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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2309517

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309517

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309517
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMANLA AHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Manla Ahmad, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de lui délivrer une convocation dans les 7 jours à venir afin qu'il puisse retirer son nouveau titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil qui renonce en ce cas expressément au bénéfice de la part contributive de l'Etat, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, cette somme lui sera versée directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité marocaine, il est entré en France muni d'un visa d'étudiant le

5 septembre 2016, qu'il a eu plusieurs titres de séjour jusqu'au 16 novembre 2022, qu'il en a demandé le renouvellement le 29 septembre 2022 et qu'une décision favorable a été prise le

15 mars 2023, qu'il a été convoqué pour recevoir son titre le 9 juin 2023, qu'il n'a pu se libérer ce jour-là, étant à l'étranger, qu'il a sollicité une nouvelle date de rendez-vous qui ne lui jamais été accordée malgré de nombreuses demandes, que la conditions d'urgence est satisfaite car il doit pouvoir disposer de son titre de séjour et il est impossible de prendre rendez-vous sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2023, la préfète du Val-de-Marne représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le

27 septembre 2023 pour retirer sa carte de séjour.

Par un mémoire en réplique enregistré le 20 septembre 2023, complété le 3 octobre 2023, M. B, représenté par Me Manla Ahmad, prend acte du non-lieu à statuer mais maintient ses demandes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret

n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 22 avril 1998 à Safi (Région de Marrakech-Safi), entré en France le 5 septembre 2016 muni d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Marrakech, a bénéficié de titres de séjour en cette qualité dont le dernier, de deux ans, délivré par le préfet du Finistère, était valable jusqu'au 16 novembre 2022. Dans le cadre de ses études, il a conclu un contrat de professionnalisation avec la société " Association de moyens Assurance de Personnes " de Paris (75009) qui a obtenu une autorisation de travail le 26 septembre 2022 du ministre de l'intérieur et des outre-mer. A la suite d'un déménagement, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le

29 septembre 2022 en préfecture du Val-de-Marne, et a été informé, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France qu'une décision favorable avait été prise le 15 mars 2023 et qu'un titre de séjour, valable jusqu'au 16 décembre 2023 était en cours de fabrication. Le 24 mars 2023, il a été informé que son titre de séjour était disponible et qu'il devait prendre un rendez-vous en vue de son retrait. Il a dû saisir à plusieurs reprises les services de la préfecture du Val-de-Marne pour obtenir ce rendez-vous pour retirer son titre, qui ne lui a été accordé que le 9 juin 2023, date à laquelle M. B n'était pas disponible pour une raison impérieuse liée à ses études. Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, il a donc demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer pour qu'il puisse retirer son titre de séjour. Postérieurement à sa requête, il a été convoqué pour le 27 septembre 2023 pour se voir remettre son titre de séjour valable jusqu'au 16 décembre 2023.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

5. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, le 27 septembre 2023, la préfète du Val-de-Marne a remis à M. B son titre de séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au

16 décembre 2023. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, quand bien même le titre délivré n'aurait plus qu'une durée de validité de trois mois.

Sur les frais du litige :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

7. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à

celle-ci () ".

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Manla Ahmad, conseil de

M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à Me Mamla Ahmad, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressée, cette somme lui sera versée directement.

Article 4 : La présente décision sera notifiée M. A B, à Me Mamla Ahmad et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2309517

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