lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307683 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TARON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2023, Mme D C, agissant en son nom et agissant en qualité de représentante légale de son fils B, représentée par Me Taron, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, à la rectrice de l'académie de Créteil sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'affecter le jeune B au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire en classe de sixième dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
* la condition d'urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est caractérisée par l'absence de scolarisation de l'enfant dans une unité pédagogique lui offrant des programmes d'enseignement adaptés à son handicap et un suivi personnalisé ; le jeune B souffre d'un trouble du développement et d'un syndrome dit de E de F ; il est apte à intégrer une classe en unité localisée pour l'inclusion scolaire ;
* il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'éducation qui constitue une liberté fondamentale garantie par le 13ème alinéa du préambule de la constitution de 1946, l'article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il est également rappelé aux articles L. 111-1, L. 112-1 et L. 131-1 du code de l'éducation ; aucune diligence réelle pour accueillir ce jeune en unité localisée pour l'inclusion scolaire n'a été justifiée ; il est dépourvu de prise en charge à la rentrée 2023.
Par un mémoires en défense, enregistré le 27 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Créteil conclut au non-lieu à statuer sur la requête de Mme C.
Elle fait valoir qu'une place pour le jeune B a été notifiée à ses parents en unité localisée pour l'inclusion scolaire dans un collège de Créteil pour la rentrée 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Taron, représentant Mme D C et M. B C absents, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Me Taron soutient que la décision d'affectation du jeune B en 6ème au collège Pasteur en unité localisée pour l'inclusion scolaire donne satisfaction à ses clients.
- la rectrice de l'académie de Créteil n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que par une décision du 22 juin 2017, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Val-de-Marne a orienté le jeune B C en service d'éducation spécialisée et de soins à domicile et a prescrit son accueil en institut médico-éducatif pour la période du 15 juin 2017 au 14 juin 2020, dans le cadre de son projet personnalisé de scolarisation. Aucune place n'ayant été trouvée pour le jeune B en institut médico-éducatif, ce dernier a été pris en charge au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire par l'école élémentaire Saint-Exupéry à Villeneuve-Saint-Georges, puis sein de l'école expérimentale de Bonneuil-sur-Marne du 2 mars 2020 au 1er avril 2023. En outre, par une décision du 16 mai 2023, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Val-de-Marne a orienté le jeune B en unité localisée pour l'inclusion scolaire du 1er septembre 2023 au 31 août 2027. Par une décision du 28 juin 2022, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a maintenu l'orientation du jeune B en service d'éducation spécialisée et de soins à domicile et en institut médico-éducatif pour la période du 14 juin 2020 au 31 mai 2030. Toutefois, les demandes s'inscription du jeune B en institut médico-éducatif ont été rejetées. De même, par une décision du 7 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Créteil a rejeté la demande d'affectation du jeune B en unité localisée pour l'inclusion scolaire, faute de place dans ce dispositif, tout en confirmant son affectation en milieu ordinaire dans son collège d'affectation. Par la requête susvisée, Mme D C demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la rectrice de l'académie de Créteil d'affecter le jeune B au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire en classe de sixième.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. L'égal accès à l'instruction, garanti par le treizième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère celui de la Constitution du 4 octobre 1958, ainsi que par l'article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est également rappelé à l'article L. 111-1 du code de l'éducation, aux termes duquel : " () Le droit à l'éducation est garanti à chacun () ", ainsi qu'à son article L. 111-2, aux termes duquel : " Tout enfant a droit à une formation scolaire qui, complétant l'action de sa famille, concourt à son éducation. / () / Pour favoriser l'égalité des chances, des dispositions appropriées rendent possible l'accès de chacun, en fonction de ses aptitudes et de ses besoins particuliers, aux différents types ou niveaux de la formation scolaire. / () ". Ces dispositions sont complétées par celles de l'article L. 112-1 du même code, aux termes duquel : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'État met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes en situation de handicap. / () ", et par celles de son article L. 112-2, aux termes duquel : " Afin que lui soit assuré un parcours de formation adapté, chaque enfant, adolescent ou adulte en situation de handicap a droit à une évaluation de ses compétences, de ses besoins et des mesures mises en œuvre dans le cadre de ce parcours, selon une périodicité adaptée à sa situation. Cette évaluation est réalisée par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8 du code de l'action sociale et des familles. Les parents ou le représentant légal de l'enfant sont obligatoirement invités à s'exprimer à cette occasion. / En fonction des résultats de l'évaluation, il est proposé à chaque enfant, adolescent ou adulte en situation de handicap, ainsi qu'à sa famille, un parcours de formation qui fait l'objet d'un projet personnalisé de scolarisation assorti des ajustements nécessaires en favorisant, chaque fois que possible, la formation en milieu scolaire ordinaire. Le projet personnalisé de scolarisation constitue un élément du plan de compensation visé à l'article L. 146-8 du code de l'action sociale et des familles. Il propose des modalités de déroulement de la scolarité coordonnées avec les mesures permettant l'accompagnement de celle-ci figurant dans le plan de compensation ".
4. La privation pour un enfant, notamment s'il souffre d'un handicap ou d'un trouble de la santé invalidant, de la possibilité de bénéficier d'une scolarisation ou d'une formation scolaire adaptée, selon les modalités que le législateur a définies afin d'assurer le respect de l'exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale pouvant justifier l'intervention du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, sous réserve qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. En outre, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte, d'une part de l'âge de l'enfant, d'autre part des diligences accomplies par l'autorité administrative compétente, au regard des moyens dont elle dispose.
5. Il résulte de l'instruction qu'au cours de l'instance, par une décision du 26 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Créteil a admis le jeune B C en classe de 6ème au sein de l'unité localisée pour l'inclusion scolaire du collège Pasteur situé 61 avenue du chemin de Mesly à Créteil. Par suite, le dispositif arrêté par la rectrice étant conforme à la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées orientant le jeune B en unité localisée pour l'inclusion scolaire, la demande des requérants a perdu son objet.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme D C au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat le paiement à Mme D C de la somme totale de 1 200 euros au titre des frais que ces deux requérants ont exposés dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme D C.
Article 2 : L'Etat (académie de Créteil) versera à Mme D C une somme totale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C et à la rectrice de l'académie de Créteil.
Fait à Melun, le 31 juillet 2023.
Le juge des référés, La greffière,
Signé : S. ASigné : M. Do Novo
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026