vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SARHANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrée le 6 septembre 2023 et le 15 septembre 2023, M. C se disant M. C B, représenté par Me Sarhane, demande au président du tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 août 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne a décidé son transfert aux autorités Roumanie, pour l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale dans un délai de quinze jours et sous astreinte de
200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision de transfert est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation personnelle ; il est entré dans l'Union européenne via la Grèce en franchissement irrégulièrement les frontières extra européenne de ce pays, si bien qu'il aurait dû être transféré vers ce pays et non la Roumanie ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 susvisé ; la préfète n'établit pas que l'intéressé se serait vu remettre l'ensemble des informations lui permettant une connaissance éclairée de la procédure dont il a fait l'objet en langue bengali ; le guide du demandeur d'asile, qui comprend notamment des informations sur les délais de recours contre les décisions de transfert et sur le parcours du demandeur d'asile en France, et qui ne sont pas contenues dans les brochures A et B, ne lui a pas été remis en langue bengali ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 29 du règlement n° 603/2013 du
26 juin 2013 susvisé ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 susvisé ; la preuve que l'entretien a été conduit par un agent qualifié n'est pas apportée ; de même il n'est pas établi que l'entretien ait été confidentiel ;
- elle a été prise au terme d'une procédure de reprise en charge irrégulière méconnaissant les dispositions de l'article 23 du règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 susvisé ; la preuve de la saisine des autorités roumaines par requête de reprise en charge et la preuve de la réception de cette requête par ces autorités n'est pas apportée par la préfète ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 3-2 du règlement
n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la non application de la clause de sauvegarde ; suite à ses persécutions au Bangladesh, il a besoin de stabilité ;
- elle méconnaît la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, la convention de Genève sur le statut des réfugiés ainsi que règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 susvisé ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 susvisé ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; il n'a pas eu accès à une assistance matérielle, administrative ou humaine de la part des autorités roumaines ; ces dernières se sont bornées à relever ses empreintes.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représenté par le cabinet Actis, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces enregistrées le
22 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relatif à la création d'Eurodac pour la comparaison des empreintes digitales aux fins de l'application efficace du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 modifiant le règlement (CE) n° 1560/2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Delmas pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants,
R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delmas,
- les observations de Me Meite, substituant Me Sarhane, représentant M. C se disant M. B, assisté de Mme D, interprète en langue bengali, qui reprend les moyens et conclusions développés dans ses écritures. Me Meite ajoute que la décision en litige méconnait les dispositions de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé dès lors que l'agent ayant conduit l'entretien n'est pas un agent qualifié, faute qu'un cachet officiel n'ait été apposé sur le compte-rendu de l'entretien, et que la préfète n'assume pas la charge de la démonstration que son client aurait déposé une demande d'asile en Roumanie, faute pour la préfète de produire toute pièce utile en sus du " hit 1 " ;
- les observations de M. C se disant M. B, assisté de Mme D, qui indique que son patronyme est B et confirme qu'il n'a pas présenté de demande d'asile en Roumanie car il souhaitait venir en France ;
- et les observations de Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au rejet de la requête et soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C se disant M. B, ressortissant bangladais né le 15 juillet 1999 à Madaripur (Bangladesh), a déposé une demande d'asile et a été mis en possession de l'attestation correspondante le 27 juin 2023. La consultation des données de l'unité centrale Eurodac lors de l'instruction de cette demande a révélé que ses empreintes avaient préalablement été relevées le 13 juin 2023 par les autorités roumaines. Ces autorités, saisies le 9 juillet 2023 par le ministre de l'intérieur et des outre-mer d'une demande de reprise en charge de l'intéressé, ont donné leur accord le 17 juillet 2023 pour la réadmission de la requérante. Par un arrêté du 11 août 2023, la préfète du Val-de-Marne a décidé de remettre M. A se disant M. B aux autorités roumaines en charge de l'examen de sa demande d'asile. Par la requête susvisée, M. A se disant M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C se disant
