lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GOMES GONCALVES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2023, M. E B, demande au tribunal d'annuler la décision de transfert aux autorités croates prise par le préfet de Seine-et-Marne à son encontre le 3 août 2023 et notifiée le 31 août 2023.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 25 septembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- le signataire de l'arrêté litigieux, M. F G, a bien reçu délégation de signature en vertu de l'arrêté n° 23/BC/073 du 27 juillet 2023 régulièrement publié ;
- l'arrêté querellé est suffisamment motivé en droit comme en fait ;
- l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 a bien été respecté ;
- les brochures A et B ont été remises à M. B dans une langue qu'il comprend, à savoir le turc, de telle sorte que le requérant ne saurait invoquer la violation de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- les autorités croates ont accepté explicitement la reprise en charge de l'intéressé sur le fondement du paragraphe 5 de l'article 20 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- l'arrêté attaqué n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation des faits pertinents pour déterminer l'Etat responsable de la demande d'asile de M. B ;
- il n'y a aucune défaillance systémique en Croatie, de telle sorte que M. B ne saurait invoquer la violation de l'article 2 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- l'arrêté litigieux ne viole pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- l'arrêté attaqué du 3 août 2023 portant transfert de M. B en Croatie ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, désigné M. Freydefont pour exercer les fonctions de juge statuant seul sans conclusion du rapporteur public dans les procédures relatives à l'éloignement des étrangers prévues aux chapitres 6, 7, 7 bis, 7 ter et 7 quater du titre VII du livre VII du même code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 25 septembre 2023 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné qui a lu son rapport ;
- et les observations de Me Gomes Goncalves, représentant M. B, assisté de
Mme C, interprète en langue turque, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'il a dû quitter la Turquie car il y était persécuté en raison de son militantisme politique ; son frère a d'ailleurs été arrêté par les autorités turques et pour éviter de subir le même traitement, il est venu en France pour y demander l'asile ; il a transité par la Croatie une seule journée au cours de laquelle on lui a relevé ses empreintes de force alors qu'il ne voulait pas déposer de demande d'asile dans ce pays mais en France ; en effet, il a cinq cousins germains en France dont deux ont réussi à obtenir le statut de réfugié il y a un an ; de ce fait, il pourra se faire assister par eux dans ses démarches ; de plus, la Croatie ne traite pas les demandes d'asile avec sérieux.
Le préfet de Seine-et-Marne, n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 3 août 2023 notifié le 31 août suivant, le préfet de
Seine-et-Marne a décidé le transfert de M. B, ressortissant turc né le 15 juillet 2002 à Agri, aux autorités croates responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cet arrêté de transfert.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 23/BC/046 du 27 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° D77-2023-04-27-00008 du 28 avril suivant, le préfet de
Seine-et-Marne a donné à M. F G, chef du bureau de l'asile et de l'intégration, délégation afin de signer la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. ". Est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du Conseil du
26 juin 2013 et comporte l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre État membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
4. Il ressort des mentions portées sur l'arrêté attaqué que celui-ci comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit qui en constituent le fondement et notamment le visa du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé, la circonstance qu'il ressort de la consultation des fichiers EURODAC que M. B a sollicité l'asile auprès des autorités croates préalablement au dépôt de sa demande en France, et que les autorités croates ont été saisies d'une demande de prise en charge le 18 juillet 2023 qu'elles ont expressément acceptée le 1er août suivant sur le fondement de l'article 20-5 du règlement (UE) n° 604/2013. L'arrêté mentionne enfin que la décision querellée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du
26 juin 2013 dit " D A " : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. 2. L'entretien individuel peut ne pas avoir lieu lorsque: a) le demandeur a pris la fuite ; ou b) après avoir reçu les informations visées à l'article 4, le demandeur a déjà fourni par d'autres moyens les informations pertinentes pour déterminer l'État membre responsable. L'État membre qui se dispense de mener cet entretien donne au demandeur la possibilité de fournir toutes les autres informations pertinentes pour déterminer correctement l'État membre responsable avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
6. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou s'il a privé l'intéressé d'une garantie.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bien bénéficié le 27 juin 2023 d'un entretien individuel dans les conditions prévues à l'article 5 précité du règlement (UE) n° 604/2013 du 27 juin 2013 dit " D A " puisque celui-ci a été mené dans un endroit confidentiel par un agent dont il n'est pas contesté qu'il était qualifié et de la préfecture ; de plus, le requérant a bénéficié pendant la durée de cet entretien d'un interprète dans une langue qu'il comprend, en l'espèce le turc, ce qui lui a permis de répondre aux questions relatives à son parcours migratoire et à sa situation personnelle et familiale et de comprendre les informations légales relatives au règlement " D A ".
