jeudi 3 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MIRGODIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2023, Mme B E, retenue au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2, représentée par Me Mirgodin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet du Val d'Oise l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et l'a interdite de retour pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Elle soutient que les décisions litigieuses :
- sont entachées d'incompétence ;
- sont insuffisamment motivées ;
- ont été prises en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'erreur d'appréciation ;
- sont entachées d'une erreur de droit ;
- violent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- violent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2023, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées le 31 juillet 2023.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction tendant, en cas d'annulation, à enjoindre à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation de la requérante et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ainsi que de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de l'intéressée dans le système d'information Schengen ;
- les observations de Me Mirgodin, représentant Mme E, assistée de Mme D, interprète assermentée en langue serbe, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ;
- et celles de Mme E, assistée de Mme D.
Le préfet du Val d'Oise n'était ni présent ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative, à 15h30.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E, ressortissante serbe, née le 12 janvier 2000 à Pancevo (Serbie), est entrée en France en juin 2023 selon ses déclarations. L'intéressée a été interpellée le 17 juillet 2023 et placée en garde à vue pour des faits de tentative de vol par effraction. Par un arrêté du
17 juillet 2023, dont elle demande l'annulation, le préfet du Val d'Oise l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et l'a interdite de retour pour une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, l'autorité préfectorale a placé Mme E en rétention administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté n°23-014 du 22 février 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet du Val d'Oise a donné à Mme A F, adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement, signataire de l'arrêté attaqué, délégation de signature, en cas d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration et de son adjointe, pour l'ensemble des matières visées au 1 de l'arrêté portant délégation de signature précité, au nombre desquelles figure les décisions litigieuses. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les textes dont il fait application, mentionne notamment que Mme E, entrée en France et interpellée alors qu'elle était démunie de document de voyage, s'est en outre maintenue sur le territoire national au-delà d'un délai de trois mois après y être entrée, qu'elle ne justifie pas d'une résidence effective et permanente, qu'elle est célibataire et sans charge de famille et qu'elle n'allègue pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ce faisant, le préfet a énoncé de façon suffisante les éléments de fait et de droit qui constituent le fondement de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
5. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C 166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressée à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni sur chacune des décisions qui l'assortissent dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. En outre, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt C-383/13 du 10 septembre 2013, selon le droit de l'Union européenne, une violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, n'entraîne l'annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l'absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent.
6. Il ressort du procès-verbal de l'audition menée, le 17 juillet 2023 par les services de la compagnie de gendarmerie départementale de l'Isle-Adam, dans le cadre de la garde à vue de Mme E, que celle-ci, interrogée en présence d'un interprète en langue serbe sur les circonstances, la date et les raisons de son entrée en France, ses projets sur le territoire national, sa situation administrative au regard du droit au séjour, ses moyens de subsistance, ainsi que sa vie privée et familiale, a été mise en mesure de présenter ses observations sur les conditions de son séjour et la perspective de son éloignement. L'intéressée ne fait par ailleurs état d'aucun élément, susceptible d'influer sur le contenu des décisions litigieuses, qu'elle n'aurait eu la possibilité de présenter. Dès lors, la requérante ne saurait être regardée comme ayant été privée du droit d'être entendue qu'elle tient du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. L'intéressée n'est pas davantage fondée à soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu.
7. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, motivé de façon circonstanciée ainsi qu'il a été dit au point 3, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet du Val d'Oise n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation de l'intéressée. Le moyen tiré du défaut d'examen doit, par suite, être écarté.
8. En dernier lieu, si Mme E soulève, dans son mémoire du 19 juillet 2023, le moyen tiré de l'erreur de droit, elle n'a assorti ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne un moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français :
9. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire, refus d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français qui n'ont pas pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel Mme E pourra être éloignée d'office, lequel est déterminé par une décision distincte.
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français et celle fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. I1 ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. Mme E fait valoir que les seules attaches familiales dont elle dispose sont en France, raison pour laquelle elle s'y est rendue et souhaite s'y installer, et qu'elle vit de manière fixe et stable chez sa tante, laquelle est en situation régulière au regard du droit au séjour. Il est néanmoins constant que l'intéressée, âgée de 23 ans à la date de l'arrêté, est arrivée de façon récente sur le sol national, et il n'est pas contesté qu'elle est célibataire et sans charge de famille. L'hébergement invoqué chez sa tante constitue ainsi une circonstance extrêmement récente, alors que l'intéressée a déclaré, lors de son audition du
17 juillet 2020, qu'elle demeurait encore deux semaines plus tôt chez un individu résidant dans le sud de la France. Il n'est en outre par allégué que la requérante serait dépourvue de toute attache, hors de son cercle familial, dans son pays d'origine où elle a vécu ses vingt premières années. Ainsi, les éléments invoqués ne démontrent pas que les décisions en litige auraient porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations susvisées de l'article 8 doit, par suite, être écarté.
