vendredi 25 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2308446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 10, 18, 23 et 24 août 2021, M. A B, représenté par Me Simon, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de demander à l'administration de requérir son extraction en vue de l'audience à venir ;
3°) de suspendre l'exécution de la décision, révélée par le détail de fouille notifié le 27 juin 2023, le plaçant sous le statut de détenu de droit commun suspecté de radicalisation (DCSR) ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat (garde des sceaux, ministre de la justice) le versement de la somme de 1 500 euros hors taxe à son conseil, Me Simon, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son recours est recevable ;
- l'urgence est caractérisée dès lors le placement sous ce statut affecte son accès au travail et aux activités et son droit à la correspondance ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que celle-ci n'est pas motivée ; elle est entachée d'erreur d'appréciation ou à tout le moins d'erreur manifeste d'appréciation, ainsi que d'erreur manifeste quant aux conséquences sur le droit à la dignité et à la vie privée ; elle méconnait les articles 3, 6, 8 et 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décision attaquée ; et à supposer que le recours puisse être regardé comme dirigé contre une décision ordonnant un suivi spécifique, cette dernière constituerait une mesure d'ordre intérieur ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2308442 tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Israël, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 24 août 2023 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience :
- le rapport de M. Israël, magistrat désigné ;
- les observations de Me Chantain, substituant Me Simon, représentant M. B, qui persiste en tous points dans les termes de sa requête et qui soutient en outre que contrairement à ce que fait valoir le mémoire en défense, une décision qui fait grief existe ; en dépit de ce que fait valoir la défense, M. B est bien sous le statut de détenu DCSR ; d'ailleurs, le ministre ne produit aucun élément de nature à infirmer ce qui est mentionné sur le détail de la fouille individuelle notifié à M. B le 27 juin 2023 ; il convient de rappeler que l'entrée dans la catégorie des personnes écrouées non pas pour des faits de terrorisme, mais pour des faits de droit commun, repérées par l'administration comme étant susceptibles de " radicalisation " ne donne lieu à aucune information de la personne concernée ni n'entraine officiellement de régime de détention particulier ; or les intéressés font l'objet d'une surveillance particulière, notamment s'agissant des fouilles, de leur courrier, de réveils nocturnes, des transferts ou de l'accès aux activités ; il y a là une urgence caractérisée dès lors que la mesure litigieuse est de nature à porter atteinte à sa dignité ;
- le garde des sceaux, ministre de la justice n'étant ni présent ni représenté ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11 h 07.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est incarcéré au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers. Le 27 juin 2023, il a été destinataire d'un document édité par l'administration pénitentiaire et détaillant la fouille individuelle qu'il avait subie le 29 mars 2023. Ce document indique, à titre de motifs pour cette fouille, " suivie rad, haut de spectre ", ce qui place l'intéressé sous le statut de détenu de droit commun suspecté de radicalisation (DCSR). Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de prononcer l'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la demande d'extraction :
3. Il n'appartient pas au juge des référés d'ordonner l'extraction de M. B, lequel, au demeurant, est représenté par un avocat. Par suite, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
5. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Dans le cas présent, M. B soutient que son placement sous le statut DCSR, tel que révélé par le détail de fouille notifié le 27 juin 2023, l'expose à une atteinte grave et immédiate à plusieurs de ses droits, compte tenu des conditions de sa détention qui y seraient associées. Ainsi, il peut notamment être soumis à des fouilles fréquentes, à des réveils nocturnes, à une surveillance de sa correspondance, y compris celle entretenue avec son avocate et à des difficultés pour accéder aux activités. A cet effet, il s'appuie sur le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté relatif à la prise en charge pénitentiaire des personnes radicalisées et au respect des droits fondamentaux rendu public le 15 janvier 2020. Toutefois, il ressort de ce même rapport, notamment de son point 4, que si un placement sous le statut de DCSR entraine l'assujettissement à des mesures de sécurité exorbitantes, il est précisé que " la présence de personnes catégorisées " TIS " et " DCSR " dans un établissement pénitentiaire ne modifie pas substantiellement le régime de détention en vigueur en détention ordinaire ou au quartier d'isolement. Toutefois, les conditions de détention de ces personnes sont différemment impactées selon l'état général de l'établissement dans lequel elles se trouvent, notamment au regard du niveau de surpopulation carcérale s'agissant d'une maison d'arrêt ou de la politique du chef d'établissement et inégalement fondées en droit " (p. 33 du rapport). Dès lors, dans les circonstances propres à l'espèce, compte tenu des éléments versés pour permettre d'apprécier concrètement la situation de M. B, l'urgence à suspendre l'exécution de l'acte administratif révélée par le détail de fouille notifié le 27 juin 2023 ne peut être tenue pour établie au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer tant sur la fin de non-recevoir soulevée en défense que sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué, que les conclusions à fin de suspension de la requête de M. B doivent être rejetées pour défaut d'urgence. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Simon et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Le juge des référés,
Signé : D. IsraëlLa greffière,
Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026