jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2306728 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, M. A B, représenté par Me Desenlis, demande au juge des référés, statuant pas application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 20 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a rejeté sa demande tendant au bénéfice d'un contrat " jeune majeur " et mis fin à sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 1er août 2023, ensemble la décision par laquelle cette autorité a rejeté son recours préalable obligatoire formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de lui assurer une solution d'hébergement comportant un logement dans une structure adaptée à sa situation, ainsi que la prise en charge de ses besoins alimentaires quotidiens, de mettre en place à son bénéfice une prise charge éducative lui permettant d'accéder à un emploi ou une formation, dans le délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental de Seine-et-Marne la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu'il est isolé et ne peut obtenir de place dans un foyer de jeune travailleur en l'absence de détention d'un titre de séjour ni d'une place dans un service intégré de l'accueil et de l'orientation (SIAO) faute de place disponible ; il a besoin en outre d'un accompagnement social et éducatif ;
- il existe en outre, en l'état de l'instruction, un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle le prive d'un hébergement, d'un emploi, d'une formation, de subsides et de la possibilité de régulariser sa situation administrative sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, présenté par Me Rault, le département de la Seine-et-Marne, représenté par le président de son conseil départemental, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie dès lors que le requérant ne démontre pas en quoi la décision attaquée préjudicie gravement et immédiatement à ses intérêts : l'intéressé suit en effet une formation pour obtenir le titre professionnel d'agent professionnel de restauration rapide dans le cadre d'un contrat d'apprentissage qui prendra fin en octobre 2023 ; il bénéficie de ressources, à savoir deux paniers alimentaires mensuels, un salaire versé par son employeur, il a ouvert un compte bancaire et dispose d'une épargne de 2 400 euros ; depuis le mois d'août 2022, il est hébergé dans le cadre d'un dispositif autonomie du DAIS et il est accompagné par le service social départemental pour l'instruction de sa demande de logement à l'approche de sa majorité ; titulaire de fiches de paie, d'une épargne et d'un récépissé de titre de séjour, il est éligible aux dispositifs d'hébergement de droit commun ; sa situation administrative est en règle dès lors qu'il dispose de documents d'état-civils maliens, d'un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'en 2024, d'un passe Navigo et de la solidarité transport ; il bénéficie en outre d'une couverture santé et d'une complémentaire santé solidaire et a bénéficié des bilans et soins nécessaires à son état de santé ; surtout il n'a accompli aucune démarche depuis qu'il a été informé de la fin de sa prise en charge par le département et s'est ainsi lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque ;
- aucun des moyens invoqués n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 juin 2023 sous le numéro 2306730 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, Mme Billandon a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Desenlis, pour M. B, présent, qui déclare se désister de ses conclusions dirigées contre la décision du président du conseil départemental de Seine-et-Marne rejetant le recours préalable obligatoire formé contre la décision du 20 juin 2023 et persiste dans le surplus de ses conclusions, par les mêmes moyens ; il soutient en outre que lors de l'entretien relatif au bilan de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, sa référente lui a indiqué verbalement que cette prise en charge se poursuivrait à sa majorité pour qu'il puisse terminer sa scolarité ; il a reçu, le 6 juillet 2023, un récépissé de dépôt d'une première demande de titre de séjour ;
- les observations de Me Ouizeman pour le département de la Seine-et-Marne, qui persiste à conclure au rejet de la requête par les mêmes observations ; il fait en outre valoir que le requérant a bien été informé dès sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance que celle-ci cesserait à sa majorité.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 12h28.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 1er août 2005, est entré en France en mars 2022 et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 31 mars 2022. Le 25 avril 2023, il a demandé au président du conseil départemental de Seine-et-Marne le bénéfice d'un contrat " jeune majeur ". Par décision du 20 juin 2023, cette autorité a rejeté cette demande et mis fin à sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 1er août 2023. M. B a formé un recours préalable obligatoire contre cette décision. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 20 juin 2023 ainsi que de celle rejetant son recours préalable obligatoire formé contre cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 20 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le désistement partiel :
3. A la barre, M. B se désiste de ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a rejeté son recours préalable obligatoire formé contre la décision du 20 juin 2023 prise par cette autorité. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
5. Pour demander la suspension de la décision du 20 juin 2023 rejetant sa demande tendant au bénéfice d'un contrat de jeune majeur et mettant fin à sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 1er août 2023, M. B soutient que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle le prive d'un hébergement, d'un emploi, d'une formation, de subsides et de la possibilité de régulariser sa situation administrative sur le territoire français. Toutefois, aucun de ces moyens n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte des constatations opérées au point 5 qu'il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner si M. B remplit la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de rejeter le surplus de la requête.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte à M. B du désistement de ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a rejeté son recours préalable obligatoire formé contre la décision du 20 juin 2023 prise par cette autorité.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Desenlis et au département de la Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 13 juillet 2023.
Le juge des référés,
Signé : I. Billandon
La greffière,
Signé : S. Aubret La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026