mercredi 23 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2308228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL JOVE - LANGAGNE - BOISSAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2023, M. A B, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2, représenté par Me Dagneau, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans.
M. B soutient que sa requête est recevable.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées les 7 et 22 août 2023.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées le 16 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Blanc, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-15 et suivants ainsi que les chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête et en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction, assortie le cas échéant d'une astreinte, tendant à enjoindre à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation de M. B et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. B dans le système d'information Schengen ;
- et les observations de Me Dagneau, représentant M. B, assisté de Mme C, interprète assermentée en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, qu'il n'a pas été assisté d'un interprète lors de la notification de l'arrêté attaqué qu'il n'a pas compris et qu'il a rencontré des difficultés matérielles pour former son recours en détention, que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, qu'il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration a été méconnu, qu'il est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier, qu'il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle et que la seule infraction qu'il a commise ne révèle pas une menace à l'ordre public, que le jugement n'est pas produit, et qu'il est arrivé en France il y a deux ans et qu'il a de la famille à Villeneuve-Saint-Georges et que la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- M. B, assisté par Mme C, interprète assermentée en langue arabe, qui indique qu'il n'a pas d'observation ;
- et Me Benzina, représentant la préfète du Val-de-Marne, absente, qui conclut au rejet de la requête pour tardiveté dès lors que le requérant a contesté l'arrêté de placement en rétention, qui lui a été notifié sans interprète, dans les délais et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé dès lors que la menace à l'ordre public est caractérisée, que l'intéressé n'a pas indiqué avoir des informations à faire communiquer qui auraient pu aboutir à une solution différente, qu'il ne présente pas de garanties suffisantes et représente une menace à l'ordre public, qu'il est en France depuis seulement deux ans et n'apporte pas de preuve de persécution dans son pays d'origine.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 15h33.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de nationalité algérienne, né le 25 janvier 2005, a été condamné par le Tribunal judiciaire de Créteil à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours, complicité, violence commise en réunion, rébellion et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique. Par un arrêté du 31 juillet 2023, notifié le 1er août 2023, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a informé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. En vue de l'exécution de cette mesure et à la levée d'écrou, la préfète du Val-de-Marne a prescrit, par un arrêté du 1er août 2023, son placement au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n°2. Ce placement a été prolongé par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Créteil. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du
31 juillet 2023 de la préfète du Val-de-Marne.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles. ". Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Le II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative rappelle le délai de 48 heures prévu par les dispositions précitées. Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 () ne sont susceptibles d'aucune prorogation ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être recevables, les requêtes tendant à l'annulation de telles décisions doivent être présentées au greffe du tribunal administratif, pour y être enregistrées, dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'arrêté comportant ces décisions et que ce délai spécial de 48 heures, qui n'est pas un délai franc et n'obéit pas aux règles définies à l'article 642 du code de procédure civile, se décompte d'heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation.
4. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que les décisions obligeant M. B à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'interdisant de retour pour une durée de trois ans contenues dans l'arrêté susvisé de la préfète du Val-de-Marne du 31 juillet 2023, sur lequel figure la signature du requérant sans réserve, ont été notifiées simultanément à l'intéressé par voie administrative le 1er août 2023 à 10 heures 25 et comportaient la mention des voies et délais de recours ouverts à leur encontre, et notamment la possibilité dont disposait l'intéressé de déposer son recours devant le chef de l'établissement pénitentiaire. D'une part, si M. B soutient qu'il n'a pas été assisté par un interprète lors de la notification par voie administrative de l'arrêté attaqué alors qu'il ne comprend pas le français, il ressort des pièces du dossier que la notification de ses droits au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 lui a été lu en langue française par les policiers dudit centre car il comprend le français même s'il ne sait ni le lire ni l'écrire. Il ressort encore des pièces du dossier qu'il a signé sans réserve le procès-verbal de notification des droits sans l'assistance d'un interprète. Il ressort également de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention que le requérant a répondu à l'ensemble des questions au cours de son audition le 1er août 2023 sans l'assistance d'un interprète. D'autre part, si M. B soutient que, alors détenu au centre pénitentiaire de Fresnes, il a rencontré des difficultés matérielles pour former son recours et qu'il n'aurait pas bénéficié d'un droit effectif à exercer ce recours dans les délais précités, n'ayant pu présenter une requête qu'une fois transféré au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 avec l'aide d'une association agréée, il ne fournit aucune autre précision à l'appui de ses affirmations ni ne décrit même les circonstances qui l'auraient empêché de le faire. Ainsi, il ne saurait être regardé comme ayant été privé du droit à un recours effectif garanti par l'article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, M. B doit être considéré comme ayant reçu notification de cet arrêté ainsi que celle des voies et délais de recours le 1er août 2023 à 10 h 25. Cette notification régulière a fait courir à son encontre les délais de recours contentieux à l'égard de ces décisions. La requête susvisée de M. B, tendant à l'annulation de l'arrêté du 31 juillet 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans, n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 4 août 2023 à 12 h 44, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures qui lui était imparti à cette fin. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de sa requête sont tardives et, par suite, irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B tendant à l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 31 juillet 2023, par lesquelles la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne, et à Me Dagneau.
Lu en audience publique le 23 août 2023.
La magistrate désignée,
Signé : T. BLANC
La greffière,
Signé : S. AÏT MOUSSA
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. AÏT MOUSSA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026