Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2023, l’EHPAD La Seigneurie et M. D... A..., agissant en qualité de tuteur de Mme H... B... G... épouse F..., représentés par la SELARL Minier Maugendre & Associés demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a confirmé sa décision du 17 octobre 2022 refusant d’admettre Mme B... G... épouse F... au bénéfice de l’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées ;
2°) de l’admettre au bénéfice de l’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées à compter du 1er juillet 2021 ;
3°) d’enjoindre au conseil départemental du Val-de-Marne de verser à l’EHPAD La Seigneurie la somme de 65 098,86 euros au titre de l’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées due à ce jour ou, à titre subsidiaire, de les renvoyer devant le président du conseil départemental du Val-de-Marne afin qu’il procède à la détermination et au paiement des sommes dues à ce titre ;
4°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-
la décision est entachée d’un défaut de motivation ;
-
elle est entachée d’un vice de procédure et d’un défaut d’examen ;
-
elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que le département ne pouvait prendre en compte les créances alimentaires des enfants de Mme B... G... épouse F... non fixées par le juge judiciaire ;
-
elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de l’article L. 113-1 code de l'action sociale et des familles dès lors que ses ressources sont insuffisantes pour lui permettre de s’acquitter de ses frais d’hébergement en établissement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, le département du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors qu’aucun recours administratif préalable obligatoire n’est prévu de sorte qu’aucune décision implicite de rejet d’un tel recours n’a pu naître ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil,
- le code de l’action sociale et des familles,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère ;
- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Lacroix, avocate de l’EHPAD La Seigneurie et de Mme B... G... épouse F....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme H... B... G... épouse F..., née 1er octobre 1948, est accueillie au sein de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) La Seigneurie depuis le 12 octobre 2019. Elle a déposé une demande d’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées qui a été rejetée par le président du conseil départemental du Val-de-Marne le 10 octobre 2022 au motif qu’elle était en mesure de financer ses frais d’hébergement en établissement avec l’aide de ses obligés alimentaires. Elle a effectué un recours administratif préalable obligatoire à l’encontre de cette décision par un courrier du 15 mai 2023, reçu le 22 mai 2023. Ce recours a été implicitement rejeté compte-tenu du silence gardé pendant plus de deux mois par le président du conseil départemental du Val-de-Marne. Par la présente requête, Mme B... G... épouse F... et l’EHPAD La Seigneurie demandent au tribunal d’annuler cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
Aux termes de l’article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : « Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code. ». Aux termes de l’article L. 134-1 du même code : « Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée. L'auteur du recours administratif préalable, accompagné de la personne ou de l'organisme de son choix, est entendu, lorsqu'il le souhaite, devant l'auteur de la décision contestée. (…) ».
Il résulte des dispositions précitées que les décisions portant refus d’admission au bénéfice de l’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées relèvent des décisions prises par le président du conseil départemental en application de l’article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles. Ainsi, en application de l’article L. 134-2 du même code, les recours contentieux formés à l’encontre de ces dernières doivent être précédés d’un recours administratif préalable obligatoire exercé devant l’auteur de cette décision. Par suite, le département du Val-de-Marne n’est pas fondé à soutenir qu’aucun recours administratif préalable obligatoire n’est prévu à l’encontre de la décision du 10 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté la demande d’admission au bénéfice de l’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées et, à supposer même que telle soit la conclusion qu’en tire le département, qu’aucune décision implicite de rejet prise sur ce recours n’a pu naître. La fin de non-recevoir opposée ne peut donc qu’être écartée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l’administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d’une personne en matière d’aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner les droits de l’intéressé, en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d’annuler ou de réformer, s’il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l’intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l’administration afin qu’elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, les moyens tirés du défaut de motivation, du vice de procédure et du défaut d’examen doivent être écartés comme inopérants.
