vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2308210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CANDON BENOIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris et le 3 août 2023 au greffe du présent tribunal, complétés les 3 et 6 septembre 2023, Madame C B, représenté par Me Candon, demande au tribunal, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) d'annuler les arrêtés en date du 24 juillet 2023 par lequel le préfet de police de Paris Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans,
2°) de condamner l'Etat (préfet de police de Paris), en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle et L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me Candon, son avocat ayant accepté l'aide juridictionnelle, la somme de 1.000 euros, en contrepartie du renoncement par celui-ci de la part contributive de l'Etat, ce qu'il déclare expressément faire dans cette hypothèse, subsidiairement, condamner l'Etat à payer à la requérante la somme de 1.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que les décisions en cause ont été signées par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car elle est demandeur d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 27 août 2023, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
- l'ordonnance du président du tribunal administratif de Paris transmettant au tribunal administratif de Melun la requête de Madame B, au motif de la résidence de l'intéressée à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 7 septembre 2023, tenue en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence de la requérante et du préfet de police de Paris, ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1. Madame C B, ressortissante camerounaise née le 9 juin 1995 à Banka-Bafang (Région de l'Ouest), a été placée en zone d'attente le 16 juillet 2023 à l'arrivée d'un vol en provenance de Casablanca (Maroc), ayant présenté un document de voyage comportant un faux visa. Elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée le 19 juillet 2023 par le ministre de l'intérieur et des outre-mer. Son recours contre cette décision a été rejeté par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris le 22 juillet 2023 dont elle a interjeté appel le 10 août 2023. Présentée à un vol de retour vers Casablanca, le 24 juillet 2023, elle a catégoriquement refusé d'embarquer. Placée en garde à vue, elle a fait l'objet, le même jour, par le préfet de police de Paris, de deux décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et prononçant à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par sa requête enregistrée le 26 juillet 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, l'annulation de cette décision. Cette requête a été transmise au présent tribunal en raison du domicile déclaré de l'intéressé à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) 8 avenue Gambetta, chez Madame E A.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () ".
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins n'annulation
4. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à M. D F, attaché d'administration de l'Etat, directement placé sous l'autorité de la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en cause doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si la requérante soutient qu'elle a formé appel le 11 août 2023 contre la décision par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté son recours formé contre la décision du 19 juillet 2023 du ministre de l'intérieur et des outre-mer lui refusant l'entrée sur le territoire au titre de l'asile, cet appel n'a aucun effet suspensif sur l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français. De même si, par ailleurs, elle indique vouloir déposer une demande d'asile en France, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, elle n'était pas titulaire d'une attestation de demande d'asile. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que Madame B est entrée sur le territoire français munie d'un document de voyage falsifié, ce qu'elle ne conteste au demeurant pas. Par suite, elle ne peut soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français méconnaîtrait les dispositions rappelées ci-dessus de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 614-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ".Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
7. Si l'intéressée soutient qu'elle " peut craindre légitimement pour son intégrité physique en cas de retour au Cameroun ", elle ne présent à l'appui de ses affirmations aucun élément probant ni même crédible. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le Cameroun comme pays de renvoi méconnaîtrait notamment les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne pourra donc qu'être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
9. Si l'intéressée considère que l'interdiction de retour pour une durée de deux ans est une mesure excessive compte-tenu de sa jeunesse, de sa situation de précarité, de son isolement dans son pays d'origine et de l'absence de tout comportement délinquant ou de mauvaise foi en France, il est constant qu'elle est entrée en France avec un document frauduleux et qu'elle a refusé d'embarquer sur un vol de retour à destination du Maroc alors qu'elle était en zone d'attente et qu'un refus d'entrée lui avait été opposé titré de l'erreur d'appréciation commise par le préfet de police de Paris en fixant à deux ans son interdiction de retour ne pourra donc qu'être écartée.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée dans l'ensemble de ses composantes.
D E C I D E :
Article 1er : Madame B n'est pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Madame B est rejetée.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Madame C B, au préfet de police de Paris et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : M. Aymard
La greffière,
Signé : S. Aït Moussa La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Aït Moussa
N°2308210
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026