LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2310319

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310319

jeudi 30 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2310319
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET LHERITIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2023, la société Soins des arbres en milieu urbain (SAMU), représentée par la SELAS Adminis Avocats, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la commune de Bussy-Saint-Georges de lui communiquer le nombre de points obtenus par la société Lachaux Paysage, attributaire du lot n° 4 du marché d'entretien des espaces verts, des terrains de sports et du patrimoine arboré de cette commune, au titre des critères et sous-critères d'attribution de ce lot, ainsi que le nombre de points qu'elle a elle-même obtenus au titre de ces sous-critères et le rapport d'analyse des offres ;

2°) d'annuler la décision rejetant l'offre qu'elle a présentée pour l'attribution du lot mentionné ci-dessus ;

3°) d'annuler en conséquence la procédure de passation de ce lot au stade de l'examen des offres ;

4°) d'enjoindre à la commune de Bussy-Saint-Georges, si elle entend conclure le marché en litige, de reprendre cette procédure à ce stade ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Bussy-Saint-Georges la somme de 5 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-les dispositions des articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique ont été méconnues, ce qui l'empêche de contester utilement le rejet de son offre ;

-le contenu de cette offre a été dénaturé, dès lors que :

*ayant détaillé dans son mémoire technique les conditions dans lesquelles elle satisfaisait aux cinq sous-critères du critère n° 1 d'examen des offres, tenant à la valeur technique de celles-ci, elle aurait dû obtenir, au titre de ce critère, la note maximale ou, à tout le moins, une note supérieure à 49 sur 55 ;

*de même, ayant longuement détaillé dans son mémoire technique sa démarche en matière de développement durable pour l'exécution du lot n° 4 du marché en litige, elle aurait dû obtenir la note maximale ou, à tout le moins, une note supérieure à 3 sur 5 au titre du critère n° 2 d'examen des offres, tenant à la valeur environnementale de celles-ci ;

-les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence qu'elle invoque l'ont lésée, dès lors que son offre a été rejetée en raison non seulement de la dénaturation de son contenu mais aussi de l'imprécision des besoins de l'acheteur et de la méthode d'analyse des offres.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2023, la commune de Bussy-Saint-Georges, représentée par la SELARL Cabinet Lhéritier Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société SAMU au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire distinct, enregistré le 13 octobre 2023, la société SAMU a, en application de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, mentionné les motifs de son refus de soumettre au débat contradictoire le mémoire technique de son offre.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 17 octobre 2023, la société SAMU maintient ses conclusions, excepté celles tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Bussy-Saint-Georges de lui communiquer des informations et le rapport d'analyse des offres.

Elle soutient en outre que :

-si elle lui permet désormais de contester utilement le rejet de son offre, la communication en cours d'instance du nombre de points obtenus par l'attributaire et par elle-même au titre de l'ensemble des critères et sous-critères d'examen des offres ainsi que d'un extrait du rapport d'analyse de celles-ci porte néanmoins atteinte par elle-même à l'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique et révèle en outre que les offres, en particulier la sienne, ont été examinées de façon partiale, dès lors que, dans l'extrait en question, les informations couvertes par le secret des affaires ont été occultées, s'agissant de l'offre de l'attributaire, mais qu'il en est allé autrement, s'agissant sa propre offre ;

-le contenu de cette offre a été dénaturé, dès lors que :

*en ce qui concerne le sous-critère n° 1.1, intitulé " Description et qualité des moyens matériels et humains mis en œuvre spécifiquement pour l'exécution de l'accord-cadre : liste du matériel, EPI ", au titre duquel elle a obtenu le même nombre de points que l'attributaire : d'une part, certains éléments de l'offre de celui-ci ont été valorisés cependant que les mêmes éléments de son offre ont été occultés ; d'autre part, il n'a pas été tenu compte pour valoriser son offre et, au contraire, dévaloriser celle de l'attributaire, du fait qu'à la différence de celui-ci, elle dispose de matériel pour les travaux de taille en rideau ;

*en ce qui concerne le sous-critère n° 1.5, intitulé " Mesures d'insertion professionnelle Dispositif mis en place par le candidat ", au titre duquel elle a obtenu un point de moins seulement que l'attributaire, si, à la différence de celui-ci, elle ne s'est pas engagée " numériquement " sur ce point, ce qui n'était d'ailleurs pas demandé, de sorte que cela est sans rapport avec l'exécution du marché en litige, elle a en revanche décliné sa politique d'insertion de manière précise et démontré aller au-delà de ses obligations légales en la matière, ainsi qu'avoir réinséré d'anciens détenus, ce dont il n'a pas été tenu compte ;

-les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence qu'elle invoque l'ont lésée, dès lors qu'un quart de point seulement sépare son offre, classée deuxième, de celle de l'attributaire.

