vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2308983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | HAAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 août 2023 et le 20 septembre 2023, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du jury de la licence 3 Chimie-Sciences de la vie parcours Chimie par laquelle elle a été ajournée.
Elle soutient qu'elle a obtenu la moyenne générale par compensation de 10,45, que la note seuil fixée à 7 est aléatoire d'année en année, que les articles 15 et 16 de l'arrêté du 1er août 2011 et l'article 16 de l'arrêté du 30 juillet 2016 mentionnent " sans note éliminatoire ", que la note de 9,25 obtenue à l'épreuve de synthèse organique multi-étapes apparaît incohérente et qu'elle a obtenu 14/20 à l'examen final de session 2 de l'UE enzymologie, alors qu'elle est mentionnée en absence justifiée à la session 1.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2023, l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les modalités de contrôle de connaissances et de compétences spécifiques précisent la liste des enseignements pour lesquels la note seuil a été fixée à 7 sur 20 qui est notamment applicable à l'UE Synthèse organique multi-étape et qu'un jury restreint a été convoqué par le président du jury et a réexaminé les résultats de la requérante en confirmant la délibération du 12 juillet 2023.
Par une lettre du 6 septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 21 septembre 2023.
La clôture immédiate de l'instruction est intervenue, en application du dernier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, à l'émission de l'avis d'audience le 27 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence ;
- l'arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Haas, représentant Mme A, et de M. B, représentant l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne.
Une note en délibéré a été présentée pour Mme A, par Me Haas. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du jury du diplôme de la licence 3 Chimie-Sciences de la vie parcours Chimie, le jury a déclaré Mme A ajournée. Par des courriers reçus les 17, 18 juillet et le 17 août 2023, elle a formé des recours gracieux à l'encontre de cette délibération. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant l'annulation de cette délibération.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'éducation : " () / Les règles communes pour la poursuite des études conduisant à des diplômes nationaux, les conditions d'obtention de ces titres et diplômes, le contrôle de ces conditions et les modalités de protection des titres qu'ils confèrent, sont définis par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur, après avis ou proposition du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. / Les aptitudes et l'acquisition des connaissances sont appréciées, soit par un contrôle continu et régulier, soit par un examen terminal, soit par ces deux modes de contrôle combinés. / () ". D'autre part, aux termes de l'article 8 de l'arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master : " () / Les crédits européens sont obtenus lorsque les conditions de validation définies par les modalités de contrôle des connaissances et compétences sont satisfaites./ () ". Enfin, aux termes de l'article 10 de l'arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence : " Les modalités de contrôle des connaissances et des compétences permettent de vérifier leur acquisition et sont définies en fonction des caractéristiques spécifiques des formations et des objectifs qu'elles visent. / () ". Aux termes de l'article 11 de cet arrêté : " Hors régime spécial d'études mentionné à l'article 12 de l'arrêté du 22 janvier 2014 susvisé les modalités de contrôle des connaissances et des compétences privilégient une évaluation continue qui permet une acquisition progressive tout au long de la formation. / L'évaluation continue doit intervenir à des moments pertinents pour l'orientation de l'étudiant et sa progression par rapport à son projet personnel et à son projet professionnel. / Lorsqu'elle est mise en place, l'évaluation continue revêt des formes variées, en présentiel ou en ligne, comme des épreuves écrites et orales, des rendus de travaux, de projets et des périodes de mise en situation ou d'observation en milieu professionnel. Elle accompagne la progression de l'étudiant dans ses apprentissages et doit donc donner lieu à des évaluations en nombre suffisant pour : / 1° Permettre d'apprécier la progression des acquis des connaissances et compétences et proposer d'éventuelles remédiations à l'étudiant ; / 2° Respecter le principe de seconde chance mentionné à l'article 12. / Les établissements précisent, dans la définition des modalités de contrôle des connaissances et des compétences, les unités d'enseignement ou les blocs de connaissances et de compétences qui relèvent de cette modalité d'évaluation. Pour accompagner la progression de l'étudiant et permettre des remédiations entre les évaluations, l'établissement fixe, par unité d'enseignement, le nombre minimal d'évaluations en tenant notamment compte de leur volume horaire et de leur durée. Ces évaluations sont réparties de manière équilibrée au cours du semestre. Dans le calcul des moyennes, aucune de ces évaluations ne peut compter pour plus de 50 % ". Aux termes de l'article 16 de cet arrêté : " Les établissements arrêtent également, pour chacune des formations de licence, les modalités d'obtention du diplôme qui font l'objet d'une compensation des résultats obtenus. Cette compensation respecte la progressivité des parcours. Elle s'effectue au sein des unités d'enseignement définies par l'établissement. Elle s'effectue également au sein de regroupements cohérents d'unités d'enseignement, organisés notamment en blocs de connaissances et de compétences clairement identifiés dans les modalités de contrôle des connaissances et des compétences communiquées aux étudiants. / Pour mettre en œuvre la compensation, les établissements attribuent à chaque unité d'enseignement un coefficient et un nombre de crédits. L'échelle des coefficients est cohérente avec celle des crédits attribués à chaque unité d'enseignement. / Le diplôme s'obtient soit par acquisition de chaque unité d'enseignement constitutive du parcours correspondant, soit par application des modalités de compensation choisies pour la formation. Un diplôme obtenu par l'une ou l'autre voie confère la totalité des 180 crédits. / () ".
