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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2306648

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2306648

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2306648
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET IVALDI & DE GUEROULT D'AUBLAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, M. B A, représenté par Me Ivaldi, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 23/2450 du 5 juin 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il indique qu'il a été interpellé à Villiers-Saint-Georges le 3 juin 2023 roulant à une vitesse supérieure de plus de 40 km/h à celle autorisée, sur une route limitée à 80, que son permis de conduire a été retenu et que, le 5 juin 2023, lui a été notifié un arrêté du préfet de Seine-et-Marne portant suspension de son permis pour une durée de six mois.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il est dirigeant d'une entreprise d'études techniques spécialisée dans la maîtrise d'œuvre, l'ingénierie des fluides et l'assistance à maîtrise d'ouvrage, et qu'il est amené à se déplacer régulièrement chez des clients sur l'ensemble du territoire national, et, sur le doute sérieux, que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car son solde de points sur son permis de conduire est de douze points et qu'il ne représente pas un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route.

Vu :

- la décision contestée,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 21 juin 2023 sous le numéro 2306385, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée du préfet de Seine-et-Marne.

Considérant ce qui suit :

1 Le 3 juin 2023, M. B A a été contrôlé, sur le territoire de la commune de Villiers-Saint-Georges (Seine-et-Marne) roulant à une vitesse retenue de 128 km/h sur une route limitée à 80. Son permis a été retenu par les forces de police et, par un arrêté du 5 juin 2023, le préfet de Seine-et-Marne a suspendu la validité de ce permis pour une durée de six mois. Par une requête enregistrée le 21 juin 2023, M. A a demandé l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du 28 juin 2023, la suspension de son exécution.

2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 521-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3 Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.

4 Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision litigieuse, M. A qui indique exercer les fonctions de dirigeant d'une entreprise d'études techniques spécialisée dans la maîtrise d'œuvre, l'ingénierie des fluides et l'assistance à maîtrise d'ouvrage soutient qu'il est amené " à se déplacer régulièrement chez ses clients sur l'ensemble du territoire national et dans des secteurs d'activité dont certains sont des sites dénommés " points d'intérêt vitaux ".

5 Il résulte des pièces du dossier que le véhicule conduit par M. A a été mesuré roulant à une vitesse retenue de 128 km/h sur une route où la vitesse était limitée à

80 km/h, soit excédant de plus de la moitié la vitesse autorisée.

6 Par suite, la condition d'urgence, qui doit s'analyser, comme il l'a été dit plus haut, globalement et concrètement, et aussi compte tenu des impératifs de sécurité routière, ne peut être considérée comme remplie, dès lors que la situation que déplore le requérant résulte de son propre comportement et de sa propre négligence, alors même qu'il soutient que la possession de son permis de conduire était nécessaire à l'exercice de ses fonctions et qu'il ne pouvait ignorer, eu égard aux obligations qu'il indique être les siennes, qu'il devait se comporter sur la route dans des conditions telles à pouvoir toujours disposer de son permis de conduire.

7 Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de M. A selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A er est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2306368

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