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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2309876

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309876

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309876
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDUPUY SANDRINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 septembre 2023 et des mémoires enregistrés le

17 novembre 2023, le 6 février 2024 et le 7 novembre 2024, M. B, représenté en dernier lieu par Me Dupuy, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans ses dernières conclusions :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail et de la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il a sollicité un rendez-vous en ligne le 27 novembre 2022 via le formulaire dédié sur le site de la préfecture du Val-de-Marne, dans le but de déposer une demande d'admission au séjour au titre du travail ; il a effectué une relance par courrier recommandé du 18 mars 2023 ; il n'a toutefois obtenu aucune réponse ;

- l'absence de réponse de l'administration met gravement en périle sa situation personnelle et professionnelle, ainsi que celle de son employeur ;

- le retard injustifié dans le traitement de sa demande constitue une entrave à son droit à un examen équitable de sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. En l'espèce, s'il résulte de l'instruction qu'un rendez-vous en préfecture a été présenté pour M. A le 27 novembre 2022 en vue du dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail, et qu'aucun rendez-vous ne lui a depuis lors, l'intéressé ne justifie devant le tribunal que de deux relances effectuées auprès de la préfecture en novembre 2023, soit un an plus tard, et au demeurant postérieurement à la saisine du tribunal. Il résulte également de l'instruction que M. A dispose d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 1er mai 2022, sans qu'il ne soit établi qu'il serait susceptible d'être licencié du fait de l'abstention de l'administration. M. A n'apporte aucun élément sur sa situation personnelle ou familiale. Au regard de l'ensemble de ces éléments, M. A ne peut être regardé comme justifiant d'une situation d'urgence et il y a en conséquence lieu de rejeter pour ce motif les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'il présente.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 28 novembre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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