Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2306913

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2306913
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantGARAVEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Mme A, ressortissante camerounaise, d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de la préfète du Val-de-Marne d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. La requérante invoquait notamment un défaut de motivation, une incompétence, une erreur de fait et de droit, ainsi qu’une méconnaissance de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le tribunal a constaté, par une ordonnance de référé du 18 juillet 2023, que la préfecture avait finalement convoqué Mme A, rendant sans objet les conclusions à fin d’annulation et d’injonction. Il a donc prononcé un non-lieu à statuer sur ces demandes et rejeté le surplus des conclusions, notamment celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Garavel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 mai 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé l'enregistrement de se demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'enregistrement de la demande de renouvellement de sa demande, dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de procéder à un examen de sa situation sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou à défaut de réexaminer sa situation, et en tout état de cause de lui délivrer un récépissé autorisant le séjour et le travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 20 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 1er septembre 2024 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Rehman-Fawcett.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C A, ressortissante camerounaise, née le 14 août 2001 à Douala, était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 1er décembre 2021 au 30 novembre 2022 délivré sur le fondement de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle a souhaité obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Elle s'est à cette fin connectée sur le site " Démarches simplifiées " de la préfecture du Val-de-Marne et a déposé le 1er novembre 2022 une demande de rendez-vous pour pouvoir faire enregistrer sa demande de renouvellement et se voir délivrer un récépissé. Le silence gardé sur cette demande pendant plus de deux mois a fait naître, en application de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration une décision implicite de rejet le 2 janvier 2023 dont Mme A demande, par la présente requête, l'annulation.

2. Par une ordonnance du 18 juillet 2023 n°2306890, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a constaté que les services de la préfecture du Val-de-Marne ont finalement convoqué Mme A. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus d'enregistrement de cette demande sont devenues sans objet ; il n'y a donc plus lieu d'y statuer, pas plus que sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte.

Sur les frais liés au litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, et sur celles présentées à fin d'injonction sous astreinte

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et à la préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Seignat, conseillère,

M. Rehman-Fawcett, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2021

Le rapporteur,

C. REHMAN-FAWCETT

Le président,

S. DEWAILLYLa greffière,

L. SUEUR

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;

Pour expédition conforme,

La greffière