jeudi 5 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309977 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BECHIEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2023, Mme B C A, représentée par Me Bechieau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 avril 2023 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, avec astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation avec astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Me Bechieau, son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- son recours est recevable ; elle a fourni un dossier complet à l'appui de sa demande de régularisation ; le courrier de confirmation de la mesure d'éloignement dont elle avait fait l'objet le 28 septembre 2021 équivaut à un refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour ; toutefois, ce refus étant motivé par une appréciation sur le fond de sa demande de titre de séjour, il constitue un refus de titre de séjour ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Demas a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C A, ressortissante camerounaise née en 1982, a, le
21 mars 2023, sollicité la régularisation de sa situation administrative. Par une lettre du
19 avril 2023, le sous-préfet de Nogent-sur-Marne l'a informée, après avoir examiné sa situation, qu'il ne pouvait que confirmer les termes d'une précédente décision du 28 septembre 2021 ayant fait obligation à l'intéressée de quitter le territoire français et l'a invitée à quitter le territoire français dans les plus brefs délais. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision en tant que le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En l'espèce, après avoir relevé que Mme A avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 28 septembre 2021 par la préfecture du Haut-Rhin, le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a estimé qu'elle ne faisait " état d'aucun élément nouveau susceptible de justifier le réexamen de [sa] situation ", et qu'il ne pouvait en conséquence que " confirmer les termes de la précédente décision et [l'a invitée] à quitter le territoire dans les meilleurs délais ". Toutefois, la requérante soutient, sans être contestée par la préfète du Val-de-Marne, qui n'a produit aucune observation à la requête qui lui a été communiquée, avoir produit à l'appui de sa demande de régularisation, un contrat de travail à durée indéterminée du 3 mars 2023. Eu égard, d'une part, à ces éléments nouveaux, postérieurs de près de dix-huit mois à la précédente décision de l'administration, et, d'autre part, à la circonstance que l'incomplétude du dossier de la requérante n'est ni établie ni même alléguée, la préfète du Val-de-Marne n'ayant pas produit de mémoire en défense, la décision attaquée doit être regardée comme une décision de refus de titre de séjour. Or, eu égard aux termes de cette décision, le sous-préfet de Nogent-sur-Marne ne peut être regardé comme ayant pris en compte ces nouveaux éléments ni examiné sa demande de régularisation de sa situation administrative. Il suit de là que le sous-préfet de Nogent-sur-Marne doit être regardé comme n'ayant pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme A. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation de Mme A doit être accueilli.
3. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 19 avril 2023 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet du Val-de-Marne procède à un nouvel examen de la situation de Mme A. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il suit de là que Me Bechieau, son conseil, peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bechieau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Bechieau en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 avril 2023 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Bechieau, conseil de Mme A, une somme de 1 200 (mille-deux-cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bechieau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C A, à Me Bechieau et au préfet du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Demas, conseiller,
M. Dessain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.
Le rapporteur,
C. DEMAS
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2309977
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026