Par un nouveau mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, la commune de Bussy-Saint-Georges conclut aux mêmes fins que précédemment, par les mêmes motifs, en portant toutefois à 6 000 euros le montant de la somme réclamée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient en outre que :

-le nouveau moyen soulevé en réplique, tiré de ce qu'elle aurait méconnu le principe d'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique en n'occultant pas, dans l'extrait du rapport d'analyse des offres qu'elle a produit, les données couvertes par le secret des affaires de l'offre de la requérante est inopérant, dès lors, d'une part, que le principe en cause n'est pas applicable dans le cadre de l'exécution des obligations d'information résultant des dispositions des articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique, d'autre part, qu'en tout état de cause, l'atteinte portée au secret des affaires par la communication d'informations dans le cadre d'une instance devant le juge des référés précontractuels est sans incidence sur la procédure de passation de contrat en litige ;

-le contenu de l'offre de la requérante n'a été dénaturé ni au regard du sous-critère n° 1.1, ni au regard du sous-critère n° 1.5.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de la commande publique ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de cette audience, tenue le 19 octobre 2023 à 10h00 en présence de Mme Mahieu, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella, juge des référés ;

-les observations de Me Delvolvé, de la SELAS Adminis Avocats, représentant la société SAMU, qui, après avoir produit le mémoire technique de l'offre de celle-ci selon les modalités prévues au deuxième alinéa de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, a conclu aux mêmes fins que le mémoire réplique, par les mêmes moyens, en précisant que : en invoquant en réplique la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des candidats résultant de ce que, dans l'extrait du rapport d'analyse des offres soumis au contradictoire, les données couvertes par le secret des affaires de son offre n'ont pas été occultées, la requérante n'a pas entendu soulever un nouveau moyen, qui serait d'ailleurs inopérant, mais mettre en évidence une différence de traitement choquante ; en ce qui concerne la dénaturation du contenu de l'offre au regard du sous-critère n° 1.1, il n'est pas utilement contesté qu'à la différence de l'attributaire, la requérante est équipée pour la réalisation des travaux de taille en rideau ; en ce qui concerne la dénaturation du contenu de l'offre au regard du sous-critère n° 1.5, la requérante doit être regardée comme ayant, aux pages 68 et 69 de son mémoire technique, proposé de reprendre, dans le cadre du marché en litige, les engagements qu'elle avait pris dans le cadre du précédent marché ;

-les observations de Me Villalard, de la SELARL Cabinet Lhéritier Avocats, représentant la commune de Bussy-Saint-Georges, qui a conclu aux mêmes fins que les mémoires en défense, par les mêmes motifs, en ajoutant que la requérante n'a pas clairement indiqué qu'elle reprenait ses précédents engagements dans le cadre du marché en litige.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, levée à 11h45.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique [] / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ". Aux termes du I de l'article L. 551-2 du même code : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ".

2. La commune de Bussy-Saint-Georges a engagé une procédure d'appel d'offres ouvert en vue de la passation du marché relatif à l'entretien de ses espaces verts, de ses terrains de sports et de son patrimoine arboré, et ce, sous forme d'accords-cadres mono-attributaires pour chacun des quatre lots de ce marché, dont un lot n° 4, intitulé " Entretien du patrimoine arboré ". Dans la présente instance, la société Soins des arbres en milieu urbain (SAMU), qui a présenté une offre au titre de ce lot, demande au juge des référés précontractuels, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision, notifiée par lettre du 21 septembre 2023, de rejet de cette offre, d'annuler en conséquence la procédure de passation de l'accord-cadre relatif au lot n° 4 du marché en litige au stade de l'examen des offres et, enfin, d'enjoindre à la commune de Bussy-Saint-Georges, si celle-ci entend toujours conclure ledit accord-cadre, de reprendre cette procédure au même stade. La requérante sollicitait aussi, initialement, que soit enjoint à la commune de Bussy-Saint-Georges de lui communiquer, d'une part, le nombre de points obtenus par la société Lachaux Paysage, attributaire du lot n° 4 du marché en litige, au titre de chacun des critères et sous-critères d'examen des offres définis à l'article 7.2 du règlement de la consultation, ainsi que celui des points qu'elle a elle-même obtenus au titre desdits sous-critères, d'autre part, le rapport d'analyse des offres.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction de communication du nombre de points obtenus par la société attributaire et la requérante au titre des critères et sous-critères d'examen des offres ainsi que du rapport d'analyse des offres :

3. La société SAMU, qui, postérieurement à l'introduction de l'instance, s'est vu communiquer, par une lettre datée du 6 octobre 2023, le nombre de points obtenus par elle-même et par la société Lachaux Paysage au titre de chacun des critères et sous-critères d'examen des offres définis à l'article 7.2 du règlement de la consultation, ainsi que des extraits du rapport d'analyse des offres, n'a pas maintenu ces conclusions en réplique et ne les a pas davantage reprises lors de l'audience publique. Elle doit ainsi être regardée comme s'étant désistée de ces mêmes conclusions. Ce désistement partiel étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Au demeurant, si la requérante avait maintenu lesdites conclusions, d'une part, celles-ci n'auraient alors pu qu'être rejetées comme irrecevables, en tant qu'elles portent sur le rapport d'analyse des offres, dès lors qu'il n'entre pas dans l'office du juge des référés précontractuels d'enjoindre la communication d'un tel document qui, avant la signature d'un marché, présente d'ailleurs le caractère d'un document préparatoire, donc non communicable, au sens de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration. D'autre part, eu égard à ce qui a été dit au point précédent des informations communiquées à l'intéressée postérieurement à l'introduction de l'instance, les conclusions en question seraient, pour le surplus, devenues sans objet.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation et les autres conclusions à fin d'injonction :

5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2181-1 du code de la commande publique : " L'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre ". Aux termes de l'article R. 2181-3 du même code : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1 ". Aux termes de l'article R. 2181-4 du même code : " À la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : / [] 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue ".

6. Les informations que l'acheteur est tenu de communiquer, spontanément ou sur demande du candidat ou soumissionnaire, en application des dispositions citées au point précédent ont notamment pour objet de permettre à l'opérateur économique dont la candidature ou l'offre a été rejetée de contester utilement ce rejet devant le juge des référés précontractuels. Par suite, le non-respect de ces dispositions constitue un manquement aux obligations de transparence et de mise en concurrence. Cependant, un tel manquement n'est plus caractérisé si, d'une part, l'ensemble des informations mentionnées aux articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique ont été communiquées au candidat ou soumissionnaire évincé à la date à laquelle statue le juge des référés précontractuels, d'autre part, le délai qui s'est écoulé entre leur communication et cette date a été suffisant pour permettre à l'intéressé de contester utilement son éviction.

7. Il est constant, dans le dernier état des écritures des parties, que, nonobstant la circonstance que la lettre du 21 septembre 2023 lui notifiant la décision de rejet de son offre n'aurait pas pleinement satisfait, s'agissant des motifs de ce rejet ainsi que de ceux ayant conduit au choix de l'offre de la société Lachaux Paysage, aux exigences de l'article R. 2181-3 du code de la commande publique, la société SAMU a néanmoins, par cette lettre ainsi que par celle du 6 octobre 2023 mentionnée ci-dessus au point 3, finalement reçu l'ensemble des informations prévues audit article et à l'article R. 2181-4 du même code et qu'elle a par ailleurs bénéficié, avant que la présente ordonnance ne statue sur sa requête, d'un délai suffisant pour contester utilement le rejet de son offre, ce dont atteste, d'ailleurs, le fait que, compte tenu des informations en question, elle a pu préciser, dans sa réplique et lors de l'audience publique, le moyen tiré de la dénaturation du contenu de son offre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique doit être écarté.

8. En deuxième lieu, si la société SAMU reproche à la commune de Bussy-Saint-Georges d'avoir porté atteinte au secret des affaires en produisant, dans le cadre de la présente instance, dans laquelle la société Lachaux Paysage a la qualité d'intervenante, un extrait de rapport d'analyse des offres faisant état, s'agissant de sa propre offre, d'éléments couverts par le secret en cause, cette circonstance est toutefois, par elle-même, sans incidence sur la régularité de la procédure de passation de contrat en litige. Elle n'est en particulier pas de nature à caractériser une méconnaissance du principe d'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique, ni à révéler un examen partial de l'offre de la requérante. D'ailleurs, celle-ci a indiqué, lors de l'audience publique, qu'elle n'avait pas entendu, en l'invoquant, soulever un nouveau moyen qu'elle savait inopérant.

9. En troisième lieu, à supposer que la société SAMU soulève un moyen lorsqu'elle fait incidemment valoir, dans sa requête introductive d'instance, que la commune de Bussy-Saint-Georges n'a pas défini précisément ses besoins, ni la méthode d'analyse des offres, ce moyen n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

10. En quatrième et dernier lieu, il n'appartient pas au juge des référés précontractuels, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.

