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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2306678

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2306678

lundi 4 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2306678
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantLENGRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A B, représenté par Me Lengrand, a demandé au tribunal, le 11 janvier 2023, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, de prendre toutes mesures en vue d'assurer l'exécution de l'ordonnance du 1er juin 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Melun avait notamment enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

La demande a été communiquée le 19 janvier 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a

présenté aucune observation.

Un rappel en vue de l'exécution de l'ordonnance du 1er juin 2022 a été transmis à la préfète du Val-de-Marne le 17 mai 2023, resté sans réponse.

Par une ordonnance du 29 juin 2023, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 1er juin 2022.

Par une lettre enregistrée le 15 juillet 2023, la préfète du Val-de-Marne a informé le tribunal que l'intéressé avait été convoqué le 5 juillet 2023 et avait été muni d'un récépissé valable jusqu'au

2 octobre 2023 et qu'un titre de séjour valable du 24 février 2023 au 23 février 2024 était en cours d'édition.

Par un mémoire en réplique enregistré le 24 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Lengrand, maintient ses conclusions tendant à l'exécution de l'ordonnance du 1er juin 2022 et demande que soit mis à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1.800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un nouveau mémoire enregistré le 6 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Lengrand, informe le tribunal que son nouveau titre de séjour, valable jusqu'au

23 février 2024, lui a été remis le 9 août 2023, et maintient ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (n° 2204116) en date du 1er juin 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 1er décembre 2023, tenue en présence de

Madame Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence du requérant et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1 Aux termes de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer

l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".

2 Par une ordonnance du 1er juin 2022, le juge des référés du présent tribunal a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à M. A B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, et dans le délai d'un mois, de réexaminer sa demande de titre de séjour. En exécution de cette ordonnance, la préfète du Val-de-Marne a remis à l'intéressé, le 17 juin 2022 une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 16 décembre 2022. Celle-ci n'a pas été renouvelée. Le 3 juillet 2023, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé pour le 5 juillet 2023 en vue de renouveler ce récépissé mais cette remise n'a pu avoir lieu en raison de cette convocation tardive. Le 9 août 2023, soit treize mois après l'échéance fixée par le juge des référés pour le réexamen de la situation de l'intéressé, lui a été délivrée sa nouvelle carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable depuis le 24 février 2023, soit depuis plus de six mois, et jusqu'au 23 février 2024.

3 Par suite, dans la mesure où l'ordonnance du 1er juin 2022 a été exécutée dans son intégralité, même si cela a été fait de manière très tardive, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. A B sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4 Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1.800 euros à verser à M. B sur en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. A B sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera la somme de 1.800 euros à M. A B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera délivrée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. AymardLa greffière,

Signé : M. Do Novo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le

concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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