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : 1 a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; 1 b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; 1 c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; 1 d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; 1 e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; 1 j) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. 1 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. La brochure commune est réalisée de telle manière que les Etats membres puissent y ajouter des informations spécifiques aux États membres. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 44, paragraphe 2, du présent règlement ".
9. Seule la remise des deux brochures, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de ma demande ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure D - Qu'est-ce que cela signifie ' " qui constituent la brochure commune au sens des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013, et qui figurent en annexe au règlement du 30 janvier 2014 susvisé, permet aux demandeurs d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application du règlement n° 604-2013 du
26 juin 2013.
10. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention de l'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'administration a satisfait à l'obligation qui lui incombe en application des dispositions précitées ; dans un premier temps, seul le préfet est en mesure d'apporter les éléments relatifs à la délivrance d'une information écrite au demandeur et de ce qu'il a bénéficié d'un entretien individualisé.
11. Il ressort des pièces communiquées en défense que M. B s'est bien vu remettre pendant l'entretien individuel mentionné au point 7 les brochures A et B en langue turque, langue qu'il comprend puisqu'il a sollicité l'assistance d'un interprète en cette langue dans le cadre de son entretien et qu'il a demandé à bénéficier de l'assistance d'un tel interprète dans le cadre de la présente instance. De plus, il ressort des pièces du dossier que M. B a signé lesdites brochures et qu'il en a compris le contenu.
12. En cinquième lieu, l'article 9 du règlement (UE) n°604/2013 dispose que : " Si un membre de la famille du demandeur, que la famille ait été ou non préalablement formée dans le pays d'origine, a été admis à résider en tant que bénéficiaire d'une protection internationale dans un Etat membre, cet Etat membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, à condition que les intéressés en aient exprimé le souhait par écrit. ". En vertu du g de l'article 2 de ce règlement, la notion de " membre de la famille " doit s'entendre, s'agissant comme en l'espèce d'un demandeur majeur, des seuls conjoint ou partenaire et de leurs enfants. Ainsi, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 9 précité du règlement " D A " en faisant valoir que cinq cousins germains à lui demeurent en France dont
deux ont obtenu il y a un an le statut de réfugié en France. Au demeurant, les pièces jointes à la requête ne permettent pas de s'assurer de la véracité de ces allégations.
13. En sixième lieu, aux termes du 1. de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. ". M. B se prévaut de ces dispositions en soutenant qu'il ne souhaite pas retourner en Croatie car deux de ses cousins germains, qui se sont vu reconnaître la qualité de réfugié l'année dernière, résident de manière régulière et stable en France. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il n'est nullement démontré par les pièces du dossier que le requérant disposerait de deux cousins en situation régulière sur le territoire français.
14. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
15. Si M. B soulève la méconnaissance de ces stipulations, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'est entré en France qu'en juin 2023 pour y solliciter l'asile le 27. De plus, la présence alléguée de cinq de ses cousins germains en France, dont deux se seraient vus reconnaître la qualité de réfugié, n'est nullement établie par les pièces du dossier. En outre, le requérant ne peut se prévaloir d'aucune insertion, notamment professionnelle, et il est constant qu'il ne maîtrise pas la langue française. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme infondé.
16. Pour les mêmes raisons, M. B ne saurait soutenir que la décision de transfert en Croatie serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
17. En huitième lieu, il résulte de ce qui précède sur la situation de M. B en France comparée à celle décrite dans l'arrêté litigieux que le préfet n'a pas entaché son arrêté d'un défaut d'examen de sa situation.
18. En neuvième lieu, aux termes du point 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre A afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. ".
19. M. B soutient que la Croatie ne traite pas les demandes d'asile avec sérieux ; il doit par un tel argumentaire être regardé comme se prévalant des dispositions précédentes. Toutefois, la Croatie est un Etat partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, il ne saurait être sérieusement soutenu qu'il existerait dans ce pays des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Par suite, en prenant la mesure de transfert litigieuse, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article 3 du règlement (UE).
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 3 août 2023 portant transfert aux autorités croates de M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026