11. En vertu de l'article 7.2, intitulé " Jugement des offres ", du règlement de la consultation du marché en litige, le lot n° 4 de ce marché devait être attribué au soumissionnaire ayant présenté l'offre jugée comme étant économiquement la plus avantageuse au regard des trois critères pondérés suivants : un critère n° 1, tenant à la valeur technique des offres, appréciée sur la base d'un mémoire technique à hauteur de 55 points sur un total de 100, dont : 5 points au titre d'un sous-critère n° 1.1 intitulé " Description et qualité des moyens matériels mis en œuvre spécifiquement pour l'exécution de l'accord-cadre : liste du matériel, EPI. ", 5 points au titre d'un sous-critère n° 1.2 intitulé " Description des moyens humains affectés spécifiquement à l'exécution de l'accord-cadre ", 30 points au titre d'un sous-critère n° 1.3 intitulé " Qualité de la méthodologie mise en œuvre pour assurer les missions prévues à l'accord-cadre ", 10 points au titre d'un sous-critère n° 1.4 intitulé " Qualité des mesures pour l'hygiène et la sécurité (pour les agents et les riverains) spécifiques à l'exécution de l'accord-cadre " et 5 points au titre d'un sous-critère n° 1.5 intitulé " Mesures d'insertion professionnelle Dispositif mis en place par le candidat " ; un critère n° 2, tenant à la valeur environnementale des offres, appréciée sur la base d'un mémoire environnemental devant détailler la démarche spécifique du soumissionnaire en matière de développement durable pour l'exécution de l'accord-cadre, et ce, à hauteur de 5 points sur 100 ; enfin, un critère n° 3, tenant au prix des prestations et affecté de 40 points sur 100.

12. Il résulte de l'instruction que l'offre présentée par la société Lachaux Paysage a été classée première sur cinq en recueillant 49 points sur 55 au titre du critère n° 1, dont, respectivement, 4 points, 3 points, 30 points, 8 points et 4 points pour les sous-critères mentionnés ci-dessus, 3 points sur 5 au titre du critère n° 2 et 40 points sur 40 au titre du critère n° 3, soit un total de 92 points sur 100, tandis que celle de la société SAMU est arrivée deuxième avec 49 points sur 55, elle aussi, au titre du critère n° 1, dont, respectivement, 4 points, 4 points, 30 points, 8 points et 3 points pour les sous-critères mentionnés ci-dessus, 3 points sur 5, elle aussi, au titre du critère n° 2 et 39,75 points sur 40 au titre du critère n° 3, soit un total de 91,75 points sur 100, la différence entre les deux offres n'étant ainsi que de 0,25 point.

13. La requérante, qui n'avait alors pas encore reçu communication des informations contenues dans la lettre du 6 octobre 2023 mentionné au point 3, se bornait initialement à soutenir, à l'appui du moyen tiré de la dénaturation du contenu de son offre, qu'elle aurait dû obtenir le nombre de points maximal ou, à tout le moins, un nombre de points supérieur au titre des critères de la valeur technique et de la valeur environnementale, au motif qu'elle avait détaillé, dans son mémoire technique, les conditions dans lesquelles son offre permettait de satisfaire à l'ensemble des sous-critères mentionnés ci-dessus ainsi que sa démarche en matière de développement durable pour l'exécution de l'accord-cadre relatif au lot n° 4 du marché en litige. Elle ne faisait toutefois état, ce disant, d'aucun élément de nature à établir que la commune de Bussy-Saint-Georges aurait, pour autant, manifestement méconnu ou altéré les termes de son offre et ainsi dénaturé le contenu de celle-ci.

14. Dans le dernier état de ses écritures, elle invoque plus précisément une dénaturation du contenu de son offre dans le cadre de l'examen de celle-ci au regard du premier et du dernier des cinq sous-critères d'appréciation de la valeur technique des offres mentionnés ci-dessus.

15. S'agissant de la description et de la qualité des moyens matériels mis en œuvre spécifiquement pour l'exécution de l'accord-cadre relatif au lot n° 4 du marché en litige (sous-critère n° 1.1), elle reproche à la commune de Bussy-Saint-Georges, qui a notamment relevé à ce titre, dans le rapport d'analyse des offres, que la société Lachaux Paysage employait deux personnes titulaires d'un certificat de vérificateur des équipements de protection individuelle (EPI) et qu'elle avait mis " un accent particulier sur les EPI propres aux travaux d'élagage ", d'avoir ainsi valorisé ces éléments alors que les mêmes éléments de son offre ont, selon elle, été " occultés ". Elle lui reproche également de n'avoir pas tenu compte, pour valoriser son offre et, au contraire, dévaloriser celle de la société Lachaux Paysage, du fait qu'à la différence de celle-ci, elle dispose de matériel pour la réalisation de travaux de taille en rideau.

