jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309182 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MAZZA |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement rendu le 16 juin 2022 dans l'instance n° 1810567, le tribunal a annulé l'arrêté du 26 septembre 2018 par lequel le maire d'Ivry-sur-Seine a prolongé le placement de M. B A en disponibilité d'office pour raisons de santé pour une durée d'un an à compter du 10 décembre 2017, enjoint à la commune d'Ivry-sur-Seine, de placer l'intéressé, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement, à titre conservatoire, sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018, en position de congé de maladie à plein traitement, et de procéder à la reconstitution de sa carrière, sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit et mis à la charge de cette collectivité le versement de la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier enregistré le 6 décembre 2022, M. A, représenté par Me Mazza, demande au tribunal, en exécution du jugement du 16 juin 2022 :
1°) d'enjoindre à la commune d'Ivry-sur-Seine de le placer sans délai, à titre conservatoire, sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018, en position de congé de maladie à plein traitement, et de procéder à la reconstitution de sa carrière, sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Ivry-sur-Seine, " en parallèle des autres demandes d'exécution ", de régulariser sans délai sa situation administrative depuis 2014 en saisissant sans délai le conseil médical, conformément aux dispositions du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
3°) d'enjoindre à la commune d'Ivry-sur-Seine, au besoin, sous astreinte de 100 euros par jour, de lui verser la somme de 1 500 euros mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Ivry-sur-Seine le versement de la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier enregistré le 3 mai 2023, la commune d'Ivry-sur-Seine a informé le tribunal de ce que, dans le cadre de l'exécution du jugement du 16 juin 2022, M. A était convoqué à une expertise médicale fixée au 31 mai 2023.
Par une ordonnance du 7 septembre 2023, la présidente du tribunal a ouvert une procédure d'exécution juridictionnelle en vue de l'exécution du jugement du 16 juin 2022.
La commune d'Ivry-sur-Seine a été mise en demeure de produire ses observations en défense par un courrier notifié le 4 juillet 2024.
Par une ordonnance du 2 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2024 à midi.
M. D C, se disant responsable du service conseil et contentieux de la commune d'Ivry-sur-Seine, a produit un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Billandon, vice-présidente ;
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public ;
- et les observations de Me Mazza, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte la formation de jugement en décide la date d'effet. ".
2. Par le jugement susvisé du 16 juin 2022, devenu définitif, le tribunal a notamment enjoint à la commune d'Ivry-sur-Seine, dans le délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement, de placer M. A, à titre conservatoire, sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018, en position de congé de maladie à plein traitement, et de procéder à la reconstitution de sa carrière, sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit, et mis à la charge de cette collectivité le versement de la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. M. A demande à l'instance, en exécution de ce jugement, d'enjoindre à la commune d'Ivry-sur-Seine de le placer en position de congé de maladie à plein traitement sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018, de reconstituer sa carrière et, " en parallèle des autres demandes d'exécution ", de régulariser sans délai sa situation administrative depuis 2014.
Sur la recevabilité de la demande d'exécution tendant à la régularisation de la situation administrative de M. A depuis 2014 :
3. Il résulte des constatations opérées au point 2 que la demande de M. A tendant à ce que la commune d'Ivry-sur-Seine soit enjointe, " en parallèle des autres demandes d'exécution ", de régulariser sans délai sa situation administrative depuis 2014 excède l'office du juge de l'exécution du jugement du 16 juin 2022 et relève d'un litige distinct. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur le surplus des demandes d'exécution :
4. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit. Il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
En ce qui concerne le placement de M. A en position de congé maladie à plein traitement sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018 :
5. S'il résulte de l'instruction que, le 31 mai 2023, M. A a été convoqué à une expertise médicale en vue de déterminer précisément sa situation médicale, l'intéressé soutient que la collectivité n'a effectivement pas procédé à son placement à titre conservatoire en position de congé maladie à plein traitement sur la période en litige, ne lui a pas versé de rémunération et n'a pas non plus reconstitué sa carrière. La commune d'Ivry-sur-Seine, qui n'a pas déféré à la mise en demeure de produire ses observations qui lui a été adressée en application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, est réputée acquiescer aux faits ainsi décrits par le requérant, qui ne sont pas contredits par les pièces du dossier, lesquelles ne révèlent aucun changement dans les circonstances de fait ou de droit qui ferait obstacle à l'exécution du jugement du 16 juin 2022.
6. L'exécution du jugement du 16 juin 2022 implique nécessairement, compte tenu de ses motifs, que la commune d'Ivry-sur-Seine place M. A, à titre conservatoire, sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018, en position de congé de maladie à plein traitement, et procède à la reconstitution de sa carrière. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de la commune d'Ivry-sur-Seine, à défaut pour elle de justifier de cette exécution dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte provisoire de 100 euros par jour de retard jusqu'à la date à laquelle ledit jugement aura reçu exécution.
En ce qui concerne le versement des frais de l'instance :
7. Si M. A soutient que la commune d'Ivry-sur-Seine ne lui a pas versé la somme de 1 500 euros qui était mise à la charge de celle-ci en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par le requérant, que la commune s'est acquittée de cette somme le 9 janvier 2023. Le jugement du 16 juin 2022 est dès lors sur ce point pleinement exécuté et les conclusions de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Ivry-sur-Seine le versement à M. A de la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La commune d'Ivry-sur-Seine est enjointe de placer M. A, à titre provisoire, en position de congé maladie à plein traitement sur la période du 10 décembre 2017 au 10 décembre 2018.
Article 2 : Une astreinte est prononcée à l'encontre de la commune d'Ivry-sur-Seine si cette collectivité ne justifie pas, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, avoir exécuté le jugement n° 1810567 du tribunal du 16 juin 2022. Le taux de cette astreinte est provisoirement fixé à 100 (cent) euros par jour à compter de l'expiration du délai précité.
Article 3 : La commune d'Ivry-sur-Seine communiquera au tribunal la copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement du tribunal n° 1810567 du 16 juin 2022 et le présent jugement.
Article 4 : La commune d'Ivry-sur-Seine versera la somme de 1 500 euros à M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune d'Ivry-sur-Seine.
Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La présidente-rapporteure,
I. BILLANDON
L'assesseure la plus ancienne,
C. MASSENGOLa greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-24NT02348
07/04/2026