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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2308223

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2308223

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2308223
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédures contentieuses antérieures :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 janvier 2019, 21 mai 2019 et 29 novembre 2019 enregistrés sous le n°1900357, M. C A a demandé au tribunal administratif d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2018 par lequel le maire de Thiais a délivré à la SAS Caishen Invest un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 7 Villa Pasteur et valant division du terrain d'assiette en deux parcelles ainsi que démolition des annexes existantes et à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge de la commune de Thiais sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un premier jugement du 29 juin 2021, le tribunal administratif de Melun a, avant dire droit sur cette requête, sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement, dans l'attente de la notification au présent tribunal d'un permis de construire régularisant les vices dont était entaché l'arrêté du 8 novembre 2018 tirés de la méconnaissance de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme, et des articles UC 3, UC 4, UC 7 et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Thiais.

Par mémoire en défense enregistré au greffe du tribunal le 15 octobre 2021, la SAS Caishen Invest, représentée par la société Enjea avocats, a notifié à ce tribunal l'arrêté du 24 septembre 2021 par lequel le maire de Thiais lui a délivré un permis de construire modificatif.

Par un second jugement du 27 juin 2022, le tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A.

Par une décision du 26 juillet 2023, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi en cassation présenté par M. A, a annulé le jugement du tribunal administratif de Melun du 27 juin 2022 au motif que les visas du jugement attaqué ne faisaient pas mention de la note en délibéré adressée par M. A et enregistrée le 9 juin 2022 et a renvoyé cette affaire devant ce tribunal.

Procédure devant le tribunal :

Par des mémoires enregistrés les 17 décembre 2021, 9 juin 2022 et 16 mai 2024, M. C A, représenté par Me Chaignet persiste dans les conclusions de sa requête introductive d'instance.

Il soutient que :

- le permis de construire modificatif du 24 septembre 2021 a été obtenu par fraude ;

- ce permis modificatif est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a également pour objet de modifier un autre permis de construire délivré le 17 novembre 2020 ;

- le dossier de demande de permis de construire initial était incomplet en méconnaissance des dispositions du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le document d'insertion produit ne représentait que la façade avant de la maison d'habitation existante ;

- le permis de construire modificatif du 24 septembre 2021 ne régularise pas le permis du 8 novembre 2021 qui est toujours irrégulier pour méconnaître les dispositions de l'article R. 431-32 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne contient aucun contrat instituant une servitude de cour commune ;

- il méconnait toujours les dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la largeur d'accès au lot A est inférieure à 3,50 mètres ; en outre, la voie de desserte située sur le lot B ne permet pas aux véhicules de faire demi-tour ;

- il méconnait les dispositions de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que le projet respectera le débit de restitution maximal de 4 l / s / ha fixé par le plan de zonage pluvial ; en outre, les places de stationnement seront entièrement imperméabilisées, faisant obstacle à l'écoulement des eaux sur le terrain ; enfin, le projet ne présente aucune technique alternative de récupération et de traitement des eaux pluviales ;

- il méconnait les dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la façade sud du pavillon A sera située à seulement 60 centimètres de la nouvelle limite séparative latérale ; en outre, la façade ouest du bâtiment B est située à seulement 3,56 mètres de la limite séparative latérale avec le lot A, alors qu'un retrait d'au moins six mètres est nécessaire ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le pourcentage d'espaces verts sur le lot A est inférieur à 40 % de la superficie du terrain.