En second lieu, aux termes de l’article L. 113-1 du code de l'action sociale et des familles : « Toute personne âgée de soixante-cinq ans privée de ressources suffisantes peut bénéficier, soit d'une aide à domicile, soit d'un accueil chez des particuliers ou dans un établissement. ». Aux termes de l’article L. 132-3 du même code : « Les ressources de quelque nature qu'elles soient à l'exception des prestations familiales, dont sont bénéficiaires les personnes placées dans un établissement au titre de l'aide aux personnes âgées ou de l'aide aux personnes handicapées, sont affectées au remboursement de leurs frais d'hébergement et d'entretien dans la limite de 90 %. Toutefois les modalités de calcul de la somme mensuelle minimum laissée à la disposition du bénéficiaire de l'aide sociale sont déterminées par décret. ». Le premier alinéa de son article L. 132-1 prévoit que, pour l’appréciation des ressources des postulants à l’aide sociale, il est tenu compte des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire. Aux termes de l’article R. 231-6 du code de l’action sociale et des familles : « La somme minimale laissée mensuellement à la disposition des personnes placées dans un établissement au titre de l'aide sociale aux personnes âgées, par application des dispositions des articles L. 132-3 et L. 132-4 est fixée, lorsque l'accueil comporte l'entretien, à un centième du montant annuel des prestations minimales de vieillesse, arrondi à l'euro le plus proche. Dans le cas contraire, l'arrêté fixant le prix de journée de l'établissement détermine la somme au-delà de laquelle est opéré le prélèvement de 90 % prévu audit article L. 132-3. Cette somme ne peut être inférieure au montant des prestations minimales de vieillesse. ». Enfin, aux termes de l’article L. 232-10 du code de l’action sociale et des familles : « Lorsque les conjoints (…) résident, l'un à domicile, l'autre dans un établissement, le montant des prestations mentionnés aux 2° et 3° du I de l'article L. 314-2 restant à la charge de ce dernier est fixé de manière qu'une partie des ressources du couple correspondant aux dépenses courantes de celui des conjoints (…) restant à domicile lui soit réservée par priorité. / Cette somme ne peut être inférieure à un montant fixé par décret. Elle est déduite des ressources du couple pour calculer les droits à l'allocation personnalisée d'autonomie et à l'aide sociale visée à l'article L. 231-4 auxquels peut prétendre celui des conjoints (…) qui est accueilli en établissement. ». Aux termes de l’article D. 232-35 du même code : « Le montant mentionné au second alinéa de l'article L. 232-10 est égal au montant mensuel de l'allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ».
Il résulte de ces dispositions que les personnes âgées hébergées en établissement et prises en charge au titre de l’aide sociale doivent pouvoir disposer librement de 10 % de leurs ressources et que la somme ainsi laissée à leur disposition ne peut être inférieure à 1 % du montant annuel des prestations minimales de vieillesse. Ces dispositions doivent être interprétées comme devant permettre à ces personnes de subvenir aux dépenses qui sont mises à leur charge par la loi et exclusives de tout choix de gestion. Il suit de là que la contribution de 90 % prévue à l’article L. 132-3 du code de l’action sociale et des familles doit être appliquée sur une assiette de ressources diminuée de ces dépenses. En outre, lorsque le conjoint de la personne âgée hébergée en établissement est resté au domicile, il y a lieu de déduire des ressources prises en compte pour l’ouverture du droit à l’aide sociale à l’hébergement le montant mensuel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées fixé par à l’article L. 815-1 du code de la sécurité sociale.
Aux termes de l’article L. 231-2 du code de l’action sociale et des familles : « L'ensemble des ressources de toute nature, compte non tenu des prestations familiales, de l'aide à l'enfance et de l'aide à la famille et y compris l'allocation ainsi que les créances alimentaires auxquelles peuvent prétendre les intéressés, ne peut dépasser un plafond qui est fixé par décret ». Aux termes du deuxième alinéa de l’article L. 231-4 du même code : « En cas d'admission dans un établissement public ou un établissement privé, habilité par convention à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale, le plafond des ressources précisé à l'article L. 231-2 sera celui correspondant au montant de la dépense résultant de l'admission (…) ».
Par ailleurs, l’article L. 132-6 du code de l’action sociale et des familles dispose : « Les personnes tenues à l'obligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à l'occasion de toute demande d'aide sociale, invitées à indiquer l'aide qu'elles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité de couvrir la totalité des frais. / … / La proportion de l'aide consentie par les collectivités publiques est fixée en tenant compte du montant de la participation éventuelle des personnes restant tenues à l'obligation alimentaire. (…). ». Aux termes de l’article R. 132-9 du même code : « Pour l'application de l'article L. 132-6, le postulant fournit, au moment du dépôt de sa demande, la liste nominative des personnes tenues envers lui à l'obligation alimentaire définie par les articles 205 à 211 du code civil, lorsqu'il sollicite l'attribution d'une prestation accordée en tenant compte de la participation de ses obligés alimentaires./ Ces personnes sont invitées à fixer leur participation éventuelle aux dépenses susceptibles d'être engagées en faveur du postulant ou à l'entretien de ce dernier./ La décision prononcée dans les conditions prévues par l'article L. 131-2 est notifiée à l'intéressé et, le cas échéant, aux personnes tenues à l'obligation alimentaire en avisant ces dernières qu'elles sont tenues conjointement au remboursement de la somme non prise en charge par le service d'aide sociale et non couverte par la participation financière du bénéficiaire. A défaut d'entente entre elles ou avec l'intéressé, le montant des obligations alimentaires respectives est fixé par l'autorité judiciaire de la résidence du bénéficiaire de l'aide sociale ». Ainsi, en vertu de ces dispositions, les personnes tenues à l'obligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à l'occasion de toute demande d'aide sociale, invitées à indiquer l'aide qu'elles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité de couvrir la totalité des frais.
