mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307009 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FONTENEAU NATHALIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2023, M. A B représenté par Me Fonteneau, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juin 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Il soutient que :
- ces décisions sont insuffisamment motivées en droit et en fait et signées par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de la gravité de ses effets sur sa situation personnelle ;
- la décision portant refus d'un délai de départ volontaire est illégale : elle n'est pas motivée et les faits allégués par l'administration ne peuvent caractériser un risque de fuite au sens de l'article L. 511-1 II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- l'ensemble de ces décisions méconnaissent les articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête ;
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
- la requête est tardive : le délai de quarante-huit heures pour contester ces décisions n'a pas été respecté : elles lui ont été notifiées le 27 juin 2023 et son recours n'a été enregistré que le 3 juillet 2023 ;
- à titre subsidiaire, l'auteur de l'acte dispose d'une délégation régulière ; l'arrêté est motivé en fait et en droit ; l'article 8 de la convention précité n'est pas méconnu : s'il déclare réside en France depuis décembre 2009, les pièces produites ne permettent pas de l'établir ; il ne justifie pas de l'intensité des liens personnels qu'il aurait noués en France ni d'une insertion professionnelle ; il est célibataire et sans enfant et ne justifie pas de liens avec sa famille ; il est sans ressources légales et régulières et ne justifie pas d'un domicile personnel et certain ; il a fait l'objet de condamnations pénales ; le principe du contradictoire a été respecté ; il a été auditionné au centre pénitentiaire le 29 juin 2023 ; l'absence de délai de départ volontaire est justifié par la menace à l'ordre public et l'absence de garanties de représentations suffisantes ; l'interdiction de retour est justifiée par l'absence de preuves quant à sa présence continue en France, l'absence de liens familiaux et son comportement de nature à troubler l'ordre public. Il ne produit aucune pièce établissant des craintes en cas de retour dans son pays d'origine : l'article 3 de la convention précitée n'est pas méconnu ; le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 2° du code précité sera écarté ; il ne prouve pas sa résidence habituelle en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans.
Vu :
- l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 21 juin 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Guillou, premier conseiller honoraire, inscrit sur la liste prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, pour statuer sur les recours dont le présent tribunal est saisi en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 8 mars 2024 en présence de Mme Darnal, greffière d'audience :
- le rapport de M. Guillou, magistrat désigné ;
- les observations de Me Fonteneau représentant M. B, présent, qui persiste en tous points dans les termes de la requête.
La clôture de l'instruction a été différée au 15 mars 2024 à 17 heures, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, né le 8 octobre 2002 à Bamako (Mali), est entré en France selon ses déclarations en décembre 2009. Par arrêté du 21 juin 2023, le préfet de Seine-et-Marne a obligé l'intéressé à quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 21 juin 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense par le préfet de Seine-et-Marne
2. L'article L. 251-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et les interdictions de circulation sur le territoire français prises en application du présent chapitre peuvent être contestées devant le tribunal administratif dans les conditions prévues au chapitre IV du titre I du livre VI. () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". Selon l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. / Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte de ces dispositions que, pour être recevables, les requêtes tendant à l'annulation de telles décisions doivent être présentées au greffe du tribunal administratif, pour y être enregistrées, dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'arrêté comportant ces décisions et que ce délai spécial de 48 heures, qui n'est pas un délai franc et n'obéit pas aux règles définies à l'article 642 du code de procédure civile, se décompte d'heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation.
3. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que les décisions obligeant M. B à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'interdisant de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans contenues dans l'arrêté susvisé du préfet de Seine-et-Marne du 21 juin 2023 ont été notifiées simultanément à l'intéressé par voie administrative le 27 juin 2023, sans indication d'heure lisible et comportaient la mention des voies et délais de recours ouverts à leur encontre dont il est réputé avoir compris le sens en apposant sa signature sans réserve au bas de l'exemplaire de notification ; M. B confirme bien avoir effectué un recours le même jour alors qu'il était écroué au centre pénitentiaire francilien ainsi que l'atteste une pièce figurant au dossier mais il n'explique pas pourquoi il n'aurait pas pu présenter son recours au greffe du Tribunal administratif que le 3 juillet 2023, aucune pièce ne figurant au dossier expliquant ce délai. Dans ces conditions, M. B doit être considéré comme ayant reçu notification de cet arrêté ainsi que celle des voies et délais de recours. Cette notification régulière a fait courir à son encontre les délais de recours contentieux à l'égard de ces décisions. La requête susvisée de M. B, tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de circulation pour une durée de trois, n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 3 juillet 2023, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures qui lui était imparti à cette fin le 29 juin 2023 au plus tard à minuit. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée en défense par le préfet de Seine-et-Marne tirée de la tardiveté de la requête ne peut qu'être acceptée : les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B sont donc tardives et, par suite, irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : J-R GuillouLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2307009
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026