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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2306760

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2306760

mardi 23 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2306760
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSTOYANOVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juin 2023, M. B A, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation en vue d'une admission exceptionnelle au séjour.

M. A doit être considéré comme soutenant que la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur d'appréciation eu égard aux risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées le 18 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;

- les observations de Me Stoyanova, représentant M. A, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par le même moyen ;

- et Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, absente, qui conclut au rejet de la requête, aucun des moyens soulevés n'étant fondé.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 16h33.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais, né le 1er janvier 1998 à Bubairthol Pekusora (République populaire du Bangladesh), entré en France le 17 octobre 2022 selon le relevé des informations de la base de données " TelemOfpra " produit en défense, a sollicité l'asile qui lui a été refusé par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le 30 septembre 2022 contre laquelle les conclusions en annulation ont été rejetées par une ordonannce de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 février 2023 notifiée le 17 février 2023. Par arrêté du 25 mai 2023, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 25 mai 2023.

2. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français (). ". Le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du même code prévoit qu'" Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées (). ".

3. Si M. A fait valoir être l'objet de menaces dans son pays ainsi qu'il l'a montré dans son récit initial pour l'Ofpra et la CNDA en sorte qu'un retour au pays serait pour lui fatal dans la mesure où ses ennemis le tueront s'ils le retrouvent, force est de constater qu'il n'apporte aucun élément à l'appui de ses dires et notamment les récits cités. Dans ces conditions, M. A ne peut être considéré comme encourant un risque en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, personnel et actuel au sens des stipulations précitées. Par suite, la préfète du Val-de-Marne n'a entaché sa décision d'aucune erreur d'appréciation.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 25 mai 2023, par lesquelles la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : G. Girard-Ratrenaharimanga

La greffière,

Signé : S. Aït Moussa

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. Aït Moussa

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