3. Aux termes des dispositions générales concernant les règles de progression et les modalités de contrôle des connaissances et des compétences en licence : " () / Règle de progression : () / Une compensation semestrielle est organisée, pour chaque parcours-type, sur la base de la moyenne des notes obtenues pour les diverses UE du semestre, pondérées par les coefficients de chaque UE alignés sur les crédits correspondant. / Un semestre est validé si la moyenne est supérieure ou égale à 10/20 et si tout ou partie des UE est supérieur ou égal à 7/20 (moyenne de l'UE). Les UE concernées par cette note seuil sont précisés dans les MCC spécifiques de la formation. / () / Modalités de contrôle des connaissances et des compétences spécifiques à chaque formation : Les règles générales de ce présent document peuvent être complétées par des modalités spécifiques à chaque formation notamment pour préciser les règles de progression avec un semestre de retard en licence (cf. point 1), les règles d'assiduité, les UE avec une note seuil des évaluations des connaissances et des compétences, les conditions de redoublement ou l'organisation des enseignements. / () ".
4. Enfin, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de se prononcer sur l'appréciation portée par un jury d'examen sur les capacités des candidats et la détermination, par le jury, de la valeur des prestations effectuées par un candidat, qui relève de son appréciation souveraine, laquelle n'est pas susceptible d'être discutée devant le juge administratif, dès lors qu'aucune erreur matérielle n'est invoquée.
5. Si la requérante soutient qu'elle a obtenu la moyenne générale par compensation et que la note seuil fixée à 7 est aléatoire d'année en année, il ressort du tableau de modalités de contrôle des connaissances et des compétences de la licence Chimie, Sciences de la vie parcours Chimie-Biologie établissant notamment les notes seuils que pour l'UE Synthèse organique multi-étapes une note seuil est fixée à 7. La circonstance, au demeurant non établie, que la note seuil varie d'année en année est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, alors qu'il n'est pas contesté par la requérante que ces modalités de contrôle des connaissances et des compétences adoptées au titre de l'année universitaire 2022/2023 ont fait l'objet d'une publicité suffisante. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que si la requérante a obtenu une moyenne supérieure ou égale à 10/20, tout ou partie des UE ne sont pas supérieurs ou égaux à 7/20. En outre, si la requérante se prévaut de ce que l'article 16 de l'arrêté du 1er août 2011 relatif à la licence organise des modalités de compensation sans note éliminatoire, ces dispositions ont été abrogées par l'arrêté du 30 juillet 2018. Or, il ne résulte pas des dispositions de l'article 16 de l'arrêté du 30 juillet 2018 que de telles notes seraient prohibées. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des modalités de contrôle des connaissances et des compétences et, par la voie de l'exception, des articles 15 et 16 de l'arrêté du 1er août 2011 et de l'article 16 de l'arrêté du 30 juillet 2018, doivent être écartés.
6. Si la requérante soutient que la note obtenue à l'épreuve de " TP " en synthèse organique-multi-étapes est incohérente, cette seule allégation n'est pas de nature à établir qu'une erreur matérielle aurait été commise. En outre, il ressort des pièces du dossier et notamment de son relevé de notes produit par l'université en défense qu'elle a obtenu la note de 14/20 à la session 2 de l'épreuve d'Enzymologie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026