Il résulte de ces dispositions que le juge administratif, à qui il appartient de déterminer dans quelle mesure les frais d’hébergement dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes sont pris en charge par les collectivités publiques au titre de l’aide sociale, est compétent pour fixer, au préalable, le montant de la participation aux dépenses laissée à la charge du bénéficiaire de l'aide sociale et, le cas échéant, de ses débiteurs alimentaires. En revanche, il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire d'assigner à chacune des personnes tenues à l'obligation alimentaire le montant et la date d'exigibilité de leur participation à ces dépenses ou, le cas échéant, de décharger le débiteur de tout ou partie de la dette alimentaire lorsque le créancier a manqué gravement à ses obligations envers celui-ci. Dans le cas où cette autorité a, par une décision devenue définitive, statué avant que le juge administratif ne se prononce sur le montant de la participation des obligés alimentaires, ce dernier est lié par la décision de l’autorité judiciaire. S’agissant de la période antérieure à la date à laquelle la décision de l’autorité judiciaire contraint les obligés alimentaires à verser une participation, il revient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de s’assurer qu’il ne résulte pas manifestement des circonstances de fait existant à la date à laquelle il statue que la contribution postulée par le département n’a pas été ou ne sera pas versée spontanément par les obligés alimentaires.
Premièrement, il résulte des dispositions précitées que le président du département peut, lorsqu’il statue sur une demande d’aide sociale à l’hébergement, prendre en compte des créances alimentaires non fixées par le juge judiciaire qui pourraient éventuellement être versées par les obligées alimentaires pour apprécier les ressources du demandeur. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de droit ne peut qu’être écarté.
Deuxièmement, d’une part, il résulte de l’instruction que le plafond d’admission dans l’EHPAD La Seigneurie était fixée pour une personne de plus de 60 ans sous tutelle, à 78,56 euros par jour en 2021, 80,22 euros par jour en 2022 et 82,13 euros par jour en 2023.
D’autre part, il résulte de l’instruction que Mme B... G... épouse F... était mariée avec M. C... F..., décédé le 2 décembre 2022, avec lequel elle a eu six enfants dont l’un est décédé le 18 septembre 2003. En 2021, les ressources du foyer de Mme B... G... épouse F... s’élevait 29 185 euros. Compte tenu de l’argent laissé à sa disposition pour subvenir aux dépenses mises à sa charge par la loi et exclusives de tout choix de gestion ainsi que du tarif de dépendance de 5,79 euros par jour non pris en charge par l’allocation personnalisée d’autonomie, montant non contesté par le département en défense, ainsi que le minimum vieillesse de 10 838,40 euros par an prévu à l’article D. 815-1 du code de la sécurité sociale dès lors qu’il y a lieu, en l’absence de précision des parties, de considérer que l’époux de Mme B... G... épouse F... était resté à domicile jusqu’à son décès, le montant des ressources de Mme B... G... épouse F... pour assurer le paiement de ses frais d’hébergement s’élevait à 40,02 euros par jour. Au titre de l’année 2022, les ressources du foyer de la requérante s’élevaient à 30 445 euros. En déduisant de ces ressources les mêmes revenus que ceux énoncés précédemment pour l’année 2021, le montant des ressources de la requérante pour payer ses frais d’hébergement s’élevait à la somme de 43,13 euros par jour. Enfin, au titre de l’année 2023, à la suite du décès de son époux le 2 décembre 2022, les ressources de Mme B... G... épouse F... s’élevait à 1 438,59 euros par mois. En déduisant la somme minimale laissée mensuellement à sa disposition en application de l’article R. 231-6 du code de l’action sociale et des familles et le tarif dépendance de 5,95 euros non pris en charge par l’allocation personnalisée d’autonomie et non contesté par le département en défense, le montant des ressources de Mme B... G... épouse F... pour assurer le paiement de ses frais d’hébergement s’élevait à 37,21 euros par jour.