M. B, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté en litige vise les dispositions du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé. Cet arrêté comporte l'exposé circonstancié des considérations relatives à la consultation du fichier Eurodac, précise que " M. E C " a sollicité l'asile auprès des autorités roumaines le 13 juin 2013, et indique que ces autorités ont été saisies le
9 juillet 2023 d'une demande de reprise en charge sur le fondement des dispositions du point 1 b) de l'article 18 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé. Ainsi, l'autorité administrative a énoncé avec une précision suffisante les motifs de fait et de droit sur lesquels elle s'est fondée pour estimer que les autorités roumaines devaient reprendre en charge l'intéressé. Dès lors, contrairement à ce que soutient M. C se disant M. B, l'arrêté contesté est suffisamment motivé en droit et en fait.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces versées au dossier, que la préfète du Val-de-Marne n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de cet arrêté, à un examen sérieux et complet de la situation personnelle de M. C se disant M. B. Si le requérant prétend qu'il serait entré dans le territoire d'application du système Dublin par la Grèce, qui serait ainsi l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande d'asile au sens de l'article 13 de règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé, et qu'il n'a fait que transiter par la Roumanie, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, d'autant qu'il ressort du compte-rendu de l'entretien du 27 juin 2023 que l'intéressé a déclaré être passé par la Turquie puis par la Bulgarie. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, M. C se disant M. B se prévaut contre la décision attaquée des dispositions de l'article 29 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 susvisé qui édictent une obligation d'information au profit du demandeur d'asile au moment où ses empreintes digitales sont prélevées. Toutefois, cette obligation d'information, qui a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles du demandeur d'asile, ne peut être utilement invoquée, à la différence de l'obligation d'information prévue à l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé, à l'encontre d'une décision portant transfert du demandeur d'asile aux autorités compétentes pour examiner sa demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 29 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 susvisé ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, il résulte des articles 4 et 5 du règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 que les autorités de l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable doivent, afin d'en faciliter la détermination et de vérifier que le demandeur d'asile a bien reçu et compris les informations prévues par l'article 4 du même règlement, mener un entretien individuel avec le demandeur, dans une langue que celui-ci comprend ou que l'on peut raisonnablement penser qu'il comprend, si nécessaire en ayant recours à un interprète. Il ne peut être dérogé à cette obligation que dans les cas limitativement énumérés au paragraphe 2 de l'article 5 précité.
7. Il ressort des pièces du dossier que le 27 juin 2023, M. C se disant M. B a bénéficié de l'entretien individuel prévu par les dispositions de l'article 5 du règlement
n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé, assisté à distance par une interprète en langue bengali mandatée par la structure agréé ISM Interprétariat, ainsi qu'en atteste sa signature apposée sans réserve au bas du résumé de cet entretien après avoir déclaré qu'il avait reçu l'information prévue par les règlements communautaires et que les renseignements le concernant étaient exacts. Lors de cet entretien, soit en temps utile, les brochures A et B, qui comprennent l'ensemble des informations nécessaires aux demandeurs d'une protection internationale en vertu de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé et figurant à l'annexe X du règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, lui ont été remises en cette langue, ainsi qu'en atteste sa signature portée sans réserve sur ces brochures. Cet entretien, dont rien ne permet de penser qu'il n'a pas eu lieu dans des conditions garantissant sa confidentialité, a été mené par un agent de la préfecture du Val-de-Marne, qui apposé sur le compte-rendu la mention " Agent Préfecture " suivie des lettres initiales de son prénom et de son nom après l'apposition du cachet du pôle asile de cette préfecture, doit être présumé qualifié en vertu du droit national. Le requérant ne fournit aucun élément pertinent de nature à renverser cette présomption alors que le résumé de cet entretien atteste par ses mentions de la qualité de cet entretien au regard du processus de détermination de l'État membre responsable. Par ailleurs, la circonstance que le " guide du demandeur d'asile " ne lui a pas été remis est sans incidence sur la régularité de la procédure, seule la remise des brochures dites " A " et " B ", qui seules constituent la brochure commune au sens des dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 permettant aux demandeurs d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, étant exigée. Dans ces conditions, M. C se disant M. B n'est pas fondé à se prévaloir d'une quelconque méconnaissance des dispositions des articles 4 et 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 23 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Lorsqu'un État membre auprès duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), a introduit une nouvelle demande de protection internationale estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. / 2. Une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac (" hit "), en vertu de l'article 9, paragraphe 5, du règlement (UE) n° 603/2013. Si la requête aux fins de reprise en charge est fondée sur des éléments de preuve autres que des données obtenues par le système Eurodac, elle est envoyée à l'État membre requis dans un délai de trois mois à compter de la date d'introduction de la demande de protection internationale au sens de l'article 20, paragraphe 2. / 3. Lorsque la requête aux fins de reprise en charge n'est pas formulée dans les délais fixés au paragraphe 2, c'est l'État membre auprès duquel la nouvelle demande est introduite qui est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. (). Aux termes de l'article 25 du même règlement : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de reprise en charge de la personne concernée aussi rapidement que possible et en tout état de cause dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la date de réception de la requête. Lorsque la requête est fondée sur des données obtenues par le système Eurodac, ce délai est réduit à deux semaines. / 2. L'absence de réponse à l'expiration du délai d'un mois ou du délai de deux semaines mentionnés au paragraphe 1 équivaut à l'acceptation de la requête, et entraîne l'obligation de reprendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée. ". Enfin, aux termes de l'article 15 du règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 : " 1. Les requêtes et les réponses, ainsi que toutes les correspondances écrites entre États membres visant à l'application du règlement (UE) n° 604/2013, sont, autant que possible, transmises via le réseau de communication électronique " DubliNet " établi au titre II du présent règlement / () / 2. Toute requête, réponse ou correspondance émanant d'un point d'accès national visé à l'article 19 est réputée authentique. / 3. L'accusé de réception émis par le système fait foi de la transmission et de la date et de l'heure de réception de la requête ou de la réponse. ". Il résulte de ces dispositions que la production de l'accusé de réception émis, dans le cadre du réseau " DubliNet ", par le point d'accès national de l'État requis lorsqu'il reçoit une demande présentée par les autorités françaises établit l'existence et la date de cette demande et permet, en conséquence, de déterminer le point de départ du délai de deux semaines au terme duquel la demande de reprise est tenue pour implicitement acceptée. Pour autant, la production de cet accusé de réception ne constitue pas le seul moyen d'établir que les conditions mises à la reprise en charge du demandeur étaient effectivement remplies. Il appartient au juge administratif, lorsque l'accusé de réception n'est pas produit, de se prononcer au vu de l'ensemble des éléments qui ont été versés au débat contradictoire devant lui, par exemple du rapprochement des dates de consultation du fichier Eurodac et de saisine du point d'accès national français ou des éléments figurant dans une confirmation explicite par l'État requis de son acceptation implicite de reprise en charge.
9. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la demande d'asile présentée le 13 juin 2023 par M. C se disant M. B et du relevé décadactylaire, la demande de reprise en charge de de l'intéressé par les autorités roumaines produite par la préfète du
Val-de-Marne, a été formée par le réseau de communication " DubliNet ", qui permet des échanges d'informations fiables entre les autorités des États membres de l'Union européenne qui traitent les demandes d'asile. La préfète du Val-de-Marne produit, pour en justifier, la copie d'un courrier électronique du 9 juillet 2023 qui constitue la réponse automatique du point d'accès national français, document comportant la référence " 9930737555 ", qui correspond au numéro attribué à M. C se disant M. B par la préfecture. La production par l'administration de l'accusé de réception " DubliNet " suffit à établir que les autorités françaises ont saisi les autorités roumaines via le point d'accès français au réseau européen sécurisé " DubliNet ". Cette circonstance est de nature à présumer que la transmission de la requête est authentique et a fait courir le délai au terme duquel la Roumanie est réputée avoir donné son accord à la reprise en charge de l'intéressé qui l'a au demeurant explicitement acceptée le 17 juillet suivant. Le requérant ne se prévaut en l'espèce d'aucune circonstance de nature à renverser cette présomption. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'ensemble des articles 21 à 26 du règlement n° 604/2013 découlant de l'absence de preuve de l'envoi d'une requête de reprise en charge aux autorités roumaines dans les délais requis, et de l'absence de preuve de l'acceptation de ces mêmes autorités, doit être écarté comme manquant en fait. En outre, le requérant n'apporte aucun élément de nature à renverser la présomption selon laquelle il aurait présenté une demande d'asile en Roumanie, comme l'atteste le " hit 1 " révélé par la consultation du fichier Eurodac. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 20 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé ne peut qu'être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement
n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () ".
11. M. C se disant M. B soutient que lorsqu'il était en Roumanie, ses empreintes ont été relevée mais qu'il n'a bénéficié n'a bénéficié d'aucune prise en charge. Toutefois, la Roumanie est un État membre de l'Union européenne et partie tant à la Convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit être présumé, en l'absence de défaillances systémiques dans la procédure d'asile dans ce pays, que la demande d'asile de M. C se disant M. B sera traitée par les autorités roumaine dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Le requérant n'apporte aucun élément, notamment des documents, de nature à renverser cette présomption. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, M. C se disant M. B ne peut se prévaloir d'aucun motif exceptionnel ou d'aucune circonstance humanitaire qui aurait justifié que la préfète du
Val-de-Marne décide, à titre dérogatoire, d'examiner sa demande de protection internationale en application des dispositions précitées de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé. Dès lors, en prenant la mesure de transfert litigieuse, cette autorité administrative n'a pas méconnu les dispositions de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du
26 juin 2013 susvisé, ni même les stipulations de la convention de Genève sur le statut des réfugiés, celles de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. En outre, pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la préfète du Val-de-Marne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation des demandeurs d'asile en Roumanie doit être écarté.
12. En septième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement (). ".
13. Il ressort des pièces du dossier et notamment des termes mêmes de l'arrêté litigieux que, pour prendre la décision de transfert attaquée, la préfète du Val-de-Marne a constaté que la situation de M. C se disant M. B ne relevait d'aucun des critères prévus au chapitre III du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé, ce qui n'est pas contesté, a estimé devoir écarter la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 de ce règlement, et doit être regardé comme ayant entendu se fonder sur la reprise en charge de l'intéressé par les autorités roumaines après leur accord sur cette reprise en charge par référence à la demande d'asile que M. A se disant M. B avait précédemment présentée en Roumanie. Le préfet de
Seine-et-Marne produit la lettre de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur en date du 27 juin 2023 qui justifie du résultat positif des recherches entreprises sur le fichier européen " Eurodac " à partir du relevé décadactylaire établi pour M. C se disant M. B lors de la présentation de sa demande d'asile en France et qui révèle que ses empreintes ont été précédemment relevées le 13 juin 2023 par les autorités roumaines, en catégorie 1 soit en qualité de demandeur d'asile. Par ailleurs, les autorités roumaines ont par un accord explicite du 17 juillet 2023 sur requête des autorités françaises accepté de le reprendre en charge, confirmant ainsi leur responsabilité. Dès lors, l'arrêté litigieux prononçant le transfert de M. C se disant M. B aux autorités roumaines n'est entaché d'aucune erreur de droit à l'égard des critères de détermination de l'État membre responsable ni d'aucun défaut de base légale. En outre, M. C se disant M. B ne se prévaut d'aucun motif exceptionnel ou d'aucune circonstance humanitaire qui aurait justifié que la préfète du
Val-de-Marne décide, à titre dérogatoire, d'examiner sa demande de protection internationale en application des dispositions précitées de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé. Dès lors, en prenant la mesure de transfert litigieuse, cette autorité administrative n'a pas méconnu les dispositions précitées. Enfin, pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la préfète du Val-de-Marne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de M. C se disant M. B doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C se disant M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 août 2023 par lequel la préfète du
Val-de-Marne a décidé son transfert aux autorités Roumanie, pour l'examen de sa demande d'asile. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A se disant M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C se disant M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C se disant M. C B et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 6 octobre 2023.
Le magistrat désigné
Signé : S. DelmasLa greffière,
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026