16. Toutefois, d'abord, il ressort de son mémoire technique ainsi que de ses propres écritures que seul son responsable d'exploitation est habilité à vérifier les EPI ; et il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction qu'elle aurait, elle aussi, mis un " accent particulier " sur les EPI propres aux travaux d'élagage dans son mémoire technique, y compris en page 18 de ce document. Elle n'est par suite pas fondée à soutenir que son offre contenait les mêmes éléments que celle de la société Lachaux Paysage.

17. Ensuite, il ne résulte pas de l'instruction, alors que le rapport d'analyse des offres présente nécessairement un caractère synthétique et, surtout, qu'il y est notamment relevé que la société SAMU a décliné " une liste complète de matériel avec les destinations en fonction des prestations, photos à l'appui " et que ce matériel est " varié et visiblement adapté " à chacune des prestations sur lesquelles porte l'accord-cadre relatif au lot n° 4 du marché en litige, que la commune de Bussy-Saint-Georges n'aurait pas tenu compte de ce que ledit matériel incluait celui permettant de réaliser des travaux de taille en rideau et qu'il était contrôlé par un organisme externe de certification.

18. Enfin, la circonstance que la commune de Bussy-Saint-Georges n'aurait pas ou pas suffisamment valorisé, au titre du sous-critère n° 1.1, des éléments de l'offre de la requérante qui n'auraient pas figuré dans celle de la société Lachaux Paysage, notamment la possibilité de réaliser des travaux de taille en rideau, met en cause l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Or, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il n'appartient pas au juge des référés précontractuels de se prononcer sur ce point.

19. S'agissant des mesures d'insertion professionnelle (sous-critère n° 1.5), d'abord, il résulte de l'instruction que la commune de Bussy-Saint-Georges a relevé à ce titre, dans le rapport d'analyse des offres, que la société SAMU avait, dans son mémoire technique, décliné sa politique en matière d'insertion en précisant qu'elle allait au-delà de l'obligation d'emploi de personnel handicapé à hauteur de 6 % de l'effectif salarié, fait état de sa collaboration avec un établissement et service d'aide par le travail (ESAT) ainsi que de l'adoption d'une charte de la diversité, et évoqué l'embauche passée de personnes au chômage ou issues du milieu carcéral. Il ne peut, par suite, être sérieusement reproché à ladite commune d'avoir manifestement méconnu les termes de l'offre de la requérante sur ce point.

20. Ensuite, si le règlement de la consultation n'exigeait pas des soumissionnaires qu'ils prennent un engagement quantitatif en matière d'insertion professionnelle, il ne leur interdisait pas pour autant de le faire. Il s'ensuit que la commune de Bussy-Saint-Georges a pu légalement tenir compte, au titre du sous-critère n° 1.5, de ce que la société Lachaux Paysage avait pris un tel engagement qui constituait un élément de son offre en rapport avec l'exécution du lot n° 4 du marché en litige, l'appréciation qu'elle a portée sur ce point n'étant pas susceptible, parce qu'elle est relative à la valeur d'une offre, d'être utilement contestée devant le juge des référés précontractuels.

21. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que, contrairement à ce qu'elle a prétendu lors de l'audience publique, la requérante aurait implicitement mais nécessairement pris ou repris, dans la partie de son mémoire technique relative au sous-critère n° 1.5 (pages 68 à 70), un engagement quantitatif en matière d'insertion professionnelle.

22. Eu égard à l'ensemble de ce qui a été dit ci-dessus aux points 13 à 21, le moyen tiré de la dénaturation du contenu de l'offre de la requérante doit être écarté dans chacune de ses branches.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et les conclusions à fin d'injonction de reprise de la procédure de passation en litige présentées par la société SAMU au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

25. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bussy-Saint-Georges, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la société SAMU au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En application de ces mêmes dispositions, il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er :Il est donné acte du désistement des conclusions de la société SAMU tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Bussy-Saint-Georges de lui communiquer le nombre de points obtenus par elle et par l'attributaire du lot n° 4 du marché en litige au titre des critères et sous-critères d'examens des offres ainsi que le rapport d'analyse des offres.

Article 2 : Les conclusions de la requête de la société SAMU sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : La société SAMU versera à la commune de Bussy-Saint-Georges une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Soins des arbres en milieu urbain et à la commune de Bussy-Saint-Georges.

Fait à Melun, le 30 novembre 2023.

Le juge des référés,

P. ZANELLA

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions