l'article R. 431-4 du même code, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations et pièces limitativement énumérées aux articles R. 431-5 à R. 431-33-1, aucune autre information ou pièce ne pouvant être exigée par l'autorité compétente. Par ailleurs, le permis est délivré sous réserve du droit des tiers, il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme, il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme.
6. Il résulte de ces dispositions que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte également de ces dispositions qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée par son propriétaire, son mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire. Une contestation relative au défaut d'autorisation des travaux par l'assemblée générale de la copropriété ne saurait caractériser une fraude du pétitionnaire visant à tromper l'administration sur la qualité qu'il invoque à l'appui de sa demande d'autorisation d'urbanisme, l'absence d'une telle autorisation comme un refus d'autorisation des travaux envisagés par l'assemblée générale étant, par eux-mêmes, dépourvus d'incidence sur la qualité du copropriétaire à déposer une demande d'autorisation d'urbanisme et ne pouvant être utilement invoqués pour contester l'autorisation délivrée.
7. Les dispositions de l'article 653 du code civil établissement une présomption légale de copropriété des murs séparatifs de propriété.
8. Il ressort des pièces du dossier que la société EJV, pétitionnaire, a attesté de sa qualité pour déposer sa demande de permis de construire, conformément aux dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Ainsi, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de ce que l'autorisation d'urbanisme a été délivrée sans son accord alors qu'un mur mitoyen sépare le terrain d'assiette du projet du terrain dont la SCI LJ est propriétaire. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire en l'absence d'autorisation du pétitionnaire de réaliser des travaux sur un mur mitoyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne les dispositions d'urbanisme applicables :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / Lorsque le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'État, les certificats d'urbanisme le mentionnent expressément. Il en est de même lorsqu'un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis. Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer. / Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'État par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code ". Ces dispositions ont pour effet de garantir à la personne à laquelle a été délivré un certificat d'urbanisme, quel que soit son contenu, un droit à voir sa demande de permis de construire déposée durant les dix-huit mois qui suivent examinée au regard des dispositions d'urbanisme applicables à la date de ce certificat, à la seule exception de celles qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique.
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 153-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque le plan local d'urbanisme porte sur un territoire qui n'est pas couvert par un schéma de cohérence territoriale approuvé, ou lorsqu'il comporte des dispositions tenant lieu de programme local de l'habitat, il est publié et transmis à l'autorité administrative compétente de l'État dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales. / Il devient exécutoire à l'issue d'un délai d'un mois à compter de sa transmission à l'autorité administrative compétente de l'État ".
11. Enfin, lorsqu'une demande est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, dans les conditions précisées au point 9, l'annulation du refus opposé à cette demande ne prive pas le demandeur du droit à voir sa demande examinée au regard des dispositions d'urbanisme en vigueur à la date de ce certificat, l'administration demeurant saisie de cette demande. Il en va ainsi alors même que le demandeur n'est susceptible de bénéficier d'un permis tacite qu'à la condition d'avoir confirmé sa demande.
12. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire s'est vue délivrer le 12 décembre 2019 un certificat d'urbanisme opérationnel pour la construction d'un immeuble en R + 2 + combles comprenant 19 logements et un commerce en rez-de-chaussée sur deux niveaux de sous-sol dédiés au stationnement sur la parcelle cadastrée section B n° 1078 située 7 rue Thiers à Gretz-Armainvilliers qui a été sollicité le 7 novembre 2019 et qui précise que les dispositions d'urbanisme applicables au terrain sont celles issues de la révision de 2015. D'autre part, il est constant que, par une délibération du 7 novembre 2019, le conseil municipal de la commune a approuvé la modification n°1 du plan local d'urbanisme. Si la commune de Gretz-Armainvilliers se prévaut de ce que le certificat d'urbanisme a été délivré postérieurement à cette délibération, ce qui emporterait l'opposabilité des dispositions du plan local d'urbanisme tel que modifié, il ressort des mentions, non contestées, de cette délibération que, conformément à l'article L. 153-24 du code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme sera exécutoire un mois après sa transmission au représentant de l'État dans le département et que la délibération a été envoyée et reçue en préfecture le 14 novembre 2019. Il en résulte que le certificat d'urbanisme a été délivré le 12 décembre 2019, soit avant l'expiration du délai d'un mois prévu par les dispositions de l'article L. 153-24 du code de l'urbanisme précitées. Ainsi, et compte tenu des principes rappelés aux points 9 à 11 du présent jugement, les dispositions d'urbanisme applicables sont celles issues du plan local d'urbanisme issu de la révision approuvée le 2 décembre 2015.
13. Par suite, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles UA 10 et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme issues de la délibération du 7 novembre 2019.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Gretz-Armainvilliers :
14. Aux termes de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur des constructions : " La hauteur des constructions et le nombre de niveaux ne peuvent excéder : 9 mètres à l'égout du toit ou à l'acrotère, 14 mètres au faîtage. / () ".
15. Si la société requérante soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la différence d'altitude entre les deux constructions mitoyennes est de 2,38 mètres et est supérieure aux deux mètres autorisés, il ne résulte pas des dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme applicable au litige qu'une telle règle soit fixée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Gretz-Armainvilliers :
16. Aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect des constructions et aménagement de leurs abords : " Généralité : Les constructions et le traitement de leurs abords ne doivent pas porter atteinte à l'harmonie des sites et des paysages. Les constructions doivent avoir une volumétrie et un aspect s'harmonisant avec l'ensemble du bâti avoisinant. / () ".
17. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet s'insère dans un environnement composé de pavillons et d'immeubles en R+1 et R+2+combles et qu'il n'existe pas d'unité architecturale notable ou présentant un intérêt particulier dans les constructions situées à proximité de la construction projetée. D'autre part, la construction projetée est un bâtiment en R+2+combles et respecte la volumétrie des constructions avoisinantes, contrairement à ce que soutient la société requérante. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, par son architecture ou ses dimensions méconnaissent les dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
18. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
19. La société requérante soutient que la configuration du premier accès crée un risque pour la sécurité des usagers, compte tenu du fait qu'il sera nécessaire d'effectuer plusieurs manœuvres pour faire entrer un véhicule dans l'espace de stationnement extérieur, que ces manœuvres devront se faire devant l'entrée du parking souterrain créant ainsi une obstruction du trafic sur la rue Thiers et que la configuration du second accès crée un risque pour la sécurité des usagers compte tenu du fait que les trois véhicules devront effectuer de nombreuses manœuvres. Toutefois, d'une part, eu égard aux conditions de sortie du parking situé sous l'immeuble, qui prévoit une absence de pente sur les derniers mètres et aux conditions de visibilité, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'implantation de cette place de stationnement porte atteinte à la sécurité publique et justifie un refus de permis de construire et, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que les trois autres places de stationnement visiteurs présentent un risque pour la sécurité publique eu égard aux conditions de visibilité et à l'espace permettant de stationner et de manœuvrer. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation par rapport aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme que le maire de Gretz-Armainvilliers a délivré le permis de construire sollicité. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme :
20. Aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu / () ". Aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".
21. Il résulte des dispositions de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme que les dispositions de l'article R. 111-5 de ce code ne sont pas applicables lorsque la commune est couverte par un plan local d'urbanisme, ce qui est le cas en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 avril 2023 du maire de Gretz-Armainvilliers présentées par la SCI LJ doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI LJ la somme de 1 500 euros à verser à la société EJV au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la société EJV, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI LJ est rejetée.
Article 2 : La SCI LJ versera une somme de 1 500 euros à la société EJV au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI LJ, à la commune de Gretz-Armainvilliers et à la SNC EJV.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026