jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2306560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BEN YAHMED |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2023, M. D B, épouse A, agissant en sa qualité de représentante légale de son enfant mineur A C A et représentée par Me Ben Yahmed, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur déposée le 21 mars 2022 pour l'enfant A C A;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur à l'enfant A C A, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'intérêt supérieur de son enfant, tel que garanti à l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
En application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, une mise en demeure a été adressée au département de Seine-et-Marne le 21 mai 2024.
Par une ordonnance du 4 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 novembre 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bousnane, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 janvier 2025 à 10 heures 30.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, épouse A, ressortissante ivoirienne, a déposé, le 21 mars 2022 une demande de document de circulation pour étranger mineur au bénéfice de son fils, A C E A, né le 2 février 2011 à Abidjan Plateau (Côte d'Ivoire). Par sa requête, elle demande l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérants ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient, seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
3. En l'espèce, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, le département de Seine-et-Marne n'a produit aucune observation en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, il est réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au tribunal de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant.
En ce qui concerne la légalité de la décision contestée :
4. Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un document de circulation pour étranger mineur est délivré à l'étranger mineur résidant en France : / 1° Dont au moins l'un des parents est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident ; () ".
5. Mme B, épouse A, soutient que la décision contestée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son fils A C justifie remplir les conditions de délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur prévues au 1° de cet article. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme B, épouse A, mère de l'enfant, est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " valable du 6 janvier 2021 au 5 janvier 2025 et, qu'au surplus, M. A, père de l'enfant, est également titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " valable du 23 septembre 2021 au 22 septembre 2021. D'autre part, Mme B, épouse A produit, au soutien de sa demande, un avis de taxe foncière pour l'année 2022 au titre d'un logement dont elle est propriétaire avec son époux situé à Boissy Saint-Léger, un justificatif de domicile, un avis d'imposition sur le revenu au titre de l'année 2022 et deux bulletins de paie à la même adresse ainsi que des certificats de scolarités pour l'année 2022-2023 au nom de son fils et de ses trois frères et sœurs justifiant que ceux-ci sont scolarisés sur le territoire de la même commune, de sorte qu'elle établit que son fils réside en France, en compagnie du reste de sa famille. Dans ces conditions, Mme B, épouse A, établit que son fils A C remplit les conditions prévues au 1° de l'article L. 414-4 du code précité justifiant la délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur. Il suit de là que la requérante est fondée à soutenir que, par la décision contestée, la préfète du Val-de-Marne a méconnu ces dispositions.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme B, épouse A, est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement rejeté la demande de document de circulation pour étranger mineur déposée le 21 mars 2022 au bénéfice de l'enfant A C E A.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard aux motifs du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à l'enfant A C E A un document de circulation pour étranger mineur, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision et sous réserve de changement dans les circonstances de droit et de fait.
Sur les frais du litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme B, épouse A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement rejeté la demande de document de circulation pour étranger mineur déposée le 21 mars 2022 au bénéfice de l'enfant A C E A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à l'enfant A C E A un document de circulation pour étranger mineur, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision et sous réserve de changement dans les circonstances de droit et de fait.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme B, épouse A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, épouse A, et au préfet du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,
Mme Lina Bousnane, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
La rapporteure
L. Bousnane
Le président
X. Pottier
La greffière,
C. Leroy
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026