12. En deuxième lieu, l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit () qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du
4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
13. Mme E, en se limitant à l'affirmation que, dépourvue d'attaches familiales et de ressources en Serbie, elle y serait exposée à un risque de vivre à la rue et de subir des maltraitances, sans apporter le moindre élément pour préciser et étayer ses allégations, ne peut être considérée comme établissant encourir un risque, en cas de retour dans son pays d'origine, entrant dans le champ des stipulations de l'article 3 susvisé. Le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté, en tant qu'il fixe le pays de destination de la reconduite, méconnaîtrait ces stipulations doit, par suite, être écarté.
14. En dernier lieu, Mme E, ressortissante serbe n'étant pas soumise à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures de l'Union européenne si elle dispose d'un passeport biométrique, soutient qu'elle séjournait en France depuis moins de trois mois à la date de la décision en litige, du 17 juillet 2023. Toutefois, l'intéressée n'apporte ni éléments précis ni justifications quant à la date et aux conditions de son entrée en France, et se borne à l'allégation vague d'une arrivée " en juin 2023 ", de sorte qu'elle ne peut être regardée comme opposant une contestation suffisante au motif retenu par l'autorité préfectorale tiré d'un maintien irrégulier sur le territoire au-delà de trois mois. Il ne ressort ainsi des pièces du dossier aucune indication claire quant à la date exacte d'entrée en France de l'intéressée, eu égard notamment au récit très peu circonstancié de celle-ci lors de sa garde à vue, le 17 juillet 2020. La requérante ne conteste pas plus utilement ne pas être entrée en France en possession des documents de voyage requis, notamment d'un passeport biométrique, alors qu'elle a exposé durant sa garde à vue ne pas être en mesure de produire les documents susceptibles de justifier de la régularité de sa situation, lesquels seraient restés au domicile d'un individu, où elle aurait séjourné trois jours, sans pouvoir fournir l'adresse ni la commune de résidence en question, non plus que l'identité complète de l'individu en cause. Dans ces conditions, et eu égard également à ce qui vient d'être dit aux points 11 et 13, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ", et selon les termes de l'article L. 612-3 du même code : " le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce (, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
16. L'invocation, par la requérante, qu'elle est hébergée de façon stable chez sa tante, circonstance au surplus extrêmement récente ainsi qu'il a été dit au point 11, ne saurait suffire à caractériser l'existence d'une résidence permanente au sens des dispositions précitées, de nature à présenter des garanties de représentation suffisantes. Dès lors, le risque de fuite pouvant être regardé comme établi au sens des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a pu légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. En ne retenant pas de circonstances particulières de nature à renverser cette présomption, cette autorité n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France de l'intéressée. L'autorité préfectorale n'a davantage pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code précise que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ( ) ".
18. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
19. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que, pour édicter sa décision d'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet du Val d'Oise s'est fondé sur la présence très récente de Mme E en France, et sur la nature de ses attaches familiales sur le territoire national, notamment sa situation célibataire et sans enfant. Ces éléments permettaient au préfet de prendre légalement une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an qui n'est pas, en l'espèce, disproportionnée. Par suite, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations, mentionnées au point 10, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
En ce qui concerne le signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen :
20. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". En vertu de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour prise en application de l'article L. 613-5 sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription au fichier des personnes recherchées.
21. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou prolonge l'interdiction de retour dont cet étranger fait l'objet, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet en tant que telle d'un recours pour excès de pouvoir.
22. Par sa requête du 19 juillet 2023 présentée sans avocat, Mme E, qui demande l'annulation d'une décision de signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen, conclusions en tout état de cause irrecevables conformément à ce qui a été dit au point précédent, doit être regardée comme sollicitant, via le prononcé d'une injonction, qu'il soit procédé à l'effacement du signalement en question. Il résulte toutefois de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête, relatives à l'obligation de quitter le territoire français sans délai, au refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français, doivent être rejetées, en sorte qu'il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées par la requérante à fin d'injonction. La demande précitée ne peut donc, en tout état de cause, qu'être rejetée.
23. Il résulte de tout de ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au préfet du Val-d'Oise.
Lu en audience publique le 3 août 2023.
La magistrate désignée,
Signé : S. C
La greffière,
Signé : S. AÏT MOUSSA La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. AÏT MOUSSA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026