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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2310817

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310817

lundi 22 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2310817
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFRESARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 août 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris et le 10 octobre 2023 au greffe du présent tribunal, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 1er juin 2023 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la reconduite.

Il soutient qu'il vit en France depuis trois ans et qu'il travaille.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2023, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'ordonnance du président du tribunal administratif de Paris du 4 octobre 2023 transmettant au tribunal administratif de Melun la requête de M. A au motif de sa résidence déclarée à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 12 décembre 2023, tenue en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Fresard, représentant M. A, requérant, absent.

Le préfet de police de Paris, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né le 6 avril 2002 à Djerba (Gouvernorat de Médénine), a fait l'objet d'un contrôle sur son lieu de travail à Paris, une épicerie au 3 de la rue des Ecoles (75005). Placé en retenue administrative, il a indiqué disposer d'un titre de séjour italien, ne pas se souvenir de l'adresse de son domicile, être entré en France par l'Italie sans visa il y a trois ans, ne pas avoir déposé de demande de titre de séjour et ne pas avoir l'intention de quitter la France. Il est apparu au cours de l'enquête que l'intéressé faisait l'objet d'une interdiction d'entrée sur le territoire Schengen de deux ans depuis le 23 septembre 2022 prononcée par les autorités autrichiennes. Par une décision du 1er juin 2023, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 21 août 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, il a demandé l'annulation de cette décision. La requête a été transmise au présent tribunal au motif de la résidence déclarée de l'intéressé à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), 5 rue Julie Victoire Daubie.

2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ".

3. Aux termes par ailleurs de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-5 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. L'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-7, notifiée postérieurement à la décision portant obligation de quitter le territoire français, peut être contestée dans les mêmes conditions. Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction ou parmi les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative statue dans un délai de six semaines à compter de sa saisine ".

4. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I.- () Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code.. () ". Et l'article R. 776-5 du même code précise : " I. - Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a formé le 8 juin 2023 auprès du préfet de police de Paris un recours gracieux contre la décision du 1er juin 2023. Il doit ainsi être réputé avoir eu connaissance au plus tard à cette date de la décision contestée ainsi que des délais et voies de recours, lesquelles étaient en tout état de cause mentionnées en annexe à la décision en litige communiquée avec la requête. Ce recours gracieux n'ayant pas eu pour conséquence de proroger le délai de recours contentieux, sa requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 21 août 2023 est donc tardive et ne pourra qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de police de Paris et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : M. Aymard

La greffière,

Signé : S. Aït Moussa La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. Aït Moussa

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