Pour refuser l’aide sociale à l’hébergement de Mme B... G... épouse F..., le département du Val-de-Marne a estimé qu’elle était en mesure de financer ses frais d’hébergement en établissement avec l’aide de ses obligés alimentaires. Toutefois, s’il résulte de l’instruction que quatre des six enfants de la requérante percevaient en 2021 des revenus leur permettant en principe de verser des créances alimentaires à leur mère, le département ne précise pas quelle était la contribution postulée de la part de chacun d’eux et n’a pas produit, malgré une demande en ce sens du tribunal, l’entièreté du dossier d’instruction de la demande d’aide sociale, alors qu’il en a l’obligation en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. En outre, il ne ressort pas des pièces produites que les enfants de Mme B... G... épouse F... aient répondu aux demandes de rendez-vous qui leur ont été envoyées par leurs centres d’aide et d’action sociale respectifs et fixé le montant de la participation qu’ils entendaient verser à leur mère. Il ressort par ailleurs des pièces versées par les requérants qu’ils n’ont, depuis 2021, rien réglé au titre des frais d’hébergement de leur mère et que Mme B... G... épouse F... est débitrice d’une dette d’au moins 65 098,86 euros auprès de l’EHPAD La Seigneurie. Ainsi, dès lors qu’il est manifeste, à la date du présent jugement, qu’aucune contribution n’a été ou ne sera versée spontanément par les enfants de Mme B... G... épouse F... au titre de ses frais d’hébergement, il n’y a pas lieu de tenir compte des créances alimentaires postulée par le département pour apprécier son droit à l’aide sociale à l’hébergement. Dans ces conditions et dès lors qu’il ne résulte pas de l’instruction que les ressources de Mme B... G... épouse F... aient évolué favorablement entre 2023 et la date du présent jugement, les requérants sont fondés à soutenir que Mme B... G... épouse F... remplit les conditions pour bénéficier de l’aide sociale à l’hébergement à compter du 14 décembre 2021, date du début de versement de cette aide fixée par le règlement d’aide sociale du département du Val-de-Marne applicable à la date de la demande d’aide sociale à l’hébergement de Mme B... G... épouse F....
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé d’accorder à Mme B... G... épouse F... la prise en charge au titre de l’aide sociale de ses frais d’hébergement en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes à compter du 14 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
L’état de l’instruction ne permet pas de déterminer le montant exact de la participation du département du Val-de-Marne aux frais d’hébergement de Mme B... G... épouse F... pour l’ensemble de la période en litige. Par conséquent, M. E... A..., agissant en qualité de tuteur de Mme B... G... épouse F..., et l’EHPAD La Seigneurie sont renvoyés devant les services du département du Val-de-Marne afin que soit déterminé, conformément aux motifs des points 13 et 14 du présent jugement, le montant de l’aide sociale à laquelle Mme B... G... épouse F... a le droit.
Sur les frais d’instance :
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du département du Val-de-Marne le versement à Mme B... G... épouse F... et à l’EHPAD La Seigneurie, chacun, d’une somme de 750 euros au titre de l’article L. 761 1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a confirmé sa décision du 17 octobre 2022 refusant d’admettre Mme B... G... épouse F... au bénéfice de l’aide sociale à l’hébergement en établissement pour personnes âgées est annulée.
Article 2 : Mme B... G... épouse F... est admise au bénéfice de l’aide sociale à l’hébergement à compter du 14 décembre 2021. M. E... A..., agissant en qualité de tuteur de Mme B... G... épouse F..., et l’EHPAD La Seigneurie sont renvoyés devant les services du département du Val-de-Marne afin que soit déterminé le montant de l’aide sociale à laquelle Mme B... G... épouse F... a droit.
Article 3 : Le département du Val-de-Marne versera une somme de 750 euros à l’EHPAD La Seigneurie et une somme de 750 euros à Mme B... G... épouse F... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l’EHPAD La Seigneurie, à M. E... A... et au département du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,
Mme Lina Bousnane, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2025.
La rapporteure,
J. DARRACQ-GHITALLA-CIOCK
Le président,
X. POTTIER
La greffière,
C. SARTON
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière