vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2306434 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, M. B A, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir rétroactivement ses conditions matérielles d'accueil en lui versant l'allocation de demandeur d'asile due à compter du mois de leur cessation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de lui verser directement cette somme.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le principe du contradictoire a été méconnu, ce qui l'a privé d'une garantie ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que sa vulnérabilité n'a pas fait l'objet d'un examen diligenté par un agent spécialisé ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été préalablement informé de la possibilité de bénéficier d'un examen de santé ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'illégalité de l'arrêté fixant le contenu du questionnaire d'évaluation qui le prive d'une garantie ;
- elle est entachée d'une erreur de droit liée au défaut d'examen sérieux de sa situation particulière ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est dépourvue de base légale et méconnaît le champ d'application de la loi ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la modulation du degré de cessation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une lettre du 17 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 26 juin 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 10 décembre 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dutour a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan, a présenté une demande d'asile en France le 26 décembre 2022. Par une décision du 27 janvier 2023, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les informations utiles à l'instruction de sa demande. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : ()/ 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; ()/ Un décret en Conseil d'État prévoit les sanctions applicables en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement./ La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ".
3. La décision attaquée mentionne les textes dont elle fait application, et notamment l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise qu'il est mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les informations utiles à l'instruction de sa demande. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par lettre du 13 janvier 2023, notifiée avec accusé de réception signé par M. A, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil l'a informé de son intention de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile et l'a invité à faire parvenir ses observations dans un délai de quinze jours, ce que le requérant n'a pas fait. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé le requérant de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil par un courrier du 13 janvier 2023 dont le requérant a été avisé, et a effectivement évalué la vulnérabilité de l'intéressé lors de l'enregistrement de sa demande d'asile le 26 décembre 2022. Par suite, en l'absence de dispositions imposant à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'organiser un entretien de vulnérabilité et un entretien de santé avant une décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil, alors qu'il n'est ni établi, ni même soutenu, que la situation du requérant aurait évolué entre cette date et celle de la décision attaquée, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que l'absence d'un tel entretien vicierait la procédure. En outre, aucune disposition n'impose que soit portée la mention, sur le compte-rendu d'évaluation, de l'identité de l'agent ayant conduit l'entretien et le requérant ne pouvant invoquer par voie d'exception l'illégalité de l'arrêté fixant le contenu du questionnaire de vulnérabilité, qui n'est pas la base légale de la décision attaquée, laquelle n'a pas non plus été prise pour son application. Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure suivie ne peuvent qu'être écartés.
7. En quatrième lieu, aucun élément du dossier ne laisse à penser que l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil se serait abstenu de procéder à un examen de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit liée au défaut d'examen sérieux doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que le requérant n'a pas répondu à la demande qui lui avait été notifiée par lettre recommandée le 13 janvier 2023 en vue de la production d'une déclaration sur l'honneur de son hébergeant et d'une attestation de sa part relativement à son hébergement. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que la décision serait entachée d'un défaut de base légale ou d'une méconnaissance du champ d'application de la loi.
9. En sixième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant est hébergé de manière stable par son frère. Par ailleurs, il n'apporte aucun élément de nature à contredire l'appréciation effectuée par l'agent ayant réalisé l'entretien de vulnérabilité. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la vulnérabilité du requérant ou de la modulation de la cessation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 janvier 2023 présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me de Seze et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.
La rapporteure,
L. DUTOURLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026