Par des mémoires en défense enregistrés le 15 octobre 2021, le 12 janvier 2022 et le 1er février 2022, la SAS Caishen Invest, représentée par la société Enjea avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A le versement de la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire distinct, enregistré le 23 mai 2019, la SAS Caishen Invest, représentée par la SCP Enjea Avocats conclut à la condamnation de M. A à lui verser la somme de 14 433,39 euros en réparation de son préjudice financier sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2024, la commune de Thiais, représentée par la Sarl Cazin Marceau avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A le versement de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que la requête pourra être rejetée pour les mêmes motifs que ceux déjà retenus par le tribunal administratif de Melun dans son jugement du 27 juin 2022 dès lors que la note en délibéré produite par M. A le 9 juin 2022 n'apporte aucun élément nouveau.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Duhamel,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de Me Chaignet, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 8 novembre 2018, le maire de Thiais a délivré à la SAS Caishen Invest un permis de construire valant division du terrain d'assiette en deux lots sur la parcelle cadastrée section AB n° 16, classée en zone UC du plan local d'urbanisme de cette commune et située 7 Villa Pasteur, en vue de l'édification d'un immeuble à usage d'habitation de type R+1 d'une surface de plancher de 109 m² sur le lot B, après démolition des bâtiments annexes existants en fond de parcelle et de la modification, d'une part, de la façade sud de la maison individuelle existante à l'avant du terrain à diviser, soit sur le lot A, par suppression de trois baies et, d'autre part, de la clôture du même terrain. Par une requête enregistrée le 14 janvier 2019, M. C A a demandé au tribunal administratif d'annuler cet arrêté. Par un jugement du 29 juin 2021, le tribunal a, avant dire droit sur cette requête, sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement, dans l'attente de la notification au présent tribunal d'un permis de construire modificatif régularisant les vices tenant à la méconnaissance de l'article R.431-32 du code de l'urbanisme et des articles UC 3, UC 4, UC 7 et UC 13 du règlement de plan local d'urbanisme de la commune de Thiais. Après que la SAS Caishen Invest lui eut notifié l'arrêté du 24 septembre 2021 par lequel le maire de Thiais lui a délivré un permis de construire modificatif, le tribunal, par un second jugement du 27 juin 2022, a rejeté la requête de M. A. Par une décision du 26 juillet 2023, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, a annulé le jugement du tribunal administratif de Melun du 27 juin 2022 et lui a renvoyé cette affaire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

3. A compter de la décision par laquelle le juge fait usage de la faculté de surseoir à statuer ouverte par l'article L. 600-5-1, seuls des moyens dirigés contre le permis modificatif notifié, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. Les parties ne peuvent soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments résultant de la régularisation.

Sur la fraude :

4. Le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'antérieurement au dépôt de la demande de permis de construire modificatif obtenue par la SAS Caishen Invest par un arrêté du 24 septembre 2021, comme à la suite de celui-ci, des travaux ont été exécutés sur le terrain correspondant au lot A issu de la division parcellaire autorisée par le permis de construire initial du 8 novembre 2018. Toutefois, la demande de permis de construire modificatif du 23 juillet 2021 a été déposée par la SAS Caishen Invest, à la suite du jugement du 29 juin 2021, en vue de régulariser des vices affectant un projet initialement autorisé le 8 novembre 2018 et non d'autres travaux qui auraient été réalisés par des tiers sans autorisation. Ainsi, à supposer même que les travaux réalisés sur le lot A n'aient fait l'objet d'aucune autorisation, y compris au titre du permis de construire accordé le 17 novembre 2020 à M. B, et ne seraient pas conformes aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de Thiais, ces seules circonstances ne caractérisent pas, dans les circonstances de l'espèce, l'existence de manœuvres de la part de la SAS Caishen Invest de nature à induire l'administration en erreur afin d'obtenir une décision indue. Dès lors, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la fraude de la société pétitionnaire.

Sur la composition du dossier de demande de permis de construire :

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain (). ".

7. Si M. A soutient que le dossier de demande de permis de construire initial était incomplet au regard des dispositions précitées dès lors que le document d'insertion produit ne représentait que la façade avant de la maison d'habitation existante, il ne peut utilement soulever, compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le moyen tiré du vice de procédure dans le cadre de la présente instance, le moyen soulevé ne constituant pas un vice propre au permis de régularisation mais se rapportant au permis de construire initial.

8. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-32 : " Lorsque l'édification des constructions est subordonnée, pour l'application des dispositions relatives à l'urbanisme, à l'institution sur des terrains voisins d'une servitude dite de cours communes, la demande est accompagnée des contrats ou décisions judiciaires relatifs à l'institution de ces servitudes ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque l'institution d'une servitude de cour commune est requise pour l'édification d'une construction, le permis de construire autorisant cette construction ne peut être délivré par l'autorité administrative sans qu'aient été produits par le pétitionnaire, dans le cadre de sa demande, les documents justifiant de ce qu'une telle servitude sera instituée lors de l'édification de la construction projetée. Ces dispositions n'imposent pas que la servitude ait été établie et soit entrée en vigueur avant que le permis de construire ne soit délivré.

9. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire modificatif, notamment du contrat relatif à l'institution de cour commune " non aedificandi " signé le 23 juillet 2021 par la SAS Caishen Invest et M. B et communiqué le même jour au service d'urbanisme de la commune de Thiais, que deux servitudes de cour commune ont été instituées, respectivement, à l'arrière de la maison individuelle existante sur le lot A et au droit de la façade sud de cette maison. La circonstance que l'une d'elle n'aurait pas été respectée du fait de l'édification d'un mur de clôture soulève un litige distinct d'ordre privé ressortissant de la seule compétence de l'autorité judiciaire. Dès lors le moyen ne peut qu'être écarté.

Sur la méconnaissance de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme :

10. D'une part, aux termes de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et conditions d'accès aux voies ouvertes au public : " I. Dispositions générales / Pour être constructible, un terrain doit présenter un accès sur une voie de desserte publique ou privée, à moins que celui-ci bénéficie d'une servitude de passage suffisante, aménagée sur les fonds servants et instituée par acte authentique ou par voie judiciaire, en application du code civil. / II. Voies de desserte / Pour être suffisantes, les voies de desserte doivent / () -être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire demi-tour lorsqu'elles se terminent en impasse (). / III. Accès / La localisation des accès des véhicules doit éviter tout risque manifeste pour la circulation. () Dans tous les cas, la largeur d'emprise de l'accès à un terrain ne peut être inférieure à 3,50 mètres. () ". En outre, le lexique du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que " La voie de desserte est celle donnant accès au terrain sur lequel la construction est projetée. Elle comporte des aménagements nécessaires à la circulation des personnes et/ou des véhicules et peut être de statut public ou privé. ". D'autre part, aux termes de l'article 3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme : " Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme aux dispositions du présent règlement, l'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol ne peut être accordée que pour des travaux améliorant la conformité de la construction aux dispositions dudit règlement ou pour des travaux qui n'aggravent pas sa non-conformité. ".

11. Il ressort des pièces du dossier et notamment du " plan de masses servitudes " que la largeur de l'accès aménagé est de 350 centimètres pour le lot A et de 352 centimètres pour le lot B, rendant les accès conformes aux dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'écarter ce moyen.

Sur la méconnaissance de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme :

12. Aux termes de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les réseaux publics : " () 2) Eaux pluviales / La récupération et l'utilisation des eaux pluviales, ainsi que les eaux de toutes autres origines, doivent respecter les exigences de la législation et de la réglementation en vigueur. / Afin de limiter les apports et le débit de fuite des eaux pluviales provenant de surfaces imperméabilisées vers le réseau public, des techniques dites alternatives doivent être mises en œuvre en priorité sur le terrain telles que noues, chaussées réservoirs, fossés drainants, bassins, rétention d'eau en terrasse, récupération. Cette liste de techniques alternatives n'est pas limitative. (). / Le débit de rejet dans le réseau collecteur d'eaux pluviales doit respecter les normes quantitatives et qualitatives en vigueur mentionnées dans le plan de zonage pluvial. / Les aménagements réalisés doivent permettre le libre écoulement des eaux sur le terrain par des dispositifs adaptés à la construction, à la topographie du terrain et à la nature du sous-sol. () ". Selon le plan de zonage pluvial, le débit de restitution maximal admissible sur le terrain d'assiette du projet est de 4 l/s/ha.

13. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masses servitudes, que le projet résultant du permis modificatif accordé le 24 septembre 2021 prévoit des techniques alternatives permettant de limiter les apports et le débit de fuite des eaux pluviales provenant de surfaces imperméabilisées vers le réseau public par la mise en place de deux limiteurs de débit, et d'un récupérateur d'eau de pluies en façade donnant sur la voie " villa Pasteur ". Ces installations sont également dument représentées sur les plans de masse et de toiture modificatifs et présentées dans la notice. Si le requérant invoque, en outre, la méconnaissance par le projet en cause de l'obligation de traitement des eaux pluviales à la parcelle en l'absence de raccordement au réseau public, ce moyen nouveau ne saurait être utilement invoqué dès lors qu'il ne concerne pas un des vices relevés par le jugement avant-dire-droit du 29 juin 2021. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 4 ne peut qu'être écarté.

Sur la méconnaissance de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme :

14. D'une part, aux termes de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " I. Champ d'application / Les limites séparatives latérales sont celles qui aboutissent à l'alignement et les limites séparatives de fond de terrain sont celles qui aboutissent aux limites séparatives latérales. Les terrains situés à l'angle de deux voies n'ont que des limites séparatives latérales. / Ne sont pas pris en compte pour l'application de cet article les éléments d'architecture et éléments techniques de moins de 0,50 m d'épaisseur sur façade notamment débords de toitures, oriels, corniches, procédés d'isolation extérieure, balcons. / II. Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / Dans une bande de 20 mètres comptée à partir de l'alignement, les constructions, en tout point, peuvent être implantées sur les limites séparatives latérales et doivent être implantées en retrait de la limite de fond de terrain. / Au-delà de la bande de 20 mètres, les constructions doivent être implantées en retrait des limites séparatives qu'elles soient latérales ou de fond de terrain. / III. Dispositions relatives aux calculs des retraits / Le retrait doit être au moins égal à :/ 1) la moitié de la hauteur de la façade, sans pouvoir être inférieure à 6 m : L = H/2 = 6 m, lorsque la façade comporte une ou plusieurs baies; / 2) la moitié de la hauteur de la façade, sans pouvoir être inférieure à 2,5m : L = H/2 = 2,50 dans le cas de façade sans baie ; / 3) la moitié de la hauteur de la façade, sans pouvoir être inférieure à 2,5m : L = H/2 = 2,50 dans le cas de façade comportant uniquement des baies en rez-de-chaussée lorsque celles-ci font face sur la totalité de leur hauteur à un dispositif pérenne formant écran. (). / IV. Dispositions particulières / 1) Dans le cas de travaux d'extension, de surélévation ou d'amélioration d'une construction dont l'implantation ne respecte pas les retraits définis au III du présent article, ces travaux peuvent être réalisés dans le prolongement des murs existants. Toutefois, dans ce cas, aucune baie ne peut être créée ou agrandie sans respecter les retraits définis au III du présent article. / 2) Lorsqu'il existe une servitude de cour commune, au sens de l'article L.471-1 du code de l'urbanisme, les retraits définis au III du présent article se calculent par rapport à la limite opposée de la cour commune. () ". D'autre part, aux termes de l'article 4 des dispositions générales de ce règlement : " Dans le cas d'une demande de lotissement (), les dispositions du présent règlement s'appliquent à chacun des lots ou terrains issus de la division ". Enfin, le lexique précise que " La hauteur de façade correspond à la verticale qui se mesure au droit de la construction, comptée à partir du niveau du terrain naturel jusqu'à l'égout du toit en pente ou jusqu'au sommet de l'acrotère du toit terrasse. ".

15. Les servitudes de cour commune mentionnées au point 9 permettent d'assurer la conformité du projet en litige aux règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, telles qu'elles sont définies à l'article UC 7. Si le requérant soutient que le retrait de l'implantation de la façade sud de la maison existante sur le lot A devait être de six mètres en raison de la présence de baies, il ressort des pièces du dossier qu'il est prévu de supprimer ces baies. Dès lors, le retrait applicable est de 2,50 mètres en application du 2) du III de l'article UC 7. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur la méconnaissance de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme :

16. M. A invoque la méconnaissance des obligations imposées aux constructeurs en matière de stationnement par les dispositions de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Thiais du fait de la création d'une surface de plancher supplémentaire accompagnée de la suppression de l'unique place de stationnement affectée à la maison individuelle existante sur le lot A. Toutefois, dès lors que de tels travaux ne sont autorisés, ni dans sa version initiale, ni dans sa version modifiée, par le projet en litige, ce moyen est inopérant.

Sur la méconnaissance de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme :

17. Aux termes de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'espaces libres, d'aires de jeux et de loisirs et de plantations " () II. Règles générales / Des espaces verts doivent être aménagés sur au moins 40% de la superficie du terrain. () ". Le lexique précise que " les espaces verts se définissent comme les surfaces de l'unité foncière faisant l'objet d'un traitement végétal composé de plantations, de surfaces engazonnées, d'arbres ou de bosquets Ils comprennent au moins une épaisseur de terre de 40 cm, hors couche drainante pour la végétalisation à faible développement et de 1,5 m pour les végétaux à moyen et grand développements. ".

18. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige, dans sa version résultant du permis de construire modificatif du 24 septembre 2021, prévoit le maintien ou l'aménagement sur le lot A d'espaces verts qui, compte tenu de l'espace gazonné se trouvant à l'avant de la maison existante sur ce lot et déduction faite de la terrasse pavée située à l'arrière, représentent une surface de 77 m², soit plus de 40 % de la superficie de ce lot. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 13 ne peut qu'être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les vices retenus par le jugement avant dire droit ayant été régularisés par le permis de construire modificatif accordé le 24 septembre 2021, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté de permis de construire initialement délivré à la société anonyme Caishen Invest le 8 novembre 2018 doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

20. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire () est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. () ".

21. Il ne résulte pas de l'instruction que le droit du requérant à former un recours contre le permis de construire accordé à la société anonyme Caishen Invest aurait été mis en œuvre dans des conditions qui traduiraient de sa part un comportement abusif. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par la SAS Caishen Invest doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Thiais, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A les sommes demandées par la commune de Thiais et par la SAS Caishen Invest au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la SAS Caishen Invest sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Thiais et de la SAS Caishen Invest présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C A, à la SAS Caishen Invest et à la commune de Thiais.

Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. D , président,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le rapporteur,

B. DUHAMEL

Le président,

M. DLa greffière,

